Météo Aberdeen


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Nom: Jacob
Age + date de naissance: 18 ans (18.08.1995)
Nationalité: Américaine (Californie)
Statut + clan:Cavalière ; Koppa
Orientation sexuelle:Hétéro
Prénom: Callie
Sexe: Fille
Classe sociale:Aisée
Cheval: Propriétaire
Star sur l'avatar:Maia Mitchell

Que pensez-vous de l'éthologie: Hum ... Je sais pas. On fait courir le cheval autour de nous, c'est tout.
Que pensez-vous des clans de l'écurie: C'est pas moi qui ai choisis. J'ai rien choisis du tout d'ailleurs. Après, des clans, c'est complètement débiles. Y'as déjà assez de rivalité entre gosse pour qu'on en rajoute.

Callie Jacob



CARACTERE

Callie est … Comment dire … Adulte. A son âge, les gens sont encore des ados dans leurs têtes. Ils pensent à boire, à fumer,  et à faire la fête. Mais elle, pour pouvoir protéger son frère, et se protéger des autres, elle a grandi. Elle ressemble à une adolescente normale, mais dans sa manière de parler, sa manière de se comporter, elle est bien plus adulte que certains grands.

Ça ne veut pas pour autant dire qu’elle ne sait pas s’amuser. Elle est toujours partante pour une bonne partie de rigolade avec ses amis, toujours partante pour aller faire la fête. Tant que l’on ne fait de tort à personne, que l’on n’enfreint pas les règles fondamentales. Oui, elle peut paraître rabajoie. Oui, elle n’a jamais fumer, ne s’est jamais saoulée. Est-ce que c’est si dur à trouver, aujourd’hui, des gens comme ça ? Des gens qui ne font pas des conneries pour se sentir intéressant ?

Passons. Callie est peut-être adulte, mais c’est aussi quelqu’un de très buté. Quand elle veut faire quelque chose, surtout quand cela concerne quelqu’un qu’elle aime, personne ne pourra l’empêcher de le faire. Elle mettra tout en œuvre pour respecter son plan, et à ce moment-là, tant pis pour les règles, tant pis pour les autres. Seul le but compte. Vous comptez l’accompagner ? Et bien allez-y, mais ne comptez pas sur elle pour discuter. Vous êtes juste un indésirable. Si elle accepte d’avoir des problèmes, elle ne conçoit pas que les autres en aient pour elle. Elle se dit qu’elle n’en vaut pas la peine.

Et oui, la jeune fille a un gros manque de confiance en elle, même si ça ne se voit pas. Elle s’est construite une armure, une carapace, et ne laisse rien transparaitre. C’est aussi pour ça qu’elle a besoin de s’éclipser, d’être seule. Pour pouvoir tout laisser sortir. Et si Callie parait très adulte, elle n’a pas moins besoins de réconfort. Elle a besoin de savoir que quelqu’un l’aime, et elle a besoin que ce quelqu’un le lui montre.

C’est dur d’obtenir sa confiance. Mais franchement. Ça en vaut la peine.


Corax.


Prénom: Laura
Age: 15 ans
Niveau d'équitation: Légalement galop 3. Mais ça fait plus d'un an que je ne suis pas monté sur un cheval (je fais de l'éthologie). Je dirai donc que j'ai un niveau 2-3 en pratique et 1-2 en théorie. Mais internet est mon ami 8D
Comment avez vous et comment trouvez-vous le forum: Blblblbl *.*
Quelque chose à rajouter ? Precious Kelly qui change de perso ! =D



Dernière édition par Callie Jacob le Lun 21 Oct - 13:11, édité 4 fois
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HISTOIRE - CHAPITRE 1

CHULA VISTA JUVENILE DETENTION FACILITY
– AFTERNOON
Dernier jour. Enfin je vais pouvoir sortir de cet enfer. La file avance lentement vers les cellules. Ça se bouscule un peu plus loin. Puis une fille en laisse passer d’autre afin d’être juste devant moi.

MADISEN : Alors tu sors aujourd’hui ? C’est ce que nous avons entendus.

Je ne dis rien ; elle se retourne et ses amis m’entourent.

MADISEN : Pourquoi es-tu si calme ? Qui faisait la fière l’autre jour, quand je t’ai confrontée dans les douches ? J’ai perdu mes privilèges dans la cour par ta faute.

Elle regarde derrière moi, fait mine de se retourner, puis son point jaillit. Des coups, encore des coups. Le gardien arrive enfin, ils les tirent en arrière une par une tandis que je reste sur le sol sans pouvoir bouger. Puis il me relève enfin.

Je m’essuie les lèvres avec mon avant-bras, le retrouvant remplie de sang. Tandis que les autres filles sont conduites vers les cellules, on me conduit à l’infirmerie. J’arrive à éviter les soins qui de toute façon n’auraient servis à rien, essayant de me dépêcher de sortir d’ici.

Une fois seule, j’enlève l’uniforme pour de vêtements de villes. On me conduit vers la sortie : la sonnerie retentie et les portes s’ouvrent enfin. Je me hâte dehors, regarde autour de moi. Puis je la vois, une femme qui me regarde elle aussi. Elle parle, de moi surement. Qu’est-ce qu’elle fait là ? Je n’en ai aucune idée.

Un homme vient vers moi,  il semble me connaître, ce même si son visage ne me dit rien.

DAVID : Callie ! Callie, salut ! Je suis David, je travaille avec Bill aux services de protections de l’enfance.

Il connait Bill. Il doit bien savoir.

CALLIE : Ou est Jude ? Vous savez où il est ?
DAVID : Je … Je ne sais pas …
CALLIE : J’ai besoin de lui parler. Où est Bill, pourquoi n’est-il pas là ?
DAVID : On parlera de ça plus tard.


Je suis légèrement énervée de ne pas pouvoir lui parler, mais surtout triste. Six long mois que je ne l’ai pas vu, et il ne peut même pas venir me voir à ma sortie.

CALLIE : Je ne comprends juste pas pourquoi je ne pas parler à Jude.
DAVID : Ça suffit, je ne sais pas de quoi tu parles.


David m’emmène vers la femme qui nous observe depuis le début.

DAVID : Callie, voici Lena. Lena, Callie.

La pression monte quand je comprends qu’elle fait partie de ma nouvelle famille d’accueil.

DAVID : Je suppose que je pourrais l’emmener à l’un des foyers de groupe.

Les larmes me piquent les yeux. Si j’y vais, je n’en sortirais jamais. Et j’ai besoin d’en sortir. Pour lui. Mais je ne bouge pas.

LENA : C’est juste pour quelques semaines, hein ? Okay.


FOSTER’S HOME
- NIGHT
Assise à table, je regarde dans le vide sans rien dire. Lena a deux enfants ; ceux-ci mettent la table devant moi, me jetant des regards insistants comme si j’étais un animal de foire.

LENA : Mariana et Jesus faisaient aussi parti d’un programme de famille d’accueil. Ils sont arrivés chez nous il y a huit ans, et nous les avons officiellement adoptés il y a … Cinq ans ?
JESUS : Le système de familles d’accueil, ça craint.


Je les laisses parler entre eux sans trop y porter d’intérêt, regardant autour de moi. Après quelques secondes, je repère un téléphone juste à côté de la table.

JESUS : Qu’est-ce qui est arrivé à ton visage ? Tu t’es battue ?

Je ne dis rien.

LENA : Callie a eu une journée plutôt difficile. Alors, et si on se détendait un peu, tous ?

Les larmes me piquent de nouveau les yeux. Une mauvaise journée. C’est le cas de le dire.

CALLIE : Y a-t-il … Où est la salle de bains ?
LENA : Bien sûr ! Elle est par là, tu la verras.


Je me lève sans attendre la suite et pars dans la direction indiquée. Je marche dans un couloir, monte quelques marche puis trouve enfin la dite salle de bain. Je rentre et fait couler l’eau du lavabo, les écoutant parler de moi. Les murs laissent très bien passée les son … Je les entends parler de mon « cas », puis les entends parler de leur « mère biologique ». Parce qu’en plus ils en ont une …

C’est la goutte d’eau. Je fonds en larme sans pouvoir me contrôler, pensant à moi, pensant à Jude. Je finis par me calme, me passe un peu d’eau sur le visage puis retourne dans la salle à manger comme si de rien n’était.

Un nouvelle enfant est là, il me regarde m’assoir, puis ils recommencent à parler de moi comme si je n’étais pas là pour les entendre.

BRANDON : Qui est-ce ?
LENA : Oh, c’est Callie. Elle va rester avec nous pendant un petit moment.
BRANDON : Rester avec nous …

Il me regarde et me sert une part de lasagne.

BRANDON : Enchanté.

Je le regarde sans faire très attention à ce qu’il dit.

CALLIE : Et lui, comment l’avez-vous eu ? Boutique tout à 99 centimes ? Ils ont de tout là-bas !
LENA : Brandon est le fils de ma compagne Stefanie, d’un précédent mariage.


C’est à ce moment-là que là dite Stefanie entre dans la maison. Je la regarde, étonnée. Jesus me voit.

JESUS : Quoi ? Personne ne t’a dit que notre mètre est flic ?
MARIANA : Tu vois, c’est pour ça qu’aucun garçon ne veut venir.
STEFANIE : Et c’est bien comme ça.


Je continue de les regarder.

CALLIE : Donc vous êtes gouines.

Les deux femmes restent interdites tandis que Jesus réagi au quart de tour.

JESUS : Elle préfèrent le terme « gens », mais oui, elles sont lesbiennes.

Je pointe alors Brandon du doigt.

CALLIE : Et il est le vrai fils.

Cette fois, plus personne ne parle. Stefanie fini par sortit un rire forcé afin de détendre l’atmosphère, puis pendant que je commence à manger, elle se retourne vers Lena.

STEFANIE : Qui est-ce ?

Lena lui fait signe de la suivre dehors. Les autres continuent de manger, je fais de même, puis Lena et Stefanie finissent par rentrer. Nous finissons notre repars tranquillement, sans aucun mot. Puis tout le monde débarrasse, sauf moi qui reste assises. Brandon part, suivis des jumeaux, tandis que se préparant un café, Lena et Stefanie me font signe de rester.

Stefanie me dicte alors les règles de la maison, pendant que Lena fait la vaisselle, gardant un œil sur moi. J’écoute patiemment, regardant dans le vide. C’est la routine pour moi.

STEFANIE : Le couvre-feu en semaine est à 19h. Tu dois avoir la permission de Lena ou moi-même avant de quitter la maison. Et tu iras à l’école tant que tu seras parmi nous. Lena est vice-principal du lycée Anchor Beach, tous les enfants vont là-bas …

Je finis par l’interrompre.

CALLIE : Où est-ce que je dors ?
STEFANIE : Excuse-moi ?
CALLIE : Ce n’est pas ma première fois dans une maison d’accueil. Où est-ce que je dors ?


Lena et Stefanie me regarde, l’air … Heureuse ?

LENA : Laisse-moi te montrer.

Elle m’entraine vers le salon. Des draps sont présents sur la table basse, deux coussins sont sur le canapé. Je m’assois sur celui-ci.

LENA : Un coussin ou deux ?

Je la regarde sans répondre.

LENA : Ok, je les laisse tous les deux. Je t’ai laissé des serviettes dans la salle de bain et … Tu as une brosse à dents ?

Je rigole intérieurement. Je viens de sortir de centre de détention, qu’est-ce qu’elle croit, qu’on nous vire avec un pack de survie ?

CALLIE : Non, je n’ai pas de brosse à dents. Comment aurais-je eu une brosse à dents.
LENA : D’accord.


Elle s’assoit à côté de moi et me regarde franchement.

LENA : Callie, on est de ton côté. Tu peux baisser ta garde, d’accord ?

Je hausse la tête, pas vraiment convaincue. Elle ne dit rien pendant quelque seconde, moi non plus.

LENA : J’ai remarqué que tu étais très énervée quand tu parlais à David plus tôt. Qui est Jude ?

Je la regarde, sondant son regard. Il est plein de sympathie, j’ai vraiment l’impression qu’elle veut m’aider. Mais au final, ça fini toujours pareille.

CALLIE : Ecoute ... Quand je suis rentrée en maison de correction …

C’est ce moment que choisi Stefanie pour nous interrompre.

STEFANIE : Hey, voilà quelques affaires pour que tu puisses dormir. Ce soir, si tu veux laisser tes vêtements à l’extérieur de la salle de bain, je les laverai et m’assurerai qu’ils soient propres pour demain, d’accord ? Bonne nuit.

Je ne dis rien. Encore. Stefanie part, Lena la regarde s’en aller, puis se retourne vers moi.

LENA : Tu disais ?

Mais c’est trop tard, je n’ai plus l’envie, ni le courage, de tout lui raconter.

CALLIE : Vous avez une brosse à dents ?

Elle voit bien que c’est une partie perdue d’avance. Alors elle me sourit et pars en direction de la salle de bain. Je reste assise quelques secondes puis la suit, mes affaires de nuit en main. En rentrant dans la salle de bain, je la vois entrain de fouiller dans les placards : elle finit par trouver ce qu’elle cherche et me donne donc ma brosse à dents. Elle me dit ensuite que j’ai champs libre jusqu’à dans une demi-heure.

Une fois qu’elle est sortie, je fais couler l’eau chaude dans la baignoire et me déshabille. Je regarde tous les bleus qui parsèment mon corps : un dans mon dos, un sur la hanche, plusieurs sur mes jambes et mes bras, et surtout, surtout celui sur ma joue, ainsi que ma lèvre gonflée. Je rentre ensuite doucement dans l’eau, me recroquevillant sur moi-même, perdue dans mes pensées.

Quand je relève la tête, un autocollant sur le mur m’interpelle. Skippy. Skippy la tortue, la préférée de Jude. Depuis le temps, il ne l’aime sûrement plus. Je touche le bout de plastic des doigts et me recroqueville de nouveau. Le temps passe, l’eau refroidie … Je finis par sortir, me sèche en vitesse la peau et les cheveux puis, une fois en pyjama, je fonce dans mon pseudo-lit.

Quand Lena passe à côté, je fais semblant de dormir. Une fois qu’elle est repartie, j’attends quelques minutes, puis je pars en direction du téléphone que j’ai vu un peu plus tôt dans la journée. Une fois dans la cuisine, je tombe nez à nez avec Mariana. L’adolescente tient une petite boîte dans ses mains, qu’elle range dans un carton sur l’étagère. Quand elle me voit, elle marque un temps d’arrêt et s’empresse de se justifier.

MARIANA : J’avais besoin d’eau.

Puis elle part. Par pur curiosité, je vais jusqu’au carton et le tire vers moi. La boîte est une boîte de médicament, sur laquelle est marquée … Jesus Foster. Bien que cela m’intrigue, j’en reviens à mon but premier, le téléphone. Mais il n’est pas à sa place. Je souffle un bon coup puis monte à l’étage sans bruit. Devant la chambre de Lena et Stefanie, j’entends du bruit, et en profite pour passer inaperçue. La porte de la chambre de Jesus et fermée, celle de Mariana aussi. Seule celle de Brandon est ouverte. Je  regarde à l’intérieur : l’adolescent est concentré sur ses cours, un casque sur les oreilles.

