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How to Save a Life

Message par Lancelot M. Zellige le Mar 29 Déc - 23:52


Where did I go wrong ?
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and i would have stayed up with you all night, had i known how to save a life

C'était le jour des courses. En fait, comme j'étais sensiblement incapable de préparer une liste à l'avance, à chaque fois que je rentrais de l'écurie, je passais par le Marks & Spencer de Peterculter. Comme ça, au fil des rayons, je me décidais sur ce que je voulais manger pour le soir.
Parce que le matin, ça se résumait à un café serré et une viennoiserie anglaise immonde achetée en chemin. Ou les barres chocolatées du distributeur de l'hôpital, au choix. Et, le midi, la bouffe anglaise de la cantine de l'hôpital. Oui, bouffe, parce que ça ne mérite pas le nom de nourriture. La nourriture indique que c'est mangeable, ce qui n'est pas le cas de ce qui remplit habituellement mon assiette.

Après m'être décidé pour un gratin de pâtes avec des petits lardons et des oignons, je me dirigeais vers les caisses pour payer. Comme tous les soirs, je dépensais quelques pences de plus pour avoir un sac en plastique pour tout transporter. Je n'avais toujours pas le réflexe de les apporter de chez moi pour les remplir.
Et puis, quoi qu'il en soit, c'était ringard, de se ramener avec des sacs déjà utilisés. Les sacs, c'est comme le papier toilette, on ne l'utilise qu'une fois, n'en déplaise aux écologistes.

Je sortis du petit magasin, la seule lumière encore présente étant celle blafarde qui émanait des lampadaires environnants. L'hiver était là, et avec les nuits noires et le soleil qui se couche tôt.
Alors que j'étais perdu dans mes pensées à propos du fait que les ampoules blanches, c'était nettement plus agréables que les jaunâtres de l'éclairage public, j'entendis mon chien aboyer. Ne supportant pas qu'il crie de la sorte sur de parfaits inconnus, je me dirigeais à grands pas vers la source du bruit.
- Je suis désolé, normalement il n'aboie pas, mademoise...
De surprise, j'en lâchais mon sac de courses, et mon chien vint immédiatement en renifler le contenu histoire de voir s'il ne pouvait pas profiter de la situation. Mais là, il pouvait se gaver de coquillettes crues, je m'en tapais le coquillard.

Figé au beau milieu de la rue, j'avais l'impression d'être en proie à une sérieuse hallucination. Comment se pouvait-il ?... Dans le même pays ? Avait-elle entendu parler de moi ? Comment était-ce possible ?
Elle ne savait plus rien de moi. Tout comme je ne savais plus rien d'elle.
- Na... Nastya ?
Bon, j'avoue, je me souvenais encore de son prénom. Et de plein de merveilleux moments, qui me revenaient en mémoire d'un seul coup. Elle avait, sans le vouloir, brisé le mur qui me séparait de mon passé.
Et elle n'avait fait que me regarder.

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Flânant sous le pâle éclat des réverbères, Nastya découvrait avec avidité ce nouveau monde qui l'entourait. Son regard saphir dévorait la pénombre environnante pour y deviner des bancs, des rocs, des plantes, et parfois même quelques chats, si bien que rapidement, la jolie brune se prit rapidement au jeu et tenta de mettre des mots sur des formes parfois invraisemblables. Que voulez-vous ? L'imagination avait le don de déployer l'étendue de ses capacités lorsque le jour laissait place à l'obscurité et aux ténèbres.
Alors, au détour de ce qui semblait être une boutique alimentaire, une silhouette canine déboula. Fine, élancée, animée par de puissant aboiements qui intimèrent à la brunette d'esquisser un mouvement de recul, chose qu'elle fit aisément. Le chien avait beau ne pas être bien grand, Nastya n'était pas vraiment à l'aise avec les chiens qui l'accueillaient à coup de grondements...
Elle s'accroupit tous de même, comme pour inviter ce petit cerbère à approcher, mais son initiative attira le maître et non le chien. 