Je remarque son téléphone, en train de charger sur une pile de livre. Doucement, je le débranche, puis pars dans ma « chambre » à toute vitesse. Je m’assois sur un fauteuil, compose le numéro, et attend que quelqu’un décroche avec impatience.

CALLIE : Hey, bébé, c’est moi … Oui, je suis dehors. J’arrive. Promis Jude, je dois juste trouver un moyen de partir d’ici.


FOSTER’S HOME
– MORNING
Après une longue, très longue nuit de sommeil, la famille me réveille … Sans vraiment le vouloir. Ils sont tous dans la cuisine, cherchant de quoi manger. Je rentre dans la cuisine à mon tour, complètement endormie. C’est Stefanie qui me voit la première. Elle a l’air très enthousiaste, ce qui me surprend beaucoup. Ici, c’est vraiment convivial, pas comme notre dernier foyer d’accueil …

STEFANIE : Good morning sunshine ! Le jus d’orange est sur la table, sers toi et fais comme chez toi.

Sans rien dire, je me faufile entre les gens agglutinés vers la cafetière. Je prends une tasse, la remplie, puis m’appuie sur le plan de travail en les regardant. Ils m’observent, surpris, puis Lena hausse discrètement les épaules.

LENA : Tu voudrais de la crème ?

Je lui fais signe que non et commence à boire, tandis que Jesus demande à en avoir aussi. Réponse unanime : non.


ANCHOR BEACH SCHOOL
– MORNING
La voiture s’arrête enfin. Lena a sa propre place de parking, ce qui est plutôt cool. Nous descendons tous de la voiture, Jesus et Mariana partent vers leurs amis respectifs. Brandon était lui aussi partit pour rejoindre ses amis, jusqu’à ce que Lena l’interpelle.

LENA : Hey Brandon, pourquoi tu ne ferais pas faire le tour à Callie ? Elle commence avec le cours de Timothy.

Je marche sans rien dire en regardant autour de moi. On dirait franchement un camp de vacance.

LENA : Tu as ta liste de cours Callie ? Tu vas aimer Timothy il est vraiment drôle.

Je suis Brandon tout en découvrant l’endroit. Tout le monde discute avec un grand sourire, des garçons cours vers la place, planche de surf sous le bras. C’est frustrant, mais c’est surtout génial.

CALLIE : Tu vas en cours ici ?
BRANDON : Ouais, hum …


Il vient se poster à côté de moi.

BRANDON : Donc, la classe de Timothy. C’est juste là-bas, tu trouveras n’est-ce pas ? J’ai genre 20 minutes avant les cours. Alors je voudrais répéter.
CALLIE : Répéter pour quoi ?
BRANDON : La finale de la compétition de musique ce soir.
CALLIE : D’accord.
BRANDON : Bon ben à plus !


Il s’en va vers le bâtiment. Je remarque alors un groupe de jeune fille qui me regarde, me dévisage même. Elles sont toutes habillées avec de petits hauts et leur visage est plein de maquillage. Avec mes vêtements vieux de cent ans et ma lèvre à moitié explosée, je dois vraiment faire tâche. Je me hâte de rattraper Brandon.

CALLIE : Hey, attends !

Il s’arrête, et je l’accompagne donc jusque la classe de musique. Le chemin se passe en silence, et arrivé dans la salle, il s’installe au clavier tandis que je me poste à la fenêtre, regardant l’océan. Je l’écoute jouer de la musique pendant plusieurs minutes, dix je dirais. Puis je l’interromps.

CALLIE : Qu’est-ce que c’est ?
BRANDON : Quoi, la chanson ? Euh, je l’ai écrite.
CALLIE : Tu l’as écrite.


J’ai un peu de mal à le croire.

BRANDON : Ouaip, c’est pour le concours. On doit avoir un morceau classique, et une composition originale. C’est sur la nuit durant laquelle Maman et Lena m’ont demandé si j’étais d’accords que les jumeaux viennent et vivent avec nous.
CALLIE : Comment c’est possible ? Il n’y a même pas de mots.
BRANDON : Ecoute.


Il me détaille alors chaque partie de sa chanson. Il joue une partie aigues en s’identifiant à elle, puis ses mères s’ajoutent, et enfin ils sont tous ensemble à jouer. Et quand il me demande si je comprends mieux, je lui dis que oui, sans vraiment avoir compris, et en étant un peu nostalgique.

BRANDON : Je pense toujours qu’il manque quelque chose.
CALLIE : Non, j’aime bien.


Cette fois c’est vrai. J’aime beaucoup.

CALLIE : Attend, ils t’ont demandé si les jumeaux pouvaient emménager avec toi ? Tu allais dire non ?
BRANDON : Non, je veux dire, je ne sais pas, je me suis dit qu’il y en avait assez.
CALLIE : Assez de quoi ?
BRANDON : Tout.


Une adolescente de notre âge rentre dans la salle et s’approche de Brandon.

TALYA : Hey bébé. Comment ça va ?
BRANDON : Je vais bien et toi ?


Je détourne le regard quand ils s’embrassent, fixant le sol.

TALYA : Je vais bien.

Puis elle me voit.

TALYA : c’est qui ?

Il parle toujours comme si je n’étais pas là. Mais je ne dis rien.

BRANDON : Voici Callie. Callie, voici Talya. Elle va rester avec nous pour quelques temps.
TALYA : Bienvenue à Anchor Beach !
CALLIE : Merci.
BRANDON : Elle est dans la classe de Timothy avec toi. Donc, si tu veux … Lui montrer où c’est.
TALYA : Oui, bien sûr. Mais nous devrions y aller.


Il recommence avec leurs bisous-câlins, je me dépêche donc de prendre mes feuilles et pars vers la sortie juste au moment où la cloche sonne. Nous nous dépêchons dans les couloirs jusqu’à la salle de cours où nous attends un professeur plein de bon humeur.

Je n’écoute pas ce qu’il dit, regardant dans le vide. Puis, alors que je tourne le regard vers mon voisin de gauche, je remarque ses clés de voiture qui dépassent de sa proche. Je lui souris gentiment quand il me regarde quand le professeur m’interpelle.

TIMOTHY : Et toi, Callie ? … Callie ?

Je me tourne vers lui.

TIMOTHY : Je sais que tu ne l’as pas encore lu, mais … Qu’est-ce que tu ferais si tu te réveillais soudainement, et que tu découvrais que tu vis dans un cauchemar.

Je ne dis rien, détournant le regard. La cloche me sauve la vie, et je me hâte de sortir de classe. Dans les couloirs, je me pers pendant quelque seconde, puis je retrouve mon voisin de classe.

CALLIE : Hey, hey ! Attends !

Il se retourne en m’entendant.

CALLIE : Salut, comment tu t’appelles ?
AIDEN : C’est Aiden.
CALLIE : Aiden. Enchantée de te rencontrer.
AIDEN : Tu es nouvelle ici ?
CALLIE : Ouai, la nouvelle. Je viens d’emménager en fait. J’aurais bien besoin de quelqu’un pour me faire visiter.
AIDEN : Ca peut s’arranger.
CALLIE : Tu as une voiture, non ?
AIDEN : Ouaip.
CALLIE : Cool ! Eh bien, je pensais aller à San Ysidro cet après-midi.
AIDEN : San Ysidro. En dessous de Tijuana ?
CALLIE : Ouais, j’ai entendu dire que c’était cool là-bas.
AIDEN : Quoi ? Tu es en train de chercher une fête, ou quelque chose dans le genre ?
CALLIE : Non. J’ai quelqu’un que je dois voir là-bas.
AIDEN : Ouais …


J’essaie de me montrer sympathique et agréable parce que je dois vraiment aller là-bas. Mais visiblement, ça ne marche pas.

AIDEN : Non merci. Bonne chance.

Je le regarde partir, déçue.

Le reste de la matinée se passe normalement : je vais à mes autres cours, me perd dans les couloirs. Les gens me regardent bizarrement, ce que je peux comprendre. Puis vient l’heure du repas. Sans hésiter, je me dirige vers un groupe d’adolescentes assises pour manger.

CALLIE : Hey, il y a un arrêt de métro quelque part ?

La réaction est directe : elles se lèvent et partent. Comme si elles avaient prévus que j’allais venir leur parler. Je m’assois à la table désormais libre et regarde autour de moi. Je suis vite rejointe par Mariana, qui a l’air d’avoir vu ma tentative désastreuse.

MARIANA : Tu vas quelque part ? Tu dois aller voir ta bimbo ?
CALLIE : Quel est ton problème ? Tu as pris trop de pilules à ton frère ?


Elle ne dit plus mot, agacée.

CALLIE : Ne t’inquiète pas, je ne vais pas te balancer. Je veux dire, ta mère est flic. Ça craint sûrement.
MARIANA : Je suppose. Alors, est-ce que tu pars ?


C’est à mon tour de me taire.

MARIANA : Ne t’inquiète pas, je ne te balancerai pas.
CALLIE : Il y a juste certaines choses dont je dois m’occuper. Désolé, c’est mieux si tu ne sais pas. Comme ça, si ta mère … TES mères, commencent à te poser des questions …


La cloche sonne. Je me lève rapidement, feuilles en main, et commence à partir. Mariana m’arrête.

MARIANA : Attends. Si ça avait été moi, je ferais en sorte de sortir par derrière. Le bureau de Lena a une vue directe sur l’entrée principale. Et il y a un arrêt de bus à côté.

Elle part et me laisse seule. Sourire en coin, je pars dans la direction indiqué, légèrement stressée. Il ne manquerait plus que je me fasse attraper.

Sur le chemin, je tombe nez à nez avec Lena. Comme elle me regarde, je fais comme si je regardais mon emploi du temps puis suis le courant d’élève. Une fois dans l’établissement, je m’arrête et attendes que Lena parte avant de continuer ma route. En croisant Brandon, j’essaye de me cacher avec mes feuilles, puis une fois le danger passer, je les jette à la poubelle. Je marche vite vers l’arrêt de bus, sans me retourner, si bien que je ne remarque Brandon qu’une fois qu’il me rattrape.

BRANDON : Alors, euh … Où tu vas ?

Je ne me retourne pas, espérant qu’il me laissera seule.

CALLIE : Je dois m’occuper de quelque chose.
BRANDON : S’occuper de quelque chose ? Maintenant ?
CALLIE : C’est important.
BRANDON : D’accord. Tu sais, tu ne pourras pas t’en occuper si tu retournes en maison de correction. Je veux dire, ma mère est flic. Tu penses sérieusement qu’elle ne te trouvera pas dans un appartement-minute ?
CALLIE : Tu veux bien t’occuper de tes affaires ? Et de ta putain de famille ?
BRANDON : On essaie juste de t’aider.


Je me retourne sans m’arrêter de marcher.

CALLIE : Arrêtez.

Il ne dit rien. Son téléphone vibre, il le prend en main.

BRANDON : Quelqu’un n’arrête pas de m’appeler de ce numéro.

Tout de suite, je comprends qui appelle et lui arrache l’appareille des mains. Je décroche sans attendre.

CALLIE : Hey bébé, c’est moi. Qu’est-ce qu’il se passe ? … Qu’est-ce que tu veux dire ? … Jude, qu’est-ce que tu dis ?

La voix change à l’autre bout du fil, et les larmes accrochées à mes paupières disparaissent aussi vite qu’elles sont venues.

CALLIE : Laisse-moi parler à Jude. … Redonne-lui le téléphone.

La conversation s’arrête quand il raccroche. Je regarde le téléphone, ne sachant trop que faire. Brandon me pose un millier de question pendant que j’essaie de rappeler, mais ça ne décroche pas.

BRANDON : Qu’est-ce qu’il se passe ? Qui c’est et pourquoi il m’appelle ?
CALLIE : J’ai emprunté ton téléphone la nuit dernière.


Je lui rends son téléphone sans ménagement.

CALLIE : Je dois y aller.

Je me dépêche d’aller à l’arrêt de bus en espérant qu’il va vraiment partir, mais il me suit toujours.

BRANDON : Donc c’était qui ? C’était ton petit copain ou quoi ?
CALLIE : Non !
BRANDON : Alors c’était qui ? Comment il a eu mon numéro Callie ? Qui est-ce ?


Je me retourne vers lui, énervée, effrayée, triste.

CALLIE : C’était mon frère.

Il ne dit rien et je repars de plus belle.

BRANDON : Who who, laisse-moi appeler ma mère.
CALLIE : Stef ?
BRANDON : Oui, elle est flic ! Elle peut aider.
CALLIE : Pas de policier.


Il voit bien dans mon regard que cela m’effraie, et pas qu’un peu.

BRANDON : Elle n’est pas comme ça.
CALLIE : Si tu appelles ta mère, elle va jeter un œil dans le système et trouver toutes les plaintes que mon père d’accueil a faites contre moi. Tu vas me renvoyer en maison de correction, et Jude sera coincé dans cette maison. Je dois y aller.


Et je repars.


BUS, EN DIRECTION DE SAN YSIDRO
– NIGHT
Assise dans le bus, à côté de Brandon, je regarde le paysage défilé à la fenêtre d’en face. Personne ne parle, des gens dorment même. Je n’essaye pas de faire la conversation, Brandon non plus, et c’est très bien comme ça. Les minutes passent, les heures passent. Puis je me souviens d’une chose.

CALLIE : Attends, t’as pas ce truc de musique ce soir ?
BRANDON : Euh, ouais. C’est … Ne t’inquiète pas pour ça. Il y aura les autres.


Je ne me tais, mais lui est lancé.

BRANDON : Alors, qu’est-ce qu’il s’est passé ? Dans cette maison ?
CALLIE : Un jour, mon ancien père d’accueil a surpris mon petit frère en train de porter une des robes de son ex-femme. Alors il a commencé à le battre.
BRANDON : Sérieusement ? Il le frappait ?
CALLIE : Oui. Il avait l’habitude de me frapper sans arrêt, mais tu sais, peu importe. Mais quand je l’ai vu s’en prendre à Jude, j’ai juste … Eh bien, j’ai essayé de l’arrêter. Mais il m’a frappé dans le ventre. Alors j’ai été dehors, j’ai attrapé la batte de baseball, et j’ai frappé sa précieuse voiture avec. Les flics sont arrivés. Il leur a dit que j’étais folle, et qu’il ne faisait que se défendre. Personne ne s’intéressait vraiment à ma version.


Le reste du voyage se passe en silence.