Alors, levant ses grands yeux bleu vers cette silhouette chargée de sac de course, un sourire radieux aux lèvres comme à son habitude, Nastya ne vit pas son erreur. Les sacs embrassèrent avec fougue le parvis dans un brouhaha des plus étonnant, accordant alors un sursaut aux membres de la belle brune qui, contemplait alors avec stupéfaction ce visage familier et pourtant si lointain. 
Un songe ? Sans doute. Cela ne pouvait être que cela à vrai dire... Du moins, la cascadeuse priait pour que cela en soit un.

Elle s'était tant de fois préparée à des retrouvailles, là, blottit dans son fauteuil, analysant avec un soin sans pareil chacun des mots qu'elle prononceraient. Elle avait tant de fois établit le même discourt, entrelacé de rancœur, haine, et tristesse vis-à-vis d'un abandon qu'elle jugeait des plus cruels. Elle s'était tant de fois répétée qu'elle détruirait à l'aide de parole acérées le moral de cet ex qui prenait encore trop de place dans son petit cœur... Mais aujourd'hui, alors qu'elle se confrontait à son regard tous aussi stupéfait que le sien, aucune parole ne semblait vouloir émaner de ses lèvres. Sa cage thoracique était comprimée, étouffant peu à peu une Nastya en proie à la tétanie. Son cœur, lui, semblait bondir, trembler, ignorant quelle attitude adopter entre un battement à la chamade ou un malaise certain, si bien qu'il semblait danser maladroitement sur un rythme tous sauf régulier. 

Perdue ? Oui. Un ras-de-marée venez d'emporter au loin chacun de ses plans, noyant avec force la nouvelle palefrenière sous un torrent d'idée contradictoires au possible. Elle ignorait même si elle haïssait cet homme qui se tenait non loin de là, ou s'il quelque chose au fond d'elle même était émerveillé par ce retournement de situation.
Alors, doucement, ses lèvres s'entrouvrirent pour laisser échapper le nom de cet homme d'une voix qui s’efforçait de ne pas trembler. Hélas, son corps tout entier semblait défaillir.


— C'est... Impossible.

Non, ce fantôme lui faisait véritablement face. Il était belle et bien là...
Alors, brusquement, la demoiselle secoua la tête comme pour dissiper les images qui lui revenait en tête et faire ainsi voler en éclat vacillements. Elle s'approcha des sacs et s’évertua de les remplir de nouveaux, précipitamment, un peu trop vite d'ailleurs. Ses mains tremblaient encore un peu, mais la demoiselle semblait se reprendre peu à peu, glissant alors d'une voix douce, comme à son habitude, un simple :


— Ca fait un bail, Lancelot. Que fais tu ici ? Tu es de nouveau à la recherche de chevaux ?

Elle ne lui avait accordé aucun regards, mais sa voix avait témoignée d'un parfait contrôle d'elle même, du moins, peu avant cette dernière phrase qui lui avait clairement échappée. Tant pis, Nastya n'était pas réputée pour sa faculté à pardonner rapidement, loin de là. Néanmoins, c'est armée de son plus beau sourire qu'elle tendit les sacs à leur propriétaire comme pour dissiper ses propos.
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Re: How to Save a Life

Message par Lancelot M. Zellige le Mer 30 Déc - 11:10


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Le passé me revenait clairement en pleine figure. Et, bien malgré moi me revinrent les images de mes jeunes années. Mes folles années de jeunesse... Où je rentrais un soir sur deux chez mes parents, où je pouvais encore voir le sourire tendre de ma mère, et l'amour dans les yeux de mon père. Où je passais mes journées entouré de ceux et celle que j'aimais.
Elles étaient loin, ces années. Presque 10 ans que j'avais tenté de les éloigner de ma mémoire, de ma vie. En même temps qu'apprendre à perdre une mère et les bébés auxquels j'étais censé donner la vie, j'avais appris à me blinder. Et rares étaient les occasions où je me laissait encore aller à la mélancolie.

Mais là... C'était comme si mes souvenirs se vengeaient. Quelque chose du style "Ah, tu as voulu nous oublier à tout jamais ? Et bah voilà pour toi, on va t'apprendre à éclipser tant de choses de ta mémoire !". Pour un peu, je les entendait presque ricaner. Les souvenirs, hein.