SANS YSIDRO, EX-FOSTER’S HOME
– NIGHT
Arrivée devant la maison, je fais un signe à Brandon comme quoi il se doit d’être silencieux. Il m’a soumis l’idée de faire un plan d’action, ce que nous avons fait sur le chemin. Ne reste plus qu’à l’appliquer … Et à ce qu’il marche. Pendant que je me faufile derrière la maison, j’indique à Brandon où se trouve la porte d’entrée. Je marche ensuite vers la porte de derrière, sans bruit. Arrivée devant la porte latérale constamment fermée, je vois Jude en train de faire la vaisselle. Cognant doucement contre le carreau, le l’appelle, mais il ne m’entend pas. Je continue alors mon chemin. Alors que j’allais entrer, j’entends Brandon toquer à la porte. Une fois que l’homme est allé lui ouvrir, je rentre doucement.

Brandon sort l’excuse du métro, il est d’ailleurs très convaincant, si bien que l’homme n’hésite pas à lui indiquer la direction. Seulement, dans un réflexe, il se retourne … Et m’aperçoit.

FOSTER MAN : Qu’est-ce que tu fous ici ?
CALLIE : Je veux juste parler à Jude.
FOSTER MAN : Non ! Ta gueule ! Non !
CALLIE : Je veux …
FOSTER MAN : Dégages de cette maison !
CALLIE : Une seconde …
FOSTER MAN : Ta gueule !
CALLIE : Écoute, je suis désolée pour ta voiture, je le promets …
FOSTER MAN : Non, tu dégages !
CALLIE : Je veux juste parler à Jude !


Il me prend par les épaules et me plaque au mur.

BRANDON : Ne la touchez pas !

L’homme s’énerve, ouvre un tiroir et en tire un revolver. Brandon lève les mains et recule de quelques pas. Il continue de nous crier dessus, de nous dire de dégager. Je continue de m’excuser, de fausse excuse puisqu’il mérite ce qu’il lui est arrivé, et Brandon essaye de calmer le jeu. A côté de nous, Jude se bouche les oreilles et ferme les yeux. Je lui ai toujours dit de faire ça. Quand quelque chose ne lui plait pas, je lui ai toujours dit de se boucher les oreilles et de fermer les yeux, jusqu’à que tout s’arrête comme un mauvais rêve. Mais là, c’est bien réel.

Je suis à deux doigts de craquer et les larmes commencent à coulées quand Stefanie entre à toute berzingue dans la pièce.

STEFANIE : Police ! On ne bouge plus ! Mettez-vous à genoux, maintenant !

Je me précipite dans la cuisine et prend Jude dans mes bras, le serrant le plus fort possible contre moi. Il m’enserre à son tour, les yeux toujours fermés. Je le décolle légèrement de moi pour pouvoir le voir.

CALLIE : Chérie, tu vas bien ?

Il hoche la tête, en larme. Je le couvre de baiser puis le serre à nouveaux dans mes bras, un sourire aux lèvres. Enfin. Enfin je le retrouve. Je ne peux pas m’empêcher de rire de soulagement, il finit par me rejoindre. Puis la police arrive, l’homme est emmené dehors, et nous sortons tous de la maison. Je tiens Jude par l’épaule, ne pouvant pas me résigner à le lâcher, ses bagages dans mon autre main. Je l’emmène jusqu’à côté de la voiture pendant que Lena et Brandon discutent. Stef me suis et fait entrer Jude dans la voiture, rejoins par Brandon qui remarque avec amusement le sac Skippy la tortue de mon frère. Il l’a depuis tout petit et ne l’a jamais lâché.

STEF : Je voudrais vraiment que tu comprennes que ce soir, ça aurait pu très mal finir.

J’ai déjà mon opinion sur ce qui va se passer après. Il faut juste …

CALLIE : Écoutez, si vous voulez me renvoyer en détention juvénile, promettez moi au moins que Jude sera en sécurité.
STEF : Tu n’es pas jetable Callie. Tu es … Tu n’es pas une moins que rien.


Je ne dis rien. Ce qu’elle me dit me surprend beaucoup, mais surtout, me fait plaisir.

STEF : Viens.

Elle me prend par les épaules et m’amène jusqu’à la portière de la voiture. Je grimpe à l’intérieur, passe un bras autour de Jude et le regarde sous toute les coutures. Puis je m’adresse à Brandon.

CALLIE : Je suis désolée. Tu n’avais pas à venir.
BRANDON : Bien sûr que si.


Il me regarde en souriant, et je lui rends son sourire. Puis la voiture démarre, en route pour la maison.




HISTOIRE - CHAPITRE 2

FOSTER’S HOME
– MORNING
Assise à table, à côté de Jude, je regarde ce que les autres fonts autour de nous. Jesus arrive sur son skate, et il est aussi tôt réprimander par Lena qui, une fois son fils partit, continue de faire la vaisselle. Dehors, Brandon discute avec Stef, et j’ai une petite idée de quel est leur sujet. Je ne dis rien, Jude non plus. Puis Stefanie finie par rentrer, suivie de Brandon.

STEF : Où est Mariana ?
CALLIE : Elle est toujours dans la salle de bains.
STEF : Mariana, allez ! Viens ! On va manger !


Jesus arrive, de nouveau sur son skate.

LENA : Callie, tu peux servir du jus d’orange à tout le monde ?

Je me dépêche de me lever et d’aller attraper la carafe. Pendant que Brandon, met les assiettes sur la table, je remplis chacun des vers. Mariana arrive à ce moment-là.

MARIANA : Je n’ai pas eu le temps de me coiffer !
STEF : Bien, c’est trop tard maintenant ma puce.
MARIANA : Il nous reste quinze minutes.
STEF : Non non non, vous irez à l’école à pied. On a un truck à faire. Aller, viens manger.
MARIANA : Je ne vais pas aller à l’école avec des cheveux comme ça.
STEF : Dans ce cas, tu n’iras plus jamais nulle part.
LENA : Stef, tes pancakes brûlent.
MARIANA : Super, je dois passer toute la journée ressemblant à un lhassa apso.


J’aime beaucoup cette famille, les écouter, c’est mieux que de regarder la télévision. Et je ne dis pas ça pour être méchante.

LENA : Allez les enfants, vous devez être partis dans dix minutes. Stef et moi avons un rendez-vous avec Bill et après, je vais prendre Jude pour l’emmener à l’école, lui faire visiter.

Je la regarde, essayant de refouler ton mon stress. Je n’ai vraiment pas envie de me séparer de lui. Par encore, plus jamais. De plus, Bill trouvera sûrement que cette fois ci, j’ai dépassé les bornes … Et il ne me laissera plus sortir de détention. Lena se penche vers moi.

LENA : Ça ira, je te le promets. Je je les laisserai pas vous séparer, d’accord ?
CALLIE : Oui …
STEF : Très bien, pancakes pour tout le monde !
Tout le monde se sert. A ce moment, Stef glisse sur le skate de Jesus, et celui-ci se fait de nouveau réprimander.
STEF : Tu as pris tes pilules ce matin ?
JESUS : Oui.
STEF. Non.
JESUS : Non.


Il se dirige vers la boite en carton afin de les prendre. Je regarde ensuite Jude, qui est en train de remplir son assiette de sirop d’érable.

CALLIE : Jude …
JUDE : Désolé.


Je lui prends la bouteille des mains et la referme pour la passer au suivant. Puis nous continuons à manger.


ANCHOR BEACH SCHOOL
– END OF THE MORNING
Matinée tout à fait normale : cours barbant, fouille des casiers impromptue dont je n’ai de toute manière pas à me soucier puisque je n’en ai pas encore. Puis c’est l’heure pour moi d’aller manger, mais avant d’aller me chercher une table, je passe par la salle de classe de Jude. Il est assis, en train de travailler ses maths. Je tapote discrètement sur le carreau afin qu’il n’y est que lui qui m’entende, ce qui ne rate pas. Il se retourne vers son professeur et lui demande d’aller aux toilettes puis sort de la classe.

CALLIE : Ça va ?

Il hoche la tête.

CALLIE : Tout se passe bien ?
JUDE : Ouai.
CALLIE : Bien. Je voulais être sûre. As-tu vu Bill ?
JUDE : Oui.
CALLIE : A-t-il dit quelque chose ?
JUDE : Comme quoi ?
CALLIE : Je ne sais pas, n’importe quoi.
JUDE : Il m’a dit « Salut ». Pourquoi ?
CALLIE : Je me demandais juste. Retournes en classe. Apprends quelque chose !


Il retourne en classe, souriant. Je ne sais pas ce qu’a dit Bill, je ne sais pas ce qu’il pense qu’il va faire, mais au moins, là tout de suite, Jude se sent bien. Et c’est le plus important.
Je me mets en route vers une place où déjeuner. Mais toutes les places sont déjà prises, alors je monte jusqu’à la salle de musique, où je m’assois tranquillement pour entamer mon repas, accoudée à la fenêtre. Quelques minutes plus tard, Brandon entre.

BRANDON : Hey.
CALLIE : Hey ! Hum … J’évitais le « avec qui je m’assois pour déjeuner ».
BRANDON : Compris.


Je me lève et commence à partir.

CALLIE : Je te laisse t’entrainer.
BRANDON : Non, tu peux rester.
CALLIE : T’es sûr ?
BRANDON : Ouaip.


Je me rassois alors et continue à manger.

CALLIE : T’es vraiment pas puni ? Tes mères sont toujours aussi cool, ou c’est parce que tu ne fais jamais rien de mal ?
BRANDON : Non, ça m’arrive. C’est pas comme si j’avais jamais eu de problèmes.


Je rigole.

CALLIE : Vraiment ?
BRANDON : Ouais.
CALLIE : Comme ?
BRANDON : Je … J’ai été pris en train … De voler.
CALLIE : Ah oui ? Quoi ?


Il hésite.

BRANDON : Une voiture.

Je continue de rire silencieusement.

BRANDON : Une boîte d’allumette quand j’avais cinq ans.
CALLIE : Ouais, t’es un sale garçon.


Je continue à rire tout en prenant la guitare qui se trouve à côté. Sans trop réfléchir, je me positionne comme si j’allais en jouer.

BRANDON : Quoi ?
CALLIE : Rien. Je me demande juste, comment tu peux savoir qui tu es, si tu fais toujours ce qu’on attend de toi.


Je joue un accord.

BRANDON : Pas mal. Tu joues ?
CALLIE : Euh, un peu. J’avais l’habitude de jouer avant. Ma mère m’a appris quelques trucks, avant …
BRANDON : Avant ?
CALLIE : Tu sais. Avant … Qu’elle décède.


Il pose sa main sur mon genou pour me réconforter.


FOSTER’S HOME
- NIGHT
Assise sur le canapé, révisant mes cours de la journée, je garde un œil sur Jude qui fait ses devoirs. Il reste devant sa feuille sans rien faire pendant une, deux, trois minutes. Je me penche par-dessus son épaule et regard son calcul.

CALLIE : Seize.

Il note le résultat.

JUDE : Et celui-là ?

Je jette un coup d’œil à l’exercice.

CALLIE : Tu le sais. Qu’est-ce que tu as à faire ?

Il me regarde sans rien dire.

CALLIE : Tu dois diviser par le Y … Quatre. La réponse est quatre.

Je lui ébouriffe les cheveux.

CALLIE : Tu aurais dû le savoir.
JUDE : TU aurais dû le savoir.
CALLIE : Je le savais !
JUDE : Non !
CALLIE : Si !


Il continue de le nier, si bien que, sourire aux lèvres, je l’attraper et le met sur le canapé avec moi. Je le chatouille jusqu’à ce qu’il soit plaqué sur le canapé, riant comme jamais.

CALLIE : Si insolent !
JUDE : Arrête !
CALLIE : Non, toi arrête !


Il rit toujours quand je le laisse se relever.

JUDE : combien de temps on va rester ici ?

Je lui ébouriffe de nouveau les cheveux.

CALLIE : Je ne sais pas petit.

Puis il me regarde sans rien faire. Je fais un signe de la tête vers ses devoirs.

CALLIE : Finis tes devoirs !

Il y retourne sans rechigner tandis que je réfléchis à cette question. J’espère qu’on restera longtemps. Mais en même temps, si nous pouvions trouver une famille définitive tôt, ça lui éviterais de trop s’attacher ... Et donc de trop souffrir.

Une fois les devoirs enfin terminés, Jude part vagabonder dans la maison pendant que je fais les miens. Je n’en ai pas beaucoup, juste deux trois cours à réviser, quelques textes à relire. Puis une reunion de … « famille » est organisée. Nous nous asseyons tous sur le canapé tandis que Stef et Lena nous parle.

STEF : Donc, nous avons quelque chose à dire, évidemment.
LENA : Stef et moi avons eu notre rendez-vous avec Bill, et nous avons pris une décision.


Je respire un bon coup.

LENA : Nous ne sommes pas en position d’offrit à Jude et Callie une maison pour toujours …
STEF : Mais nous voudrions que vous, vous voyez à l’aise et en sécurité autant que possible, jusqu’à ce que Bill vous trouve une maison permanente. Cependant, ça peut prendre du temps.
LENA : Cela pourrait être une semaine, voire une année, nous ne savons pas.
STEF : Oui. Ce que nous voulons, c’est que cette maison soit votre dernière étape, pour toujours, d’accord ?
LENA : Ce qui veut dire que vous devez libérer le salon. Je pense que vous êtes d’accord pour rester là encore une nuit, mais demain, on nous livre des lits donc après les cours, on les aides à s’installer, d’accord ?


Tout le monde à l’air d’accord.

STEF : Brandon et Jesus pourront utiliser leurs muscles, hein ? Et Jude, mon nouvel et jeune ami, tu iras dans la chambre de Jesus, et Callie, tu iras dans la chambre de Mariana.

Cela plait tout de suite moins à Mariana, mais peut m’importe. On reste, et c’est tout ce qui compte.

Nous finissons par aller souper. Après tous les préparatifs pour la nuit fait, je vais me coucher. Jude dors déjà à côté du canapé. Je m’assois sur mon « lit » et, non sans surprise, y trouve une vieille, mais belle guitare. J’entends quelqu’un monter l’escalier et sourit. Puis je pose la guitare sur le côté et me met sous la couette.


ANCHOR BEACH SCHOOL
– END OF THE MORNING
Encore l’heure du repas. Je passe devant la table de Mariana, qui parle à ses amis, puis pars me chercher une place. Toutes les tables sont déjà pleines. Je comment donc à partir vers la salle de musique quand Talya m’invite à les rejoindre.

Je vais m’assoir avec elle et ses amis, légèrement troublée qu’elle m’invite.

TALYA : Alors, comment tu vas ? Je veux dire, je sais que ces quelques jours ont été un peu fou, surtout pour toi.
CALLIE : Je vais bien, merci.
TALYA : Donc, d’où viens-tu ?
CALLIE : D’ici et là.
TALYA : Super. C’est à ton frère que tu parlais ce matin ?
CALLIE : Oui, c’est Jude.
TALYA : Il est totalement adorable.
CALLIE : Il est super.
TALYA : J’aime tes bracelets.
CALLIE : Merci.
TALYA : Je devrais en acheter. Trop cool.
CALLIE : J’aime beaucoup ton foulard.


Blanc.

TALYA : Alors, tu vas rester combien de temps ? Deux semaines, un mois … Six mois ?

Je peux savoir pourquoi elle a l’air si pressée de me voir partir ?

CALLIE : Je ne sais pas. Ca ne dépend pas de moi.

Elle s’empresse de trouver une excuse au pourquoi de sa question.

TALYA : On devrait t’amener dans quelques boîtes. Pour que tu puisses rencontrer des gens. Ca doit être hyper ennuyeux d’être avec Brandon tout le temps.

Une seconde … Ils ne sont pas en couple ?

CALLIE : Tu sais mieux que moi.
TALYA : Ah oui ? On est ensemble la plupart du temps. Stef et Lena sont d’un grand soutien dans notre relation. Stef lui achète même ses capotes. C’est pas trop génial ?


Elle ne serait pas légèrement jalouse ?

CALLIE : C’est super.

Le repas se finis dans la bonne humeur. Je fais la connaissance de ses amis, toutes très sympathiques. Mais avec Talya, il y a toujours … Un truck.

FOSTER’S HOME
- AFTERNOON

Le reste de la journée se passe normalement pour une journée de cours. Puis quand c’est enfin fini, je rejoins Mariana et Jude afin que nous rentrions ensemble. Je pose des questions à Jude sur sa journée, et il est très heureux de tout me raconter. Une fois près de la maison, il finit par me parler de ses camarades.

JUDE : Ce mec, Connor, il était sympa.

Mais c’est tout ce qu’il me dit.

JUDE : Ils lisent ce livre, Les aventuriers des mondes … Quelques chose.
CALLIE : Fantastique ?
JUDE : Quoi ?
CALLIE : Les aventuriers des mondes fantastiques ?
JUDE : Ah oui c’est ça. Peu importe, je ne comprends pas. C’est un peu déroutant.


Mariana s’arrête.

CALLIE : Quoi ?
MARIANA : Pourquoi mes deux mères sont à la maison ?


Je ne dis rien, me contentant d’hausser les sourcils. Nous entrons dans la maison et trouvent Lena et Stef dans la salle à manger. J’ai l’impression qu’elles veulent parler à Mariana … Mais je me trompe lourdement.

MARIANA : Qu’est-ce qu’il se passe ?
STEF : Mariana, tu peux amener Jude à l’étage, s’il te plaît ? Il faut que nous parlions à Callie.


Personne ne bouge, moi encore moins. Jude me jette un regard.

STEF : Tout va bien, elle sera là. Callie ?

Mariana emmène Jude à l’étage pendant que je suis Stef et Lena dans la salle à manger. Je m’assois en bout de table, me tournant face à elles.

STEF : On nous a dit que … Tu volais les médicaments de Jesus ? Et que tu les revendais à l’école, c’est vrai ?

Je m’appuis conter le dossier de ma chaise. Que l’on dise que c’est moi m’énerve. Mais le pire, c’est qu’elles semblent le croire. Je ne dis rien, me contentant de les regarder.

STEF : Est-ce que c’est vrai ?
CALLIE : Non.
STEF : Tu en es sûre ?


Non, attendez, hier j’ai eu un moment d’égarement, c’est peut-être là que j’ai volé de la drogue pour la revendre.

CALLIE : Oui.
LENA : Alors pourquoi cet étudiant dit que tu l’as fait ?
CALLIE : J’imagine que je suis une cible facile.
STEF : D’accord.


J’attends de pouvoir partir, ce qui ne tarde pas.

STEF : Tu nous laisses une minute ?

Je me hâte de partir dans le salon. Je laisse tomber mon sac sur le canapé et les regardes discuter. Alors comme ça j’ai vraiment l’air d’être une mauvaise personne ? Je donne tellement mauvaise impression que dès qu’un ado accro à la drogue sort des bêtises dans ce genre, on le croit ? Les larmes aux yeux, j’attrape la guitare posée contre le canapé et sort dehors m’assoir dans l’herbe.

Je reste assise sur le sol, la guitare posée sur mes genoux, le temps de sécher mes larmes. Quelques minutes plus tard, Mariana me rejoint.

CALLIE : Où est Jude ?
MARIANA : Il lit un magazine dans ma chambre. Il va bien.
CALLIE : D’accord … Je ne sais pas ce que je vais lui dire.
MARIANA : Alors, qu’est-il arrivé ?
CALLIE : Elles pensent que j’ai volé les pilules de ton frère.
MARIANA : Qu’est-ce que tu leur as dit ?
CALLIE : Je ne leur ai pas dit que c’était toi, si c’est ce que tu me demandes.


Elle semble ne pas comprendre mon choix.

MARIANA : Pourquoi pas ?
CALLIE : Comme si elles m’auraient cru.


Elle part en me laissant seul. Je ne fais rien pendant quelques minutes puis regarde la guitare, essayant de me souvenir des accords que j’ai appris. Sans succès. Brandon finit par arriver, remarquant mes tentatives désastreuses.

CALLIE : Surprise que tu veuilles fréquenter une trafiquante de drogue reconnue.

Après tout, mieux vaut en rire qu’en pleurer.

BRANDON : Tu l’as fait ?
CALLIE : A ton avis ?


Il se contente de me regarder.

BRANDON : Je pense que ton accord de sol est faux. Essaye la sixième corde sur la troisième frette.

Je pose mes doigts aux positions indiquées et gratte les cordes. Ça sonne mieux d’un coup.

BRANDON : Tu y es.

Je le regarde à mon tour.

CALLIE : Merci … Pour la guitare.
BRANDON : De rien.


Il s’assoit à mes côté tandis que je joue toujours le même accord. Puis j’essaie de changer d’accord.

CALLIE : Je ne me souviens de rien.

Je joue un accord au hasard.

BRANDON : Je pense que c’est un do là.
CALLIE : J’avais bon ?


Il me montre la bonne frette.

BRANDON : Ici.

Je joue l’accord.

BRANDON : Et si tu descends ces deux doigts là, tu vas faire un autre accord.

Je joue de nouveau. Alors je les enchaine tous un par un, sous l’œil attentif de mon « professeur ».

BRANDON : Bien !

Je lui souris. Il m’explique ensuite d’autres accords. Puis, je lui donne la guitare, et il me fait une démonstration de ce qu’il connait. Il joue des accords, encore, encore, plus que je n’en connaîtrais jamais. Puis ses mères arrivent.

LENA : Hey Brandon, tu voudrais nous excuser une seconde ?
BRANDON : Bien sûr !


Il me redonne la guitare et s’en va. Je me lève et, les mains serrées sur le manche, je rejoins Lena et Stef.

STEF : Donc, il s’est avéré qu’on nous a donné de fausses informations.

Sans blague.

LENA : Et je promets que je vais trouver comment c’est arrivé exactement.
STEF : On est vraiment désolées de ne pas t’avoir cru. Nous pensons que la confiance est quelque chose qui doit se gagner.
LENA : Et nous aimerions vraiment gagner la tienne.

Je souris, rassurée.

CALLIE : D’accord.

Je hausse la tête tandis qu’elles rigolent, heureuse. Puis Stef me prend par l’épaule et m’emmène vers la maison.

STEF : Très bien, c’est parti !


FOSTER’S HOME
- NIGHT
Dans la chambre de Jesus, je range une à une les affaires de Jude pendant que celui-ci regarde son livre.

JUDE : Je suis heureux que nous restions ici. Je me plais.
CALLIE : Ah oui ?


Il ne dit rien, hoche simplement la tête. Je lui colle un baiser sur le front.

CALLIE : Ne te plais pas trop quand même.

Une fois ses affaires rangées, je lui dis d’aller se coucher puis pars dans le salon. Brandon m’y attend, la guitare en main, et me demande si j’aimerais jouer avec lui dans sa chambre. J’accepte avec entrain et, une fois assise sur son lit, j’essaie de jouer les accords qu’il m’a appris.

CALLIE : Je ne me souviens de rien !
BRANDON : Continue d’essayer. Ca reviendra.


Je réfléchis quelques secondes puis me lance, enchainant les accords, très vite rejointe par Brandon au piano.


Dernière édition par Callie Jacob le Dim 20 Oct - 22:03, édité 6 fois
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HISTOIRE - CHAPITRE 3

FOSTER’S HOME
- MORNING

Ce matin, tout le monde était très agité. Ayant l’habitude de me lever tôt, j’ai échappé à la guerre de la salle de bain, Brandon n’eut pas la même chance. Une fois mon sac près, je commence à m’habiller, finalement rejointe par Mariana qui vient de sortit de la salle de bain. Elle me regarde quand je finis de m’habiller.

MARIANA : si tu veux m’emprunter quelque chose …
CALLIE : Non, ça va.
MARIANA : D’accord. Je pensais que t’en avais peut-être marre de porter les mêmes choses.

Je la regarde mettre ses boucles d’oreille, prête à sortir de la chambre, quand je la vois ranger sa boîte au fin fond d’un de ses tiroirs.

CALLIE : Je ne vais pas te voler tes boucles d’oreilles. Qu’est-ce que je vais en faire ? Les vendre à l’école ?

Elle me regarde en croisant les bras.

MARIANA : Ne parle pas de choses que tu ne comprends pas.
CALLIE : D’accord, qu’est-ce que je ne comprends pas, Mariana ? Tu voles les pilules de ton frère, tu les vends à l’école, puis tu laisses ton frère porter le chapeau.
MARIANA : Je ne lui ai jamais demandé de faire ça.
CALLIE : Mais tu l’as laissé faire.

Je comprends bien Jesus : il veut éviter à sa sœur d’avoir des problèmes, et c’est tout à fait honorable. Mais Mariana a l’âge d’être responsable.

Je prends mon sac et descend au rez-de-chaussée. Toujours cet état d’effervescence autour de la table. Quand tout le monde est finalement assis, Stefanie nous interpelle.

STEF : Who who who, où est Brandon ?

L’intéresser ce met à crier depuis la salle de bain.

BRANDON : C’est froid !!
MARIANA : Oups, je suppose qu’il n’y a plus d’eau chaude.



ANCHOR BEACH SCHOOL
- MORNING

Je n’écoute qu’à moitié ce qu’il se passe en cours. Mais je me réveille quand il nous donne les devoirs à faire.

TIMOTHY : Ecrivez sur la culpabilité dans votre journal cette semaine.
CALLIE : Ecrire ? Comme … Avec un stylo, à la main ?
TIMOTHY : Oui, à la main.

Il se retourne vers la classe.

TIMOTHY : Mais ne vous inquiétez pas. Personne ne va le lire. C’est juste pour vous habituez à écrire tous les jours.

Je regarde autour de moi et tombe sur mon voisin de gauche qui me sourit, l’air de rire. Je lui rends son sourire quand la classe sonne : tout le monde se lève pour sortir.

TIMOTHY : Sérieusement, je veux que vous écriviez sur n’importe quoi, ce dont vous avez honte, ou ce dont vous vous sentez coupable. Vous vous sentiez mieux après, promis.


FOSTER’S HOME
- NIGHT

Le soir, après le dîner, Lena nous prend Jude et moi à part, dans le salon. Elle nous explique que Jude doit passer un test d’aptitude afin de rentrer de pouvoir rester à Anchor Beach, sans quoi il devra changer d’école.

JUDE : Donc je ne pourrais pas aller à l’école avec tout le monde ?
LENA : Non chérie, écoute. Tout ce qu’on doit faire, c’est te faire passer le test, et quand tu l’auras réussi, tout rentrera dans l’ordre.
CALLIE : Si il réussit.
LENA : Oui, mais il n’a besoin que de soixante-cinq ou plus et ce sera bon.

Jude ne dit rien, regardant le sol. Moi-même je regarde dans le vide. Jude n’a jamais été un excellent élève : il est motivé, travaille dur, mais en général, les résultats de suivent pas. Lena nous regarde puis s’adresse à Jude.

LENA : Tu peux le faire, hein ?
CALLIE : Ce n’est pas juste.
LENA : Non, ça ne l’ai pas. Mais voilà ce que je propose. Jude, toi et moi, on passe cette semaine à te préparer, pour que tu réussisses à coup sûr. Ça marche ?

Jude hoche la tête. Lena et lui parte donc directement travaillé, tandis que je file dans ma chambre. Je profite que Mariana soit avec Jesus pour jouer de la guitare, encore et toujours les mêmes accords. Je joue un peu plus fort quand Stef et Brandon se dispute, puis ma « colocataire » rentre dans la chambre, prête à aller dormir. Je m’attaque donc à ce que nous devons écrire pour le cours de Timothy, ma lampe de chevet allumer. Mais rien ne vient.

MARIANA : Tu en as pour longtemps ? Je ne peux pas dormir la lumière allumée.

Sans un mot, j’éteins la lumière et me couche, dos à elle. J’ai l’impression qu’elle aussi est en train d’essayer de dormir, jusqu’à ce qu’elle m’interpelle.

MARIANA : Je ne suis pas qu’une garce égoïste.
CALLIE : D’accord.
MARIANA : Je n’ai pas vendu les pilules pour moi. Ce n’est pas comme si j’avais acheté une nouvelle robe.
CALLIE : Alors pourquoi tu l’as fait ?
MARIANA : Pour ma mère biologique.

Je ne réponds pas.

MARIANA : Tu m’as entendue ?

Je me retourne vers elle.

CALLIE : J’écoute.

Mais elle ne dit plus rien ; nous finissons par retourner dormir, sans plus un mot.


ANCHOR BEACH SCHOOL
- MORNING

En début de cours, Timothy passe voir si tout le monde a fait ses devoirs. Mon voisin d’hier ne cesse de me regarder. Le seul moment où il détourne le regard, c’est quand le professeur passer derrière lui.

TIMOTHY : Tu as perdu ton stylo ?

Il passe ensuite au suivant, encore au suivant, puis arrive derrière moi.

TIMOTHY : Je vois que certains d’entre vous attendent l’inspiration. Wyatt et toi, vous viendrez me voir après les cours ce soir. Voyons si on peut faire couler le jus.

Puis le cours reprend normalement. A l’heure du repas, je marche tranquillement dans l’herbe quand je vois Brandon, seul, appuyé contre un arbre presque couché au sol. Pour une fois qu’il n’est pas avec Talya. Je m’approche de lui et m’assois sur le tronc.

CALLIE : Hey.
BRANDON : Salut.
CALLIE : Donc … Tu déménages chez ton père ? Talya me l’as dit, juste avant les cours.

Il hoche la tête.

BRANDON : Ouais.
CALLIE : Ce n’est pas … Ca va sembler stupide, mais ce n’est à cause de Jude et moi ?
BRANDON : Non, non, pas du tout.
CALLIE : Parce que … De ce que je peux dire, tu sembles plutôt heureux à la maison.
BRANDON : Oui …
CALLIE : En dehors de l’eau chaude.