Perdu dans un vague brouillard, je la vis s'approcher de moi, et ramasser mes pauvres courses, s'attirant un couinement de la part de Shogun, qui n'avait pas trouvé ce qu'il voulait. Je ne pus pas l'aider, étant pour le moment incapable du moindre mouvement.
Mais une étrange alarme s'était mise à hurler dans ma tête. Quelque chose clochait. Mais impossible de trouver quoi. J'étais trop perdu pour l'instant pour penser un tant soit peu raisonnablement.

Lorsqu'elle se redressa pour me poser une question, je compris où était le problème. La dernière fois que je lui avait parlé, je devais la regarder de haut. De très haut, vu qu'elle était... en fauteuil.
Sauf que là, elle était nettement plus grande. Et, sans même avoir besoin de vérifier, je savais qu'elle n'avait pas échangé son fauteuil contre une chaise de bar roulante. Elle avait beaucoup plus de goût que ça, ma Nastya... Elle avait remplacé son fauteuil par une paire de jambes.

Une paire de jambes, comme n'importe quel être humain. Comme si elle n'était jamais tombée de ce maudit cheval.
Bien malgré moi, quelques larmes commencèrent à couler. Bah oui, quoi ? En l'espace de deux minutes, j'avais retrouvé l'amour de ma vie -mais chut, pas trop fort- que j'avais abandonné dans un fauteuil, et qui me revenait debout, toute fringante. En plus, je suis un homme sensible. Z'avez qu'à voir mon métier.

Sans réfléchir -ma raison m'a abandonné, vous vous souvenez ?- je lâchais une seconde fois mon sac de courses, pour le plus grand plaisir de mon chien. Puis, m'approchant de Nastya, je la pris sous les aisselles et la fit tournoyer dans les airs. Comme avant.
- Tu marches, Nastya ? Tu marches ? Mais comment est-ce possible ?
Elle avait, au bas mot, illuminé ma journée. Mais, soudainement, je me souvins que nous n'étions plus rien l'un pour l'autre. Son père, son handicap, et certainement ma bêtise, nous avaient séparés.

Alors, le plus délicatement possible -après tout, je ne savais pas non plus dans quel état étaient ces fameuses gambettes- je la reposais sur le sol, et reculais d'un petit pas, histoire de ne pas lui donner l'impression d'être trop envahissant.
- Hum... pardon.

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Re: How to Save a Life

Message par Nastya A. Méléagant le Mer 30 Déc - 13:25


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La vie possèdait décidément un humour des plus ironiques. Vraiment.
Nastya avait mit une bonne dizaine d'année à tracer un trait sur un passé trop lourd qui empoisonnait son coeur, et, alors qu'elle s'accordait enfin un renouveau, un fantôme venait lui faire face sur la ligne de départ pour entraver sa course.  C'était injuste, véritablement. Enfin...
A dire vrai, la jolie brune ne pouvait totalement se convaincre de cette injustice, car après tout, Lancelot était loin d'incarner les pires années de sa vie. Au contraire ! Il incarnait avec force tous ce dont elle rêvait encore aujourd'hui... Enfin, entre le Lancelot d'avant chute, et celui qui se tenait devant elle, un monde entier semblait s'étendre...  Presque 10 ans. Néanmoins...
Le coeur de la jolie brune se serra alors, sur le point d'exploser. Il semblait réfuter en tous point les changements effectués durant toutes ses années, les aventures amoureuses, les évolutions caractérielles, les nouvelles ambitions qui faisait qu'aujourd'hui, la Nastya et le Lancelot adolescents n'était plus qu'un rêve. Oui, il souhaitait profondément nier les années passées et prier pour qu'ils redeviennent le couple qu'ils avaient connu par le passé mais... Tous deux avaient bien grandit, sans doute trop, signant ainsi la mort d'une époque féerique.