Nous rigolons ensemble.

BRANDON : Je suis heureux. C’est ma maison. C’est là où j’ai grandi.

Je le regarde dans les yeux.

CALLIE : Alors pourquoi tu t’en vas ?

Je le laisse dans ses pensées en part manger. Le reste des cours se passe sans encombre, puis arrive l’heure d’aller voir Timothy.

Il nous assoit chacun à une table et nous laisse là, avec nos carnets et nos stylos, afin que nous écrivions dans notre journal. M’ennuyant ferme, je finis par tapoter la table avec mon stylo, bientôt rejointe par Wyatt qui complète le rythme.

TIMOTHY : Essayez de l’utiliser pour écrire.
CALLIE : Je ne crois pas que ça va marcher. Peut-être qu’on n’est pas des écrivains.
TIMOTHY : Avez-vous entendu parler de Joan Didion ? Non ? Elle est écrivain. Une femme solide. Un peu enquiquineuse. Elle disait qu’écrire était un « acte hostile ». Un moyen d’imposer « sa volonté au monde ». Maintenant, je ne voudrais pas pointer du doigt, mais deux des trois personnes dans cette salle semblent un peu hostiles. Envers moi, du moins.

Beaucoup de blabla, mais il a vu juste. Du moins je crois.

TIMOTHY : Le truck, c’est que cette sorte d’écriture demande un réel courage. Et vous ne donnez pas l’impression d’être des personnes que l’on effraie … Allez ! Une ligne ! Un truck, qui vous trotte dans la tête depuis toujours. Un truck dont vous vous sentez coupable.

Je jette un regard à Wyatt qui regarde son journal.

TIMOTHY : Sortez-le. Couchez-le sur le papier. Et voyez ce qu’il se passe.

J’ouvre mon journal et regarde la feuille blanche devant moi, réfléchissant à ce que je peux écrire. Puis un mot me vient à l’esprit. Un seul.

« Liam. »


FOSTER’S HOME
- AFTERNOON

Allongés dans mon lit, je continue d’écrire dans mon carnet. Je couche les mots sur le papier, un à un, sans penser à les adoucir, ou même ne serais-ce qu’à les choisir. Il me passe par la tête, et les voilà écrit. Cela dure une heure, deux, le temps passe, je ne m’arrête pas. Puis Mariana arrive, me sortant de ma transe. Je ferme mon journal sans même finir ma phrase et le pose sur le côté, au milieu de ma pile de livre. Je me lève et me dirige vers la sortie.

CALLIE : Hum, je vais me chercher à manger. Tu veux quelque chose ?

Elle secoue la tête ; je sors dehors en direction de la salle à manger. Je me prends quelques biscuits et pars les manger dehors, à l’air frais. Je reste plusieurs minutes dehors, pensant à ce que j’ai écrit. Je n’aurais pas dû. J’ai comme un mauvais pressentiment, et je me dis que si j’ai gardé ça pour moi toutes ces années … Et bien peut-être que ces choses n’auraient jamais dû sortir.

Je finis par remonter dans la chambre où je fais le reste de mes devoirs, quand Jude vient nous chercher pour un jeu. Je lui souris et redescend, suivie de Mariana, pendant qu’il va chercher Jesus. Brandon, lui, n’est pas là, c’est sa soirée chez son père.

TALYA : Hey Callie.

Je remarque enfin sa présence dans la maison.

CALLIE : Hey. Alors, vous jouez à un jeu ?
LENA : Oui, nous allons jouer à un jeu.
MARIANA : Tous ensembles ?

Je la regarde en souriant, riant silencieusement.

LENA : Oui, tous ensembles. On avait l’habitude de jouer tout le temps avant, tu te souviens ? On a juste perdu l’habitude, et je pense que maintenant que Callie et Jude sont là, ce serait bien de reprendre la tradition.

Stef arrive.

STEF : Désolée, mais quelqu’un a parlé de Jeu ?

Elle regarde Lena, et je souris encore plus.

STEF : Vraiment ? Tu ferais bien de te préparer à perdre !

Puis elle chuchote à mon oreille.

STEF : Elle perd toujours.

Je rie ouvertement cette fois.

LENA : Tu vois ? Amusant.
STEF : Amusant ! Du fun pour tout le monde !

Mariana et ses mères partent dans le salon pendant que Talya commence à monter les escaliers.

TALYA : C’est tellement amusant. Ca va me manquer de ne plus traîner ici. Tu sais, maintenant que Brandon emménage avec son père.
CALLIE : Hum, tu lui as parlé récemment ? Parce que je ne pense pas que ça va se produire.

Puis je rejoins les autres dans le salon. Nous commençons donc à jouer, choisissant chacun notre pion. Puis lors d’un débat animé à propos d’un pion d’une forme inconnu, Brandon arrive.

BRANDON : Donc … Je crois que je vais emménager avec papa.


FOSTER’S HOME
- NIGHT

Quand Brandon passe devant ma chambre, valise en main, je me dépêche de prendre la guitare et vais le voir.

CALLIE : Tu t’en vas vraiment ?
BRANDON : Euh, oui …

Je lui montre la guitare.

CALLIE : Merci de m’avoir laissée l’utiliser.
BRANDON : Qu’est-ce que tu fais.

Je la lui tends en haussant les épaules.

BRANDON : C’était pas un prêt.

Je le regarde avec de grands yeux.

CALLIE : Vraiment ?
BRANDON : Oui, c’est pour toi.
CALLIE : Je ne sais pas quoi dire.
BRANDON : Tu n’as pas besoin de dire quoi que ce soit, contente-toi juste d’en jouer.

Je lui souris. Il va vraiment me manquer.

CALLIE : Je suppose que tu as décidé d’avoir plus d’eau chaude, hein ?
BRANDON : Ouais ...

Nous ne disons rien pendant plusieurs secondes.

CALLIE : Merci.
BRANDON : Pas de problème.

Je retourne alors dans ma chambre, guitare en main et sourire aux lèvres.

Je m’assois sur mon lit et pose la guitare sur le côté. Il me semblait vraiment qu’il ne partirait pas. Il est heureux ici, et je trouve cela … Bête, de quitter l’endroit qui nous donne le sourire. Je n’ai jamais connu d’endroit comme celui-ci auparavant. Que l’on puisse l’abandonner me paraît impossible.

Mariana entre dans la chambre. Par reflexe, je regarde alors du côté de mes cahiers. Mon journal se trouve à sa place, en haut de la pile de livre. En haut …

Je prends le journal dans les mains, me lève et me place en face de Mariana.

CALLIE : Tu as lu mon journal !
MARIANA : Je ne l’ai pas touché.
CALLIE : Il n’était pas à sa place !
MARIANA : Pourquoi l’aurais-je lu ?

Je hurle à m’en éclater les poumons.

CALLIE : Il a été déplacé ! Personne d’autre n’a pu le faire !

Mariana s’énerve elle aussi.

MARIANA : Je ne l’ai jamais touché !

Lena arrive pour calmer le jeu.

LENA : Arrêtez de crier ! Qu’est-ce qu’il se passe ?
CALLIE : Elle a lu mon journal.
MARIANA : Non ce n’est pas vrai !
CALLIE : En tout cas, quelqu’un l’a lu. Je l’avais laissé juste là, deuxième en partant du bas, et quand je suis revenue, il avait été déplacé.
MARIANA : Eh bien ce n’était pas moi !

Lena souffle un coup.

LENA : Mariana, dis-moi la vérité.
MARIANA : C’est ce que je fais, je ne l’ai jamais touché !

Elle se retourne ensuite vers moi.

LENA : D’accord. Callie, est-il possible qu’il n‘ait pas été déplacé ?
CALLIE : Pourquoi, parce que la parfaire Mariana ne ferait jamais rien de mal ? Peut-être que vous devriez apprendre à mieux connaître votre fille.
LENA : Attends, qu’est-ce que ça veut dire ?

Jude apparait sur le seuil de la porte. Il me regarde, ne comprenant pas ce qu’il se passe.

CALLIE : Vous savez quoi ? Oubliez. Je n’ai jamais parlé de ça. Vous avez probablement raison, c’est sûrement ma faute. J’ai juste oublié, ou autre chose.

Journal en main, je sors de la chambre et entraine Jude avec moi. Nous sortons dehors, à l’air frais. J’en ai bien besoin.

JUDE : Pourquoi tu étais tant en colère ? Pourquoi tu ne peux pas juste mieux t’entendre avec elle ?
CALLIE : Elle a lu mon journal.
JUDE : De quoi as-tu peur ? C’est juste un stupide journal.
CALLIE : Voit par toi-même.

Je lui donne mon journal. Je l’entends le feuilleter pendant que je regarde la route.

JUDE : Tu as écrit sur Liam ?


ANCHOR BEACH SCHOOL
- MORNING

En chemin vers la classe de Timothy, journal en main, je cherche la poubelle la plus proche. Une fois trouvée, j’arrache les pages de mon carnet où j’ai écrit, les déchire en quatre, en huit. Wyatt me rejoint et fait de même, puis il il jette les restes de feuilles à la poubelle.

WYATT : Il a dit qu’il voulait un acte hostile.

Puis il me sourit et pars en me laissant seule.


FOSTER’S HOME
- NIGHT

Tâches ménagères enfin finies, je rentre dans ma chambre et m’assoit sur le lit. Mariana est présente, elle finit ses devoirs. Elle relève la tête en me voyant.

MARIANA : Je n’ai pas lu ton journal.

Je ne dis rien, je ne la regarde même pas. Quelqu’un l’a lu, et qui d’autre qu’elle aurait pu le faire ?

MARIANA : Je sais que tu ne me crois pas, et ce n’est pas grave. Pourquoi tu le devrais ? Je suis juste la dernière fille avec laquelle tu es forcée de partager ta chambre.

Je lui jette un regard, puis relève la tête vers elle.

MARIANA : Je me rappelle ce que c’était, d’être de passage tout le temps. Je ne crois pas m’être sentie en sécurité avant d’arriver ici. Ça a été long avant que j’ai confiance. Donc je comprends. Mais je n’ai pas lu ton journal.

Je ne dis rien, me contentant de feuilleter mon livre. Puis Stef nous appelle du rez-de-chaussée. Je me hate de descendre, suivis des autres enfants ; en bas nous attendez Brandon et ses mère.

STEF : Brandon a décidé …
BRANDON : Je vais rester ici.


Il me regarde.

BRANDON : C’est ici que je suis heureux.
LENA : Donc, nous avons pensé, qu’il était temps de regarder un film, en famille !

Tout le monde montre sa joie. Jude part en premier dans le salon, suivi de Jesus. Mariana part dans la cuisine avec Stef et Lena. Je souris à Brandon et nous partons dans le salon.

Le film est prêt à être lancé. Talya nous a rejointes, il ne reste plus que Lexi, l’ami de Mariana, qui est en retard, ainsi que Stef et Lena qui sont toujours dans la cuisine. Elle finit tout de même par arriver.

BRANDON : Il était temps !
LEXI : Désolée, mes parents ne voulaient pas que je vienne.
BRANDON : Dépêchez, on attend depuis toujours !

Stef et Lena finissent par arrivées, trois grands bols de popcorn en main.

LENA : On faisait du popcorn ! Sauf si, évidemment, vous n’en voulez pas !
STEF : Je pense qu’ils n’en veulent pas, on va les garder pour nous.

Tout le monde proteste en riant, si bien que Stef finis par les faires passer.

STEF : Faites passez. Aller, aller …
CALLIE : Jude ?

Je lui tends notre bol. Il en prend une poignée puis repars sur ses devoirs. Lena le rejoint.

LENA : Sur quoi tu travailles ?
JUDE : Devoir d’anglais. Je dois écrire une histoire, et j’ai besoin d’un nom pour le méchant.
STEF : Tu sais, j’ai arrêté un dealer. Hum, son nom … Vraiment un mauvais gars … Son nom était Freddy. C’est un bon prénom !
LENA : Et pourquoi pas Sanchez ?
STEF : Comme ton patron ? Non, Jude, tu ne peux pas l’utiliser.
LEXI : Ça doit forcément être un homme ou ça peut être une femme ?
TALYA : Et pourquoi pas Liam ?

Je m’arrête de manger, réfléchissant à toute vitesse. Jude me lance un regard perplexe.

STEF : Il y en a un que tu aimes ?

Il hoche la tete.

STEF : Bien ! Lena, retourne sur ton fauteuil, c’est parti ! Pas de bavardages, personne. Silence, j’ai tué pour moins que ça. Parler pendant un film, je vous jure …

Stef lance alors le film.

Mariana n’a rien fait. C’était Talya.




HISTOIRE - CHAPITRE 4

FOSTER’S HOME
– END OF THE AFTERNOON
Affaires déposées dans ma chambre, devoirs finis, je descends enfin dans la cuisine. Tout le monde est présent, même Lexi et Talya. Je m’approche de Jude, qui aide à faire la cuisine, et le regard avec un léger sourire.

STEF : Hey Callie, comment s’est passé ta journée ?
CALLIE : Bien.
MARIANA : Euh, donc, Callie, tu connais mon amie Kelsey ?
CALLIE : Oh, celle qui a mentit en disant que je lui avais vendu de la drogue ?
MARIANA : Ouais, et bien elle est en cure de désintox’.
CALLIE : Je suis désolée de l’apprendre.


Ce qui n’est qu’à moitié vrai.

MARIANA : Donc, veux-tu prendre sa place dans ma suite ?

Je la regarde. Elle veut vraiment que je sois à ses côté lors de sa quinceñera ?

STEF : Je pense que c’est une super bonne idée, Mariana !

Ah, d’accord …

STEF : Tu en penses quoi Callie ?
CALLIE : Euh, bien sûr ! Je crois.
LENA : Super ! On aura juste à se dépêcher et faire ajuster ta robe avant samedi.
CALLIE : Je dois porter une robe ?


Je regarde Jude, qui rit en voyant ma tête.

MARIANA : Et bien, tu n’es obligée de rien faire.
JESUS : Et on va danser une valse.
MARIANA : Ca va être amusant.
JESUS : Comme manger du verre.
STEF : Eh, tais toi.
TALYA : Donc, avec qui Callie va-t-elle danser ?
MARIANA : Brandon.


Oh non, il ne manquait plus que ça. Ce dernier essaye de calmer la jalousie montante de sa copine.

BRANDON : Oui, je veux dire … Tu es mon rendez-vous.

Je les laisse là et sors de la pièce, n’ayant pas très envie de me retrouver entre eux deux.


FOSTER’S HOME
– NIGHT

J’écris n’importe quoi dans mon journal pendant que Lexi et Mariana parle de la quinceñera. Visiblement, il y a un problème de chaussure, mais j’avoue ne pas trop comprendre de quoi il encourt. Une fois que Lexi est partit, je me redresse dans mon lit.

CALLIE : je sais que tes mères t’ont demandé de me demander d’être dans ta fête. Alors je peux leur dire que je ne veux pas le faire.
MARIANA : Je ne sais pas. Peu importe. Si tu ne veux pas …
CALLIE : Non, ce n’est pas que je ne veux pas. C’est si tu ne veux pas.
MARIANA : Je m’en fiche. Tu sais, tu n’es pas obligée …
CALLIE : Je sais que je ne suis pas obligée.
MARIANA : Donc c’est à toi de décider.
CALLIE : D’accord. Et bien, alors, ouais. Mais je ne sais pas comment valser.
MARIANA : Moi non plus. Une amie de nos mères nous apprend.
CALLIE : Cool.
MARIANA : Cool.


Mon dieu, une robe, valser … J’aurais préféré qu’elle dise non. Je reste dans mon lit sans rien dire puis, quand Lexi sors de la salle de bain, je m’y engouffre avant de perdre ma place.


ANCHOR BEACH SCHOOL
– END OF THE MORNING

Assises sur un banc dans le bâtiment, je mange mon déjeuner. Je regarde les élèves passés les uns après les autres quand je remarque Wyatt, qui descend les escaliers. Il me voit lui aussi et vient s’assoir à côté de moi.

WYATT : C’est un bien triste déjeuner, mais ça bat la nourriture de la prison, j’imagine.
CALLIE : Sérieux ? C’est ça ta phrase d’ouverture ?
WYATT : J’allais t’interroger sur ton casier, mais j’ai pensé que c’était mal poli.


Je le regarde.

WYATT : C’est là que tu es supposé rire, et tu réalises que nous sommes tous les deux des marginaux que personne ne peut comprendre. Et puis après, tu as mon nom tatoué sur ton cou, jusqu’à ce que tu te rendes compte que c’était une terrible erreur, et tu n’auras plus qu’à le transformer en un serpent mordant ton lobe d’oreille.

Je continue de le regarder sans comprendre.

CALLIE : Qu’est-ce que tu me veux ?
WYATT : Tout ce que veulent les garçons. Une conversation stimulante.


Je me tais.

WYATT : Et du sexe, mais c’est probablement exclu, hein ?

Cette fois, je me mets à rire.

WYATT : Regardez-moi ce sourire. Donc, écoute. Quelques-uns d’entre nous vont traîner à la plage, vers la jetée, samedi soir. Tu devrais venir.
CALLIE : Je ne peux pas, j’ai déjà un truck.
WYATT : Quel genre de truck ?
CALLIE : Le genre où tu vas te marrer si je te le dis.


Il se lève.

WYATT : Quand ton truck deviendra ennuyeux … Tu sauras où me trouver.

Je le regarde partir, étonnée et amusée.


DANCE’S CLASS
– END OF THE AFTERNOON

TEACHER : Ne soit pas timide, pose ta main droite sur la taille de partenaire.

Brandon s’exécute, sans grande conviction. Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi mal à l’aise de toute ma vie.

TEACHER : Et légèrement autour du bas de son dos. Voilà. Lève ta main, paume vers le ciel. Callie, met ta main dans la sienne.

Je fais ce qu’elle me dit.

TEACHER : L’autre main sur son épaule. Et un peu plus proche.

Nous nous rapprochons l’un de l’autre. Je n’ose toujours pas le regarder dans les yeux, sentant le regard de Talya qui ne me quitte pas.

TEACHER : Bien, maintenez la position. Avec un cavalier, la clé est la connexion. Donc, Brandon et Callie, regardez-vous dans les yeux. Respirez. Connectez-vous.

Nous nous regardons dans les yeux pendant que notre professeur fait la même chose avec Mariana et Jesus, ainsi qu’avec Lexi et son cavalier Sam. Nous gardons la position pendant plusieurs minutes, le temps que les autres se mettent en place, connectés. Mais je finis par détourner le regard.


FOSTER’S HOME
– NIGHT

STEF : Tout le monde, Gram est là !

Je ferme mon livre et regarde en direction de l’entrée, sans la voire. Jude relève la tête, arrêtant ses devoirs. Je lui fais ranger son cahier puis nous rejoignons les autres dans l’entrée.

Une dame est présente, et elle vient nous voir avec un grand sourire. La mère de Lena, si j’ai bien tout compris ;

DANA : Tu dois être Callie !

J’hoche la tête en lui serrant la main ;

DANA : Et tu dois être Jude !

Il fait de même.

DANA : C’est un plaisir de vous rencontrer tous les deux. Tout le monde dans cette maison m’appelle Gram.

Elle nous prend par les épaules et nous emmènes dans le salon.

DANA : Devinez quoi, j’ai de fabuleux cadeaux …



FOSTER’S HOME
– AFTERNOON

Stef sonne le rassemblement. Je me regarde, dans ma robe rose bonbon, très mal à l’aise. Malheureusement, ce qui est fait est fait, et comme j’ai accepté, je vais devoir me montrer avec. Je sors de la chambre et descend les escaliers, espérant que par un quelconque miracle, personne ne remarquera ma robe. Elle est jolie, vraiment. Mais moi et les robes, ça fait deux.

Brandon est le premier à me voir ; il me regarde sans rien dire.

CALLIE : Euh, tu as besoin d’aide ?
BRANDON : Pardon ?


Je lui montre le carton qu’il tient dans les mains.

BRANDON : Oh, euh, non … C’est bon …

Il me regarde à nouveau.

BRANDON : Tu es … Belle.

C’est à ce moment que Talya arrive.

TALYA : Hey.
BRANDON : Hey.
TALYA : Regarde-toi, canon.


Encore un fois, elle se sent obligée de me montrer qu’il est à elle.

BRANDON : Hum, je devrais … Le mettre dans la voiture.

Il nous laisse seule.

TALYA : Tu es jolie.
CALLIE : Toi aussi.
TALYA : C’est vraiment gentil de la part de Mariana de te demander d’être dans sa suite. Etant donné que, tu sais. C’est une solution temporaire.


Elle commence vraiment à m’énerver. Non, son petit copain ne m’intéresse pas, non, je ne vais pas le lui piquer. Malheureusement, elle n’a pas l’air de le comprendre. En ayant vraiment marre, je décide de rentrer dans son jeu.

CALLIE : Bien, tu ne sais pas. Je veux dire, ils vont peut-être décider de nous garder.
TALYA : Peut-être. A moins que …
CALLIE : Quoi ?
TALYA : Qu’ils savent quelque chose.
CALLIE : Quelque chose ?
TALYA : Comme ce qu’il s’est passé avec Liam.


Sans réfléchir, je m’enfonce un peu plus dans son petit manège.

CALLIE : C’est une habitude de lire le journal intime des autres ?
TALYA : Juste ceux des gens à qui ne ne fais pas confiance.


Jude arrive, et Talya s’éclipse.

TALYA : Je vais aider Brandon.

Une fois qu’elle est partit, Jude s’approche. Je reste dos à lui, afin de ne pas lui montrer que je suis au bord des larmes.

JUDE : Qu’est-ce qu’il se passe ?
CALLIE : Rien, laisse tomber.



BALLROOM
– AFTERNOON

Assise dans les « coulisses », je regarde Lexi et Mariana s’extasier devant la robe de cette dernière. J’essaye de mon côté de faire retomber la pression ; j’ai peur de faire un faux pas, de tomber, ou de tout simplement me retrouver seule avec Talya. J’ai l’impression qu’elle veut m’arracher la tête. Mariana fait pars des mêmes peurs que moi – excepté celle qui concerne Talya – mais les oublies bien vite quand Lexi lui offre un cadeau : un montage de pleins de photos, depuis leur rencontre jusqu’à aujourd’hui.

MARIANA : Où as-tu eu cette photo ?
LEXI : Tes mères.
MARIANA : J’adorais cette robe !


Lexi se retourne vers moi.

LEXI : Elle était nouvelle dans notre école, et elle a porté cette robe de princesse tous les jours pendant un mois.
MARIANA : J’adorais Belle.
LEXI : Et un jour, elle est tombée dans la cour de récréation et elle l’a déchirée. Elle a éclaté en sanglots, sans oublier de mentionner le fait que ces genoux étaient en sang.
MARIANA : C’était humiliant. Tout le monde c’est moqué de moi, sauf Lexi. Elle m’a aidée et emmenée chez l’infirmière.


Elles finissent par complètement oublier que je suis là.

MARIANA : Tu étais ma première amie.
LEXI : Et la meilleure.
MARIANA : Merci. Je t’aime.
LEXI : Moi aussi.


Elles se prennent dans les bras comme deux sœurs qu’on aurait séparé à leurs naissance. Lena vient me sauver de cette espèce de série à l’eau de rose plus vrai que nature.

LENA : Je peux vous interrompre ?

Lexi sort pour rassembler tout le monde, et j’en profite pour sortir de la pièce. J’ai l’impression d’étouffer. Je reste dans le hall, sans chercher à parler à qui que ce soit. Puis Stef vient nous apporter les bouquets qui seront sur nos poignets. Mariana arrive, l’air triste et énervée, et mon impression se confirme quand elle se dispute avec Lexi. Quelques minutes auparavant, elles se serraient dans les bras. Personne ne comprend ; Stef finit pas change de sujet.

STEF : Okay tout le monde, mettez-vous par couple. Le DJ va annoncer la suite, puis Mariana et Jesus vous ferez votre grande entrée. Vous êtes tous magnifiques, très beaux, superbes. Bonne chance. Allez Talya.

Stef pars, suivie de Talya et Lena. Quand Brandon vient vers moi, je me retourne vers Sam et le prend par le bras.

SAM : Qu’est-ce que tu fais ?
CALLIE : Je pense que nous devrions échanger.


Je compte bien montrer à Talya qu’elle n’a rien à craindre, comme ça je pourrais sûrement avoir la paix, et comme ça elle ne racontera rien à qui que ce soit en ce qui concerne le journal.

CALLIE : Hum, Sam est trop grand pour Lexi.

La musique commence et nous entrons en scène. La fête est magnifique, et même si j’ai le sourire difficile, je ne peux m’empêcher d’apprécier. Puis Mariana rentre au bras de son frère, plus belle que jamais. Elle a l’air d’avoir oublié sa dispute, profitant du moment, mais cela ne dure pas bien longtemps.

Puis Mike, le père de Brandon, s’approche pour danser la traditionnelle dance père-fille. Quand ils commencent à danser, Brandon en profite pour me questionner.

BRANDON : Hey, c’était quoi ça ? Est-ce que j’ai fait quelque chose ?
CALLIE : Tu devrais dire à ta petite amie de se calmer.
BRANDON : Pourquoi, qu’est-ce qu’elle a fait ?


J’hésite à lui parler du journal.

CALLIE : Elle pense qu’il y a un truck entre nous.
BRANDON : Quoi, elle a dit ça ?
CALLIE : Tu peux … Tu peux juste lui dire qu’elle n’a pas à s’inquiéter ? S’il te plaît ?


Il tourne son regard vers Talya, qui nous observe depuis le début. La suite de la dance se passe sans encombre, tout le monde est ravi. Puis c’est à nous de dancer.

BRANDON : Très bien, tu danses avec moi. Viens.

Je n’ai pas le temps de protester que je suis déjà face à lui, en plein milieu de la piste de dance. Je me concentre sur la dance, afin de ne pas faire de faux pas. Dancer à l’air facile, mais franchement, ça ne l’ai pas du tout. Je prends petit à petit de l’assurance et finit par pouvoir me concentrer sur deux choses en même temps.

CALLIE : Oublie ce que j’ai dit à propos de Talya, je suis désolée.

Après tout, ce n’est pas à moi de lui dire quoi faire. Et moi il cherchera à en savoir, moins il aura de chance … Et bien de savoir.

BRANDON : Tu n’as pas à être désolée.

Nous nous taisons quand le moment de la valse arrive, puis, enfin, la dance se termine. Tout le monde monte sur la piste de dance, et je me retrouve coincé face à Brandon. Talya arrive ; je m’éclipse vers Jude assis à table.

Nous restons assis ensemble pendant un petit moment, regardant les autres danser, puis nous nous dirigeons vers le buffet. Jude attrape a cupcake pendant que j’aperçois Lexi et Jesus ensemble. Je les observe, puis rattrape Jude qui repart vers la table.

CALLIE : C’est quoi ça ?
JUDE : Il y a un truck entre eux.
CALLIE : Comment tu le sais ?
JUDE : J’observe.


Je lui souris, étonnée.

JUDE : Ils ne vont pas nous garder, tu sais.
CALLIE : De quoi tu parles ?
JUDE : Brandon.


Je m’arrête et le fait se retourner. Je n’ai pas l’intention de faire en sorte que l’histoire se répète.

CALLIE : Jude, je ne suis pas stupide, d’accord ?
JUDE : Mais des fois tu fais des choses stupides.


Je ne dis rien. Qu’est-ce que je pourrais dire, il a raison.

Une jeune fille arrive derrière lui et lui demande s’il veut danser. Jude me regarde sans savoir que faire. Je lui prends son cupcake des mains.

CALLIE : Vas-y !


Je le regarde ensuite partir avec fierté. Je me rassois sur ma chaise, pose le cupcake sur la table et prend un vers d’eau. Je regarde autour de moi, puis vois Brandon qui revient. Et qui avance vers moi. Mais le DJ demande à tout le monde de retourner s’assoir, alors il ne dit rien.

Mariana reste sur la piste ; Stef et Lena sont appelées à la rejoindre.

DJ : Mariana, tes mamans ont quelque chose à te dire.
STEF : D’abord, Jesus, veut-tu rejoindre ta sœur ?


Jesus se place à côté d’elle.

STEF : Tout d’abord, nous voulons remercier tous nos amis et notre famille pour être venu se joindre à nous et célébrer ce très, très spécial anniversaire aujourd’hui. Merci.

Tout le monde applaudie, tout le monde s’applaudie.

STEF : Nos bébés ont quinze ans ! Vous y croyez ? Donc, à nos très chers Jesus et Mariana. Vous avez apporté tellement de joie et d’amour à vos mamans, et aussi dans la vie de votre frère Brandon. Il nous a supplié et supplié pour avoir un frère ou une sœur, et il en a eu deux d’un seul coup.

Je suis heureuse pour eux, mais je me sens bien seule pendant ce discours. C’est la vie rêvé. Une vie que je n’aurais jamais, et que je ne pourrais jamais offrir à Jude.

Stef se retourne vers Mariana.

STEF : On t’aime tellement, est une photo est mieux que des milliers de mots. Je vais me taire, et on va regarder ça.

Un écran descend du plafond, le projecteur s’allume et les images défilent. Je ne peux m’empêcher de prendre Jude dans mes bras, le serrant fort. Il est dans le même était d’esprit que moi ; j’essaye de le réconforter. Quand la projection s’arrête, tout le monde applaudis à en avoir mal au main, les Foster en premier.

LENA : Et, Jesus, juste pour que tu ne penses pas qu’on t’a oublié … Happy Birthday !