Alors, instinctivement la brune détourna légèrement le regard pour s'efforcer de maîtriser les larmes sauvages qui menaçaient de couler, et ce, avant de se heurter à celles de son premier amour Qu-Que...
Partageait-il aussi son désarroi vis-à-vis de cette saugrenue situation ? Peut-être... Après tout, lui aussi avait vécu son lot de souci... Il avait perdu son travail sans réelle justification et s'était sans doute confronté à une amère douleur lorsque Nastya s'était retrouvée en fauteuil, du moins, la brune l'espérait. Souhaiter de la douleur à un être aimé, qu'elle étrange preuve d'amour n'est-ce pas ? A vrai dire, il s'agissait ici d'un égoïsme pur...
Nastya avait besoin de se dire que cette tragédie l'avait tous autant qu'elle affecté, comme pour s'assurer de l'amour qu'il lui portait encore à cette époque là, et que résidait là la fuite de Lancelot. Il n'avait pas supporté cette vision, il était donc partit. C'était toujours mieux que se dire qu'il était partit par manque d'amour...

Cependant, à cet instant précis, les sacs du jeune homme furent de nouveau unifiée avec le sol. Hein ? Quoi ? M-mais ! Trop tard, elle s'était retrouvée hors du sol, surélevée par des mains qui lui avait décidément bien manquées.  Stupéfaite dans les premiers temps, Nastya finit cependant par se laisser submergée par une joie immense et se délecta de cet acte avec un délice non retenu. Elle riait à demi, encore trop emmitouflée dans sa surprise pour laisser éclater un rire clair cristallin, mais souriait comme autrefois, heureuse.
Ses longs cheveux brun, éclaircit aux pointes, vinrent doucement enlacer le cou de cet homme dont le temps avait embellit les traits pour leur offrir une caresse des plus douce, soumis au mouvement. Ils avaient bien poussé depuis le temps, mais ils préservaient cette souplesse incomparable qui faisait leur charme. Cependant, s'il y avait bien un élément auquel Lancelot ne pouvait échapper durant cette étreinte, c'était bien le regard azuré qui s'était solidement ancrée dans le sien, pétillant et emplit de joie. Décidément, il lui avait bien plus manqué qu'elle n'osait l'admettre, et cela se contemplait aisément ! Son regard pétillait de joie, son sourire régnait en maître absolu sur cette nuit, son nez se délectait du parfum de cet homme et son coeur battait si fort que Lancelot aurait pu le sentir, emporté dans cette étreinte.

Hélas, la demoiselle déchanta lorsqu'elle fut arraché aux cieux pour une descente sur Terre des plus douce, mais teinté d'amertume. Lancelot c'était reculé d'un pas, semblant alors la fuir, et cela ne plaisait guère à la demoiselle. Néanmoins, cela semblait préférable... Ils s'étaient tous deux reconstruits chacun de leurs côtés, établissant alors une vie où l'autre serait absent, alors quoi de plus normal que l'empêcher de revenir pour détruire un équilibre durement acquit ?
Elle se laissa donc faire, le regard fuyant comme de peur de trahir une déception apparente, avant de répondre doucement au bel homme, un timide sourire aux lèvres.


— Une opération, beaucoup de rééducation, et énormément d'équitation pour muscler mes jambes. Tous simplement.

Tous simplement ? Cela était un mot bien trop faible. Il fallait avouer que Miss Méléagant avait souffert au possible avant de pouvoir se hisser de nouveau sur une selle, mais ça, Lancelot n'était pas obligé de le savoir. Après tout la demoiselle se devait d'être forte, surtout devant lui. Il avait eu l'occasion de l'observer lorsqu'elle était au plus mal, il devait donc croire qu'aujourd'hui tous allait au mieux dans le meilleur des mondes. Oui. Sa vie devait être aussi parfaite que par le passé, et ce, malgré quelques mensonges.

— J'ai d'ailleurs repris la voltige depuis un moment déjà, mais bon, la monte n'est pas suffisante au sein des spectacles, j'ai donc décidée de faire une petite pause afin de perfectionner mes connaissance sur le comportement équin à Cuadra del Eclipse. C'est une école équestre non loin de là. Et toi ? Que deviens-tu ?

Mouais. "Depuis un moment déjà" ? Tu es sûre de cela ? Ce n'est pas parce que tu es de nouveau capable d'esquisser quelques figures que cela suffise à bâtir de nouveaux des spectacles au sein de l'écurie de ton cher père, Nastya. Loin de là... Mais bon, lorsqu'il s'agit d'étaler sa réussite face à un ex partit, tous les moyens sont bon hein ?
Mouais... Alors autant lui cacher qu'elle était devenue palefrenière pour gagner un peu d'argent, à défaut de pouvoir faire mieux au vu de sa forme...

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Je la reconnaissais. Dans tout ce qu'elle faisait. Je reconnaissais son sourire, le savant mélange de couleurs dans ses yeux, la façon dont ils pétillaient quand elle se sentait bien, et celle dont ils s'assombrissaient dans les pires moments. Sa façon de secouer ses cheveux pour les éloigner de son visage, ses gestes mesurés, et sa voix aux intonations chaudes et élégantes...
Oui. Je connaissais tout d'elle. Et, malgré tout ce que tout le monde pourrait penser, ces dix ans ne l'avaient pas tant changée que ça. Les petites choses qui faisaient que Nastya était Nastya étaient toujours là...

J'aurais certainement pu la reconnaître les yeux fermés. A son odeur, si j'avais pu me blottir dans son cou. Au soyeux de ses cheveux, ou à la douceur de sa peau. Mais, actuellement, après tant de séparation, tout cela semblait futile. Dérisoire. Et hautement déplacé.
Alors, je restais près d'elle. Ou plutôt loin. Aussi loin que mon corps, et surtout mon cœur, pouvaient m'emmener. C'est-à-dire à moins d'un mètre d'elle. Ou avais-je trouvé la force, dix ans plus tôt, de changer carrément de continent ?
On dit que la jeunesse fait faire des bêtises. Mais je détenais certainement un sacré record.

Elle m'expliqua le miracle qui faisait d'elle la jeune femme dont j'étais tombé amoureux 10 ans auparavant. Celle qui était forte, et qui, quand elle ne dormait pas, était à cheval.
Je séchais peu à peu mes larmes, pourtant toujours aussi ému. Elle serait revenue d'entre les morts que ma réaction aurait été sensiblement la même. Démesurée.
- Mais c'est merveilleux, je suis tellement heureux... pour toi.
J'étais aussi heureux pour moi. Mais j'avais peur que, après ce que nous avions vécu, ce soit... déplacé.

Lorsqu'elle me demanda ce que je devenais, mon regard s'assombrit. Quand j'étais rentré du Mexique, ç'avait été pour voir ma mère et mon petit frère sur leur lit de mort, ainsi que mon père dévasté. Pour un peu, j'aurais presque été tenté de lui mentir, de lui dire qu'après le Mexique, j'avais atterri ici pour chercher des chevaux...
Mais elle ne me croirait pas. Après tout, elle devait savoir que j'avais arrêté de travailler pour son père 7 ans auparavant. Vu que c'était, justement, son père. A moins que, en voulant complètement coupé les ponts, elle n'ait plus jamais envie d'entendre parler de moi ? C'était aussi une possibilité.

Je me penchais pour ramasser mes courses, me promettant cette fois de ne plus les lâcher. Je caressais Shogun, toujours aussi dépité, puis je me redressais, un petit sourire sur les lèvres. La vie était belle, après tout, nul besoin de faire la tête.
- Quand je suis rentré du Mexique, j'ai rapporté un cheval avec moi... Il était violent et rétif, encore pire qu'Onix, je te dis pas... Alors je me suis occupé de lui. En parallèle, j'ai passé mon diplôme de sage-femme, et je suis arrivé ici, comme toi, pour aller à la Cuadra. Et je travaille à l'hôpital. Et El Perdedor, mon cheval, est là-bas, à l'écurie. Je te le montrerais, à l'occasion. Enfin, si tu veux...
Je m'embrouillais moi-même. Elle me déstabilisait. Elle n'avait qu'à pas être restée aussi mignonne, aussi, c'était de sa faute d'abord ! J'en arrivais même à citer le nom d'un étalon fou-furieux que nous avions dressé ensembles, à l'époque... Pour autant que je me souviennes, il était déjà là quand je suis arrivé pour travailler à l'écurie du père Méléagant, et il donnait du fil à retordre à tous les cavaliers. Nastya et moi avions commencé par le désensibiliser au bruit, avant de découvrir que c'était une crème, juste un peu trop peureux...
Nous en avions profité pour tomber amoureux, du coup.

Et, 10 ans après, nous nous retrouvions, dans une écurie qui s'occupait de chevaux traumatisés. D'aucuns pourraient y voir un sacré signe...