Stef lui tend un tout nouveau skate.

STEF : Et pas dans la maison, jeune homme.

Le DJ reprend le micro pendant que tout le monde se sert dans les bras.

DJ : Maintenant, puis-je avoir le reste de la famille, ici, pour une photo ?

Brandon et Dana se lève pour aller les rejoindre. Stef nous fait un signe de la main.

STEF : Callie et Jude, venez !

Je me lève en souriant et monte sur scène aux côté de la famille. Je souris en voyant le gâteau arrivé, puis souris de plus belle quand je vois Jude heureux.

Pendant que le photographe prend les photos, je remarque que Talya est absente. Je m’adresse discrètement à Brandon, posté à côté de moi.

CALLIE : Qu’est-il arrivé à Talya ?
BRANDON : Elle est partie.
CALLIE : Tu vas bien ?
BRANDON : Non.


Et malgré son sourire, je me sens mal. Une fois la séance photo terminée, il m’emmène dehors.

BRANDON : J’ai rompu avec Talya.
CALLIE : A cause de moi.
BRANDON : Non, non, je … Je veux dire, je suis sûr que c’est ce qu’elle pense, mais ce n’est pas ça. Nous avons rompus car elle faisait des choses stupides. Comme lire ton journal.


Je retiens mes larmes.

CALLIE : Elle te l’a dit.
BRANDON : Elle ne m’a pas dit ce que ça disait. Et je n’ai pas envie de le savoir. Callie, je sais déjà tout ce que j’ai besoin de savoir sur toi.


Si seulement il avait raison. Je pars sans me retourner. Il m’appelle, mais je ne me retourne pas ; je descends les escaliers et longe la plage sans m’arrêtez pendant plusieurs minutes. Je finis par enlever mes chaussures, descendant sur le sable. Je m’appuis contre l’échelle qui m’a servie à descendre et reste là, sans rien faire, sans penser. Puis je me rappelle de ce que m’a dit Wyatt … Et je me rends compte que l’endroit indiqué n’est pas très loin. Je marche alors pendant encore deux ou trois minutes, puis les vois. Wyatt se retourne et me voit à son tour. Il sourit en regardant ma robe rose bonbon.

WYATT : Ais-je dit qu’on devait être bien habillé ?
CALLIE : J’assume.
WYATT : Tu sembles débile dans cette robe.
CALLIE : Merci.
WYATT : Je t’en prie. Tu veux une bière ?


Je refuse poliment et m’assois avec ses amis. Ça fait du bien, quelqu’un qui ne prend pas tout au premier degré.


Dernière édition par Callie Jacob le Lun 21 Oct - 23:21, édité 5 fois
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HISTOIRE - CHAPITRE 5

FOSTER’S HOME
– AFTERNOON

Encore une fois, je me retrouve entouré de gens que je ne connais pas. Mais aujourd’hui, ça me va. Stef et Lena ont organisé une sorte de … Réunion, où elles ont invités leurs amis. Ils sont sympathiques. Ce que je ne comprends pas, c’est comment je me suis retrouvée à mettre les serviettes sur la table, et surtout à les enrouler pour ensuite les dérouler ….

BRANDON : Tu t’amuses ?
CALLIE : C’est une fête un peu bizarre.
BRANDON : Ouais, mes mères ont plein d’amis bizarres.
CALLIE : Tout le monde est gentil.


Wyatt entre dans le salon.

WYATT : Hey !

Brandon se penche vers moi.

BRANDON : Qu’est-ce qu’il fait là ?

Oh non, il ne va pas s’y mettre …

CALLIE : Je l’ai invité.

Je laisse Brandon à sa jalousie et part voir Wyatt.

WYATT : Wahou, c’est le feu ici.

Ce dernier remarque la tête que fait Brandon.

WYATT : Détends-toi mec, je plaisante.
BRANDON : Je sais. Juste, ne m’appelle pas mec.



FOSTER’S HOME
– NIGHT

Wyatt et moi avons passés le reste de la soirée ensemble, à parler de tout et n’importe quoi. Nous avons fait la connaissance de nombreuses personnes, tous un peu étrange mais plus gentilles les unes que les autres. Puis au final, quand tout le monde fut partie, et comme j’étais de corvée de vaisselle, Wyatt est venu m’aider.

Quand il met un énième plat lavé et essuyer sur la table, Lena le prend pour le montrer aux autres.

LENA : Oh, regarde, ça c’est un plat sec !
JESUS : Et ça, c’est moi qui m’en fous.
STEF : Surveille ton langage, jeune homme.
JESUS : Quoi ? si vous aimez tant ce qu’il fait, il peut revenir tous les soirs et le faire.


Je regarde Wyatt en souriant, me retenant de rire ouvertement. Bien qu’il n’ait pas vraiment l’air d’avoir envie de revenir ici tous les soirs pour faire la vaisselle, il sourit aussi.

LENA : Donc, Jenna m’a dit que Garrett faisait du slam.
STEF : Ah oui ?
LENA : Oui. Je pensais, peut-être que nous pourrions tous y aller s’il le faisait dans le coin. Ce serait une pause sympa entre le volley et la télé … On pourrait même apprendre quelque chose.
MARIANA : J’en suis.
JESUS : Oh, apprendre, cool !
JUDE : J’irai.


Je souris en l’entendant. Lena s’adresse ensuite à moi.

LENA : C’est pas ton truck ?
CALLIE : Non, non, juste … Oui, ce n’est pas mon truck.
LENA : Bien, c’est ton choix, mais on aurait aimé que tu te joignes à nous.
CALLIE : Si c’est d’accord, je pense que je n’irai pas.


Je fais un signe de la tête à Wyatt comme quoi nous pourrions peut-être aller dehors.

WYATT : La vaisselle est fini, je dois rentrer chez moi. Merci à tous, c’était sympa.
LENA : Merci de nous avoir aidés.
STEF : Contente de t’avoir rencontré, Wyatt.
WYATT : Avec plaisir.


Jude se lève pour lui serrer la main.

JUDE : Ravi de t’avoir rencontré, Wyatt.
WYATT : Toi aussi mon grand.


J’ébouriffe les cheveux de Jude en passant devant lui puis raccompagne Wyatt jusqu’à la porte.

CALLIE : Bon …
WYATT : Bonne nuit.
CALLIE : Bonne nuit.


Je le laisse sortir puis referme la porte avec un grand sourire aux lèvres. Je pars ensuite vers ma chambre, quand Brandon m’interpelle.

BRANDON : Hey, qu’est-ce que tu fais avec ce mec ?
CALLIE : Ce mes, est la seule personne que j’ai rencontrée à l’école qui n’est pas complètement effrayé par moi.
BRANDON : Fais juste attention avec lui.
CALLIE : Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ?
BRANDON : Il sortait avec Talya.
CALLIE : Et ?
BRANDON : Ce n’est pas ça, je veux dire … Il était vraiment à fond sur elle pendant un moment, et il l’a convaincu de coucher avec lui.
CALLIE : Oui, et ?
BRANDON : Et après, il l’a quitté. Le jour suivant. Fais-moi confiance, ce n’est pas quelqu’un de bien.


Il part de son côté, et je monte dans ma chambre. Soit il dit ça parce qu’il est jaloux … Soit il dit ça parce que c’est vrai.


FOSTER’S HOME
– MORNING

Je rentre dans ma chambre après mon passage dans la salle de bain. Assise sur son lit, Mariana est en train de mettre du vernis à ongle bleu sur ceux de Jude. Je prends mon sac sans rien dire puis m’arrête juste avant de partir.

CALLIE : Euh, ne porte pas ça à l’école, d’accord Jude ?

Une fois prête, je décide de partir en avance à l’école. Je fais le chemin le plus rapidement possible et, comme prévu, je trouve Wyatt au casier. Si je veux savoir, autant aller droit au but.

CALLIE : Qu’est-ce qu’il s’est passé entre Talya et toi ?

Il se retourne vers moi.

WYATT : Ma nuit était bien. Et oui, c’est un nouveau t-shirt, merci de l’avoir remarqué. Il fait ressortir mes yeux.
CALLIE : Tous n’est pas une blague.
WYATT : Waouh, tu es directe. C’est Brandon hein ? Il t’a dit ça ?


Je ne réponds pas, attendant qu’il continue.

WYATT : Talya et moi, on sortait ensemble, elle semblait se détendre, je l’aimais bien, et nous avons couché ensemble.
CALLIE : Et c’est censé te faire quoi ? Te faire sentir comme un vrai homme ?
WYATT : Tu veux savoir ce qu’il s’est passé, alors je vais te raconter l’histoire entière. Aussitôt qu’on l’a fait, elle a changé. Elle est devenue bizarre, et elle contrôlait tout. Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, ce n’est pas vraiment mon truck. Donc après quelques semaines, je lui ai dit que je la quittais.
CALLIE : Donc tu n’as pas rompu avec elle le jour d’après ?
WYATT : Non. Tout le monde pense que c’est une fille sympa. Elle est en quelque sorte folle.


Je n’arrive pas à croire que j’ai cru à ces histoires …

CALLIE : Ah … Désolée.
WYATT : Excuse pas acceptée.


Il commence à s’en aller.

CALLIE : Quoi ?
WYATT : Si tu penses que tu peux me critiquer …
CALLIE : Ce n’était pas une critique.
WYATT : … Et dire que tu es désolée, et que tout ira bien, non. Je ne suis pas un punchingball qui prend des coups et revient en redemander. Tu vas avoir à faire à moi. Demain soir.
CALLIE : Et faire quoi ?
WYATT : Je ne sais pas encore.
CALLIE : Je devrais demander à Lena et Stef.
WYATT : Elles seront d’accord.
CALLIE : Donc tu es confiant.
WYATT : Je ne suis pas resté faire leur vaisselle juste parce que j’aime nettoyer après les gens. A demain.


Il rentre dans sa classe, et je me rends compte que si depuis tout à l’heure, je n’arrête pas de sourire, ce n’est pas maintenant que je vais pouvoir arrêter.


FOSTER’S HOME
– NIGHT

Allongée dans mon lit, j’écoute, depuis plusieurs minutes, Mariana qui se plein de son rendez-vous.

MARIANA : Je suis sérieuse, c’est comme s’il ne savait même pas que c’était un rendez-vous.
CALLIE : Peut-être qu’il ne savait pas. Pourquoi ça t’atteint de toute façon.
MARIANA : Et bien, on n’est pas tous aussi chanceux que toi. Tu viens juste d’arriver, tu n’essaies même pas, et tu as déjà un petit ami.
CALLIE : Attend : Wyatt, pas un petit ami.
MARIANA : Il en a l’air pourtant.
CALLIE : Ecoute, si Garrett veut sortir avec une espèce de fille poète, alors laisse-le. En plus, tu veux vraiment sortir avec un garçon qui a des pantalons plus serrés que les tiens ?


Elle ne peut pas s’empêcher de rire.

MARIANA : Ils étaient serrés, hein ?


FOSTER’S HOME
– AFTERNOON

Prête pour mon rendez-vous avec Wyatt, je mets ma veste avant de sortir dehors quand je tombe sur Jude et Lena en pleine conversation.

CALLIE : Qu’est-ce qu’il se passe ?
LENA : Jude a passé une mauvaise journée, hier. Certains enfants l’ont malmené.
CALLIE : Qu’est-il arrivé ? Tu vas bien ?
LENA : Il va bien ! Mais quelques enfant ont remarqué son vernis à ongles, et  …
CALLIE : Je t’avais dit de ne pas aller à l’école avec ça Jude. Va l’enlever !
JUDE : Arrête de me dire quoi faire !


Il se lève et disparaît dans la cuisine. Je respire un bon coup.

LENA : Callie, Jude est un enfant à part.
CALLIE : J’apprécie ce que tu essaies de faire, Lena, mais ce qui le rend spécial lui cause des ennuis.


Je ne peux m’empêcher de penser à notre ancienne famille d’accueil. Si Jude n’avait pas été … Jude, et bien peut-être que les choses ce serait passées différemment. Peut-être qu’elle aurait empirée, mais peut-être qu’on aurait été adopté par une autre famille, et du coup, j’aurais pu le laisser être lui-même sans crainte.

LENA : Et bien, il est en sécurité dans cette maison.
CALLIE : Je sais, et merci pour ça, vraiment. Mais on ne va pas rester ici. Je ne veux pas qu’il pense que le monde est comme ça, et puis qu’on déménage, et qu’il souffre encore plus quand il se rendra compte que ce n’est pas le cas.


On toque à la porte. Je ne bouge pas, mais Lena finit pas me faire un signe de la main comme quoi je dois aller ouvrir. Je me lève et ouvre la porte, tombant sur mon rendez-vous de ce soir.

WYATT : Bonjour !
LENA : Salut, Wyatt !


Je commence à partir.

LENA : Attends, avant de partir. Il appartenait à Stef, mais on veut que tu l’aie maintenant. Tu fais partie de la famille.
CALLIE : Merci.
LENA : Donc, vingt-deux heures, pas une seconde de plus ! Compris ?
WYATT : Compris.
LENA : Contente de l’entendre, mais ce n’est pas à toi que je parlais.
CALLIE : Compris.



UNKNOWN’S HOUSE
– AFTERNOON

Wyatt prend un galet dans le pot de fleur et en sort une clé, qui lui sert à rentrer dans la maison. Je le suis sans me poser de  question, ou presque.

CALLIE : Quand saurais-je ce qu’on fait ici ?
WYATT : Attends un peu.


Il me prend la main t m’entraine un peu plus loin dans la maison.

WYATT : Viens.

Sur le chemin, je regarde par la fenêtre.

CALLIE : Tu as une maison sur la plage ?
WYATT : Mes parents. Mais ils ne viennent jamais.


Je l’arrête en riant.

CALLIE : Qu’est-ce qu’on fait là ?
WYATT : tu es au courant pour la pluie d’étoiles filantes ce soir ?
CALLIE : Oui, et ?


Il m’ouvre la porte vers la terrasse.

WYATT : Des places au premier rang. Viens.

Je rie de plus belle.

WYATT : Viens, le soleil est sur le point de se coucher.


UNKNOWN’S HOUSE
– NIGHT

Allongée sur la chaise longue, je regarde le ciel. A côté de moi, Wyatt fait de même.

CALLIE : C’est magnifique.
WYATT : Tu parles de ces nuages épais qui nous empêche de voir quoi que ce soit, ou de cet avion bruyant qui ne cesse de tourner dans le coin ?


Je ris un bon coup.

CALLIE : Au moins tu as essayé.
WYATT : j’ai essayé.
CALLIE : Vaillant effort.


Il me regarde puis semble se retenir de dire quelques choses.

WYATT : Tu as une crotte dans l’œil.

Je porte ma main à mon œil.

CALLIE : God … Sérieusement ?
WYATT : Non, je l’ai inventé pour que tu te sentes bien.


J’essaye de l’enlever.