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Le coeur haletant, serré, comprimé, et pourtant fou de joie, Nastya était en proie à un ras de marée d'émotion contradictoires. Elle se tenait là, si près de lui et pourtant incapable de sécher ses larmes, et Dieu sait qu'elle se serait jeté dans ses bras si elle avait pu esquisser le moindre pas mais... Elle se tenait immobile, tétanisée et prisonnière d'un sentiment qu'elle ne connaissait plus ; la peur. Oui, elle était décidément terrifié à l'idée d'esquisser le moindre faux pas, celui qui ferait voler en éclat cette chance unique de renouer avec celui qui avait autrefois ravit et aujourd'hui séduit son cœur en un simple regard.
Elle le contempla donc chasser ces perles salées qui avait élu domicile sur ses joues, impuissante, et ne sut décrocher son regard du sien. Non, elle n'y parvenait décidément plus. Il était partit depuis bien trop longtemps pour qu'elle puisse songer à rater un instant de ce spectacle que lui offrait cette première soirée en Ecosse. Son regard, intense saphir, embrassa doucement le visage de cet homme, soucieux d'y reprendre ses marques. Il détailla chacun de ses traits, vint se perdre parmi ses mèches avant de glisser doucement contre la courbe de ses joues et se fixer sur ses lèvres. Alors, un frissons parcourut son échine lorsque celles-ci s'entrouvrirent pour confier la joies qu'éprouvait Lancelot quant au sort de Nastya ; elle aussi était heureuse... Comblée même. Après tout, que pouvait-elle demander de plus ?
Cependant, son regard se heurta à un élément bref et pourtant chargé de sens qui passa au plus profond des pupilles de Lancelot. La demoiselle ignorait totalement ce dont il s'agissait, mais son cœur décela un je-ne-sais-quoi qui alerta chacun de ses sens. Alors, elle fit un premier pas, puis un second, mais fut stoppée dans sa progression par l'abaissement de Lancelot qui ramassait ses courses. Tant pis. Nastya se ravisa et cessa tous mouvement, favorisant visiblement l'écoute de cette charmante voix qui aurait pu bercée chacune de ses nuits, et ce, pour une éternité sans qu'elle ne puisse s'en lasser. Il était donc devenu sage-femme hein ?

Nastya frémit alors, un sourire radieux aux lèvres ; contempler la naissance d'un enfant devait être une chose merveilleuse lorsque l'on y pensait. Hélas, mettre le pied à l'Hôpital était la dernière chose que ferrait la brune, et ce, même pour une aussi belle raison. La dernière fois qu'elle était tombée de cheval et qu'elle s'était foulée le poignet, une véritable apocalypse avait balayée la carrière. Personne, non personne n'avait pu la convaincre d'aller à l'hôpital ou voir un médecin, et il avait fallut près de trois heures à son père pour jeter un œil à la blessure, pour vous dire...
Cependant, si Lancelot avait été là, qui sait, peut-être l'aurait-elle suivit jusqu'à un bloc opératoire pour l'amour de ses beaux yeux? Sans doute. Cependant il fallait avouer que la jolie demoiselle n'avait jamais su prévoir que son beau Lancelot ait ne serait-ce imaginer une seconde travailler avec autre chose que des chevaux. Mais si cela lui plaisait, alors la demoiselle s'en réjouissait au plus haut point. D'autant plus que Lancelot n'abandonnait pas totalement le monde équestre ayant acquit un cheval du nom de El Perdedor...
Nastya nota d'ailleurs intérieurement le nom de cette petite merveille, décidée à devenir sa meilleure amie. Après tout, l'avantage d'être palefrenier était d’être sans cesse au contact des chevaux, et cela finissait par forger des liens mine de rien ! Le seul souci à tous ça était que Lancelot finirait pas découvrir son travail à Cuadra, et mine de rien son égo en prendrait un sacré coup. Après tout, palefrenière avait beau être un métier physique et intéressant au possible, la cavalière avait connu bien mieux. Hélas sa santé ne lui permettait pas de faire quelque chose de plus physique, ses diplômes ne lui permettait pas d'enseigner, et son cœur refusait de travailler hors du milieu équestre, bref, elle faisait donc avec les moyens du bord mais elle s'en voulait clairement de ne pas pouvoir faire mieux.