WYATT : De l’autre côté. … C’est toujours là tu l’as juste déplacé.

Je reporte ma main à mon œil.

WYATT : Je m’en occupe, je m’en occupe.

Il porte sa main à mon visage. Nous nous regardons dans les yeux, sans bouger, puis il m’attire vers lui pour m’embrasser.

Je ne le repousse pas, au contraire. Seulement, à peine quelques secondes se passent avant qu’une porte en claque. Les lumières s’allument derrière nous ; je me retourne dans un sursaut.

CALLIE : Je croyais que tes parents de venaient jamais.
WYATT : Ouais, ce n’est pas ma maison. On doit y aller.


Il m’attrape la main et me tire vers la sortie. Je le suis à toute vitesse ; nous sortons de la maison en courant et, entendant les sirènes de la police qui se rapproche déjà, nous nous cachons derrière une poubelle.

CALLIE : C’est quoi ce bordel !
WYATT : J’ai travaillé dans cette maison l’été dernier. Je croyais vraiment qu’ils ne venaient que le week-end.
CALLIE : Tu te fous de moi ? Je suis en probation ! Tu sais ce qu’il pourrait m’arriver s’ils nous attrapent ?
WYATT : Je suis désolé. J’essayais juste de t’impressionner.
CALLIE : Bien ! Félicitations ! Je suis épatée par ton manque de considération pour quelqu’un d’autre que toi.


Je sors mon portable de ma poche et regarde l’heure.

CALLIE : Je dois être rentrée à ma maison dans une demi-heure.

Il me regarde en riant.

WYATT : Bonne chance pour passer le barrage de police et récupérer ma voiture.

Je le regarde, énervée.

WYATT : C’est trop tôt ?

Je ne lui réponds pas, me contentant de regarder les contacts enregistrés dans le téléphone. J’y trouve le numéro de Brandon et l’appelle.

Dix minutes plus tard, je suis toujours en train d’attendre à côté de la poubelle, assise sur le trottoir. Je n’essaye même pas  de discuter, scrutant les alentours à la recherche d’une voiture.

WYATT : C’est l’une de ces choses qui nous feront rire demain.
CALLIE : C’est peu probable.


Brandon fini par arriver. Je monte dans la voiture et m’attache en vitesse.

CALLIE : Merci d’être venu.
BRANDON : Pas de problème.
WYATT : Merci pour le sauvetage, mon pote.
BRANDON : Je ne suis pas ton pote.


Après avoir déposé Wyatt quelques rues plus loin, nous arrivons à la maison. Brandon fonce vers la porte, sans un mot.

CALLIE : Eh, j’ai dit que j’étais désolée.
BRANDON : Et j’ai dit que c’était pas grave.
CALLIE : Pourquoi tu es si en colère ?
BRANDON : Tu dois vraiment demander ? Je viens de te récupérer après un rendez-vous avec Wyatt.
CALLIE : Pourquoi détestes-tu autant Wyatt ?
BRANDON : Ce n’est pas seulement à cause de Wyatt. D’accord ? Je ne veux pas que tu sortes avec Wyatt parce que je ne veux pas que tu sortes avec qui que ce soit.


Je le regarde dans les yeux, espérant que ce soit une blague. Mais il ne dit rien, et je comprends que oui, j’avais raison, oui, il est jaloux.

CALLIE : Je ne peux pas. Je ne peux pas faire ça.
BRANDON : Et bien dommage.
CALLIE : Non, rien que d’avoir cette conversation pourrait nous faire virer de la maison Jude et moi.
BRANDON : Ca n’arrivera jamais.
CALLIE : Tu ne sais pas ça ! Il y a deux ans, Jude et moi étions dans une très bonne famille d’accueil, la meilleure avant de venir ici. Et ils avaient un fils. Et il était vraiment gentil avec moi, donc on a commencé à sortir ensemble. Ensuite, les parents l’ont découvert, et il leur a dit que c’était de ma faute. Que j’étais allé vers lui. Et le jour suivant, ils nous ont renvoyé Jude et moi. Et les parents ont dit un excuse aux services sociaux, parce qu’ils ne voulaient pas admettre que leur fils avait une relation avec la sale gosse du système. Donc, oui, Brandon, ça peut arriver …. Parce que c’est déjà arrivé.
BRANDON : Je ne suis pas comme lui. Je ne ferais jamais ça.


Je le regarde.

CALLIE : Ça n’a pas d’importance. Ça finit toujours de la même façon.

Je rentre dans la maison et cours me réfugier dans ma chambre.


ANCHOR BEACH SCHOOL
– END OF THE MORNING

Je suis en train de ranger mes affaires dans mon casier quand Wyatt arrive derrière moi.

WYATT : Admets-le, tu veux que je m’excuse.
CALLIE : Non, parce que ça n’a pas d’importance.
WYATT : Non, tu veux que je m’excuse pour que tu puisses me pardonner, et tout pourra redevenir normal parce que tu m’aime bien.
CALLIE : Donc, je t’aime bien car tu es imprudent et prétentieux ? Intéressant.


Je ferme mon casier et pars en direction des tables pour manger.

WYATT : Tu n’es pas une aussi bonne menteuse que tu le penses. Ecoute, j’ai fait beaucoup de choses stupides dans ma vie, et je n’ai rien regretté de tout ça, jusqu’à hier soir. Je n’aurais pas dû faire ce que j’ai fait. Je le regrette, et je suis désolé.

Je ne lui réponds pas, regardant dans le vide. Tout ça, ce n’est que des mots.

WYATT : Donc, combien de temps vas-tu me laisser attendre ici ?

Je lui souris. Comment se fait-il qui arrive toujours à me faire rire ?

WYATT : Tout est bon ?

Je détourne le regard et vois Brandon, à l’autre bout du couloir.

WYATT : Allez, ce n’est pas comme si je te demandais en mariage. Domme moi juste une autre chance, d’accord ?

Je le regarde dans les yeux en souriant ; il en profite pour se pencher vers moi, m’embrassant à nouveau. Quand il se redresse, je regarde Brandon, mais celui-ci n’est plus là. C’est mieux comme ça.

WYATT : Ça va ? Ces lèvres ont besoin de temps, je sais.

Je ris.

CALLIE : Je vais bien.

Je pars en direction de l’extérieur, lui attrapant le bras afin qu’il m’accompagne, heureuse.


FOSTER’S HOME
– AFTERNOON

De retour à la maison, je tombe sur Jude qui se prépare son goûter. Je passe à côté de lui, à la recherche de quelque chose à boire.

CALLIE : Hey.

Il me tend son sandwich au beurre de cacahuètes.

JUDE : Tu en veux la moitié ? Leur beurre de cacahuètes est bizarre et huileux, mais c’est quand même bon si tu rajoutes du sucre.

Je remarque alors son vernis à ongle.

CALLIE : Pourquoi tu portes toujours ça ?
JUDE : Parce que je l’aime bien.
CALLIE : Et bien enlève le avant d’avoir un œil au beurre noir.
JUDE : Non.
CALLIE : Quoi ?
JUDE : Je ne l’enlèverai pas.
CALLIE : Tu veux de nouveaux te faire frapper ?
JUDE : Oui, c’est exactement ce que je veux.


Je me penche vers lui.

CALLIE : Ecoute. Je sais que c’est facile de se sentir à l’aise ici, mais ce n’est pas chez nous. Tu ne devrais pas trop t’attacher à ces gens.
JUDE : Pourquoi pas ? Tu ne veux pas une famille ?
CALLIE : J’ai déjà une famille.
JUDE : Ce n’est pas …. Je les aime bien. Ils sont gentils. Ce n’est peut-être pas pour toujours. Et alors ?
CALLIE : Tu vas souffrir.
JUDE : Je souffre déjà.


Il prend son sandwich et file le manger dehors. Je ne sais plus comment réagir. J’essaie de lui éviter de souffrir … Mais c’est comme si c’est ce qu’il voulait. Souffrir, encore, et encore.

Je reste dans la cuisine, mon verre d’eau en main. Je range ensuite ce que Jude a laissé sur la table et me rassois. Les autres habitants rentrent chacun leur tour, partant immédiatement à leurs occupations. Puis c’est l’heure pour eux d’aller voir ce bar où Garrett va Slamer.

STEF : On va être en retard. Tout le monde descend, s’il vous plait !
BRANDON : Où est Mariana ?
JESUS : Elle met sûrement des aiguilles dans la poupée vaudou de Lexi.
LENA : Hey, calme, tu nous en dois une, tu te souviens ?
JESUS : Désolé.
JUDE : Ouais, calme !


Il lui rabat sa capuche sur la tête en riant.

JESUS : A qui tu dis d’être calme ?




HISTOIRE - CHAPITRE 6

FOSTER’S HOME
– MORNING

Samedi. Sortant juste du lit, téléphone en main, je descends dans le salon en me frottant les yeux. Mariana est déjà levée, ainsi que Stef, Lena, et Brandon qui lui, remonte dans sa chambre.

MARIANA : Brandon t’a réveillée toi aussi ?
LENA : Il est supposé porter son casque.
MARIANA : Il le porte. Tu peux l’entendre frapper sur son clavier à travers les murs. C’est comme un chantier ici.


Mon assiette de bagel en main, j’évite de justesse Jesus qui vient de descendre.

LENA : Oh, tout le monde est debout avant dix heures ? Quel genre d’ados êtes-vous ?
JESUS : Pas Jude. Cet enfant pourrait dormir pendant l’apocalypse.

Assise à table, je rie en me préparant mon bagel, pendant qu’ils parlent de leur dîner de ce soir. Je commence ensuite à manger, passant en revue les photos que j’ai prise avec mon portable, regardant si je les ais toutes bien postées sur Instagram.

LENA : Oh, Callie, tu es d’accord pour marcher jusqu’à ton groupe de soutien ce soir ?

Je ne réagis pas, concentrer sur les photos. Stef passe sa main par-dessus mon portable en sifflant pour me faire lever les yeux. Je me retourne vers Lena.

CALLIE : Hum, ouais.

Puis je retourne sur mes photos. Lena se penche par-dessus mon épaule et regarde.

LENA : C’est toi qui les as prises ?
CALLIE : Ce n’est pas comme si ça exigeait un certain talent. Il faut juste appuyer sur un bouton.

Elle les regarde une par une.

LENA: Non, elles sont très bien ! Est-ce que c’est quelque chose que tu apprécies, la photographie ?
CALLIE : Je suppose.

Elle me redonne mon téléphone.

LENA : Tu ferais mieux de te dépêcher de te doucher avant d’être en retard.

Je finis mon bagel très vite, débarrasse mes affaires puis file dans la salle de bain.

Un groupe de soutien … Je ne sais même pas pourquoi ça porte ce nom, c’est juste un regroupement d’ados sans famille qui tous envies d’être ailleurs.


WYATT’S HOME
– AFTERNOON

WYATT : Je pense qu’elle est encore techniquement la nôtre. Je pourrais donc bien y organiser une dernière fête.
CALLIE : Tu n’es pas contrarié que la banque saisisse la seule maison dans laquelle tu n’as jamais vécu ? C’est comme si moi je faisais un fête chaque fois que je me fais jeter dehors d’une famille d’accueil et que j’arrivais dans un autre.
WYATT : C’est juste une maison.

Je n’insiste pas et regarde autour de moi. C’est vraiment une belle maison.

CALLIE : Est-ce que c’est vraiment ta maison ? Parce que la dernière fois qu’on est allé chez toi, j’ai presque été arrêtée.

Il me prend la main et m’entraine dans l’escalier.

WYATT : Viens voir.

Une fois à l’étage, nous entrons dans une pièce complètement vide, à l’exception de deux cartons portant les inscriptions « Wyatt’s room ».

CALLIE : Comme c’est difficile de se faufiler dans un endroit avec un marqueur !
WYATT : Regarde.

Il se retourne et ouvre la penderie. Derrière les portes, un mur entièrement recouvert de dessin.

CALLIE : C’est toi qui les as faits ?
WYATT : Ouais, quand j’étais petit. Quand ma vie craignait, j’allais ici pour … Dessiner.

Sourire aux lèvres, je prends le tout en photo.

WYATT : C’est stupide.
CALLIE : Non, ce n’est pas stupide.

Je range mon téléphone.

CALLIE : Je veux en voir plus !
WYATT : Tu veux en voir plus de moi ?
CALLIE : Tu n’es vraiment pas capable d’être sérieux plus de trente secondes.
WYATT : Tu veux que je sois sérieux ? Alors parlons de nous. Que sommes-nous ?

Je hausse les sourcils.

WYATT : Est-ce un rencard ? Comment appelles-tu ce que nous faisons en ce moment ?

Je ne réponds pas, me contentant d’hausser les épaules.

WYATT : Je ne te comprends pas. Je me sens comme une fille ans cette relation.
CALLIE : Relation ?

Je passe à côté de lui sans rien dire, dos à lui, puis me retourne. Je ris ouvertement.

CALLIE : Si seulement tu pouvais voir combien tu sembles ridicule à ce moment même.

Je sors mon téléphone et le prend en photo. Il attrape l’appareille pour que j’arrête.

WYATT : Viens ce soir.
CALLIE : Non …
WYATT : Je veux te voir à ma fête.
CALLIE : Pas possible, Wyatt, je suis en probation. Et l’avoir échappé belle une fois est assez pour moi.
WYATT : C’est juste pour être un peu ensemble.
CALLIE : Désolée, je dois partir.

Je commence à partir.

WYATT : Tu as un super rencard c’est ça ?
CALLIE : Ouais, avec un tas d’enfants du système en colère.
WYATT : Pourquoi tu ne le fais pas sauter ?
CALLIE : C’est obligatoire. Salut …

Je le laisse seule et pars en direction du groupe de soutien. Après dix bonnes minutes de marche, j’arrive à l’heure. Nous nous installons chacun dans un fauteuil, et alors que les autres commencent à parler d’eux, je prends mon portable et continue le tri de mes photos. J’écoute, mais pas très attentivement. Pas attentivement du tout même.

PSY : Sarah, on n’a pas encore eu de tes nouvelles.
SARAH : Et bien, hum … Après quelques loupés, je pense que ma troisième maison d’accueil me convient. Les Olmstead ce sont pliés en quatre pour que je me sente chez moi.

Je relève la tête, réfléchie deux secondes, puis la regarde. Elle a bien dit ce que je crois avoir entendu ?

SARAH : Ils ne me présentent pas comme la fille qu’ils accueillent, et ils m’amènent partout. C’est bien de sentir que je suis à ma place. Même si c’est temporaire.
PSY : D’accord, merci Sarah. C’est la fin, mais j’espère que la semaine prochaine, nous participerons tous.

Elle me regarde sans ciller. Je regarde les enfants se lever et partir dans toutes les directions, puis j’emboite le pas à Sarah.

CALLIE : C’est du gâchis, non ?
SARAH : Oh, ouais.
CALLIE : Je