Alors, doucement, son regard chercha à s'ancrer de nouveau dans celui de cet homme qui lui faisait face, comme pour se rassurer mais il semblait... Perdu ? Non, peut-être simplement déstabilisé. Après tout, qui ne le serait pas à  la suite à de telles coïncidences ? Nastya semblait elle aussi dans le même étant d'esprit. Alors, poussée par ce qui semblait être une pure folie ou un élan d'inconscience, elle approcha pas à pas, jusqu'à ce confronter au torse de Lancelot qu'elle enlaça sans se heurter à une quelconque gêne. Au diable la bienséance, il lui avait manqué, et elle avait besoin de ce câlin. Cependant, la jeune femme se confronta à une musculature bien plus développée que par le passé, et que la pénombre n'avait soulignée jusqu'à présent. Bon, en soi, cela était loin d'être problématique, et à vrai dire, c'était assez plaisant, mais si Nastya n'esquissa aucun mouvement de recul, elle fut totalement incapable de lever les yeux vers son ex ; ses joues ayant copié à la manière d'un caméléon la couleur des pivoines, au plus grand désarroi de notre petite palefrenière.
Bon, il fallait avouer que cette situation était légèrement gênante, après tout Nastya venait de bondir sur son ex sans attendre son consentement, s'appropriant alors son torse 10 ans après leur rupture. Elle n'avait pourtant jamais esquisser le moindre mouvement pour le poursuivre lorsqu'il était partit, n'avait pas cherchée à reprendre contact, trop fière pour ramper jusqu'à lui, et l'avait même haïs pour cet abandon... Cependant, il fallait être deux pour former et détruire un couple... Si elle n'avait pas était aussi fière, si elle lui avait hurlé qu'elle avait besoin de lui, alors que peut-être, oui, il serait resté.  Alors, de quel droit pouvait-elle se permettre de l'étreindre ? Tant pis, elle avait franchit le pas alors autant profiter un maximum de cette place des plus agréable.
Ses yeux vinrent alors se clore silencieusement, laissant échapper de timide perles salées, tandis que son nez venait se nicher tout contre le T-shirt de Lancelot. Cela devenait une certitude, elle aurait dû lui courir après. Comment avait-elle fait pour survivre autant d'année sans cet oxygène, sans ce soleil essentiel à son cœur ? Elle l'ignorait, mais il devenait clair qu'elle aurait bien plus de mal à se passer de lui maintenant qu'elle l'avait retrouvé.


— Tu m'as profondément manqué tu sais, je...


Wow. On se calmait. Pas d'excuse, c'était lui qui était partit, pas elle.
Nastya essuya aussi discrètement que possible les larmes qui affluaient et inspira profondément comme pour se convaincre de ne pas céder, cependant elle fut dans l'incapacité la plus totale de reculer. Du moins, dans les premiers temps.
Elle resta là, blottit contre lui durant encore quelques instants, à la recherche d'une excuse à son comportement. Elle finit donc par se reculer d'un pas et glisser un blême et incertain ;


— Je.. Je n'aurais pas dû. Je suis sans doute fatiguée par le décalage horaire ou.. Je ne sais quoi... Mais... Oui, ce serait un plaisir de rencontrer ton cheval. Qui sait, peut être que l'on pourrait se faire un balade un de ces jours.. Enfin, pas maintenant hein, un... Jour ? Lointain.. Quand tu auras du temps quoi.

Décidément, elle peinait à s'exprimer...
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Je la vis s'avancer vers moi, et je n'osais pas faire le moindre mouvement. J'étais comme tétanisé. Je ne pouvais pas bouger. Ou, plutôt, je ne voulais pas bouger. J'avais peur qu'elle ne s'arrête, qu'elle s'en aille, si je bougeais. Pour un peu, j'en aurais presque arrêter de respirer.
J'avais peur de la perdre à nouveau. Et il était hors de question que je la perde encore 10 ans. J'avais déjà suffisamment l'impression de les avoir perdues, ces dix années, pour ne pas risquer de devoir recommencer.

C'était décidé : quoi qu'il advienne d'elle, de moi, et de nous, je ne la quitterais plus. Rester amis, redevenir amants, devenir colocataires, même cousins ou dieu-sait-quoi... Tout pour rester près d'elle.
Elle se rapprochait, pour moi, de l'eau et de l'air. L'homme vit d'amour et d'eau fraîche, dit-on. Elle était mon amour, du coup. Et donc, aussi nécessaire que le reste.
Mais ça, même si au fond de moi je le savais pertinemment, j'évitais de trop y penser. Je ne savais plus vraiment qui nous étions.

Je ne reconnaissais pas son regard. Un mélange de bonheur qui pétillait au fond, bien entendu. Mais tout semblait voilé par un sentiment que je n'avais encore jamais vu. De la peur ? De l'appréhension ?
Finalement, c'était plutôt bon signe pour moi, que je ne connaisse pas ce regard. Cela signifiait qu'elle n'avait jamais eu à le faire devant moi avant. Cela signifiait qu'avant de la quitter, je ne lui avais jamais fait peur.

On aurait pu croire que je me serais figé. Cependant, plutôt que de l'effrayer un peu plus, je l'accueillis dans mes bras. Non sans pousser un léger soupir de contentement. Je me sentais indéniablement bien. Je la sentais tout contre moi, et en baissant un peu la tête, je pouvait sentir le parfum de ses cheveux.
Et en déduire, par la même occasion, qu'elle n'avait pas changé de shampoing en 10 ans.
Aussi, lorsqu'elle m'avoua que je lui avait manqué, je ne pus m'empêcher de lui glisser un presque inaudible " Moi aussi, moi aussi... ".

Aussi, lorsqu'elle s'écarta, et commença à se perdre en arguments futiles, j'esquissais un grand sourire. Dieu, ce qu'elle était mignonne. Elle avait toujours ce léger pli sur le front lorsqu'elle était gênée, ou en difficulté. Et la même façon de terminer ses phrases dans un soupir quand elle n'était pas certaine de ce qu'elle avançait.
Dommage pour elle, elle me parlait à moi. Elle me débitait un tissu de mensonges et d'excuses plus futiles les unes que les autres, à moi. L'homme qui l'avait tant aimée, l'homme qui la connaissait par cœur.
Elle avait mal choisi son adversaire. Pour ce round-là, j'avais gagné.

Je me rapprochais d'elle prestement, sans lui laisser vraiment le choix. Je posais mes deux mains sur ses épaules, et je commençais à caresser son cou du bout du pouce. Je me penchais pour déposer un léger baiser sur son front, écartant quelques cheveux avec mon simple souffle.
Oui, elle m'avait indéniablement manqué.
- Moi, par contre, je n'ai plus l'excuse du décalage horaire, ma douce...
Mais je pouvais peut-être invoquer l'excuse d'avoir été amoureux, ou celle d'être assailli par des souvenirs aussi merveilleux que douloureux ?
J'y croyais très peu moi-même. J'étais juste un incorrigible romantique, et je m'étais toujours douté que j'avais trouvé la femme de ma vie à 18 ans à peine. Mais on m'aurait arraché un bras que je l'aurais pas avoué. Pas même à elle. J'avais toujours eu peur de l'effrayer, en lui disant cela. De l'enchaîner à moi, de la forcer.
Mais, aujourd'hui, j'y croyais plus que jamais.

Je me détachais d'elle. Je voulais lui donner le temps de réfléchir, ne la forcer en rien. Comme ce que j'avais toujours fait. Je l'avais toujours considérée comme suffisamment grande et autonome pour faire ses choix seule. Elle n'avait pas besoin de mon aide pour diriger sa vie. Je voulais bien lui tenir la main pour l'accompagner, mais en aucun cas la conduire.
- Si tu es fatiguée... Peut-être veux-tu venir dîner chez moi ?
Je l'invitais en toute amitié, bien évidemment. je voyais là une occasion de discuter tranquillement, au chaud. De se poser, pour réfléchir, comme les gens sensés que nous étions.
Et là, vu le trop-plein d'amour qui était en train de ressortir de mon petit cœur trop longtemps mis en veille, j'allais en avoir besoin, de ce petit temps de réflexion...

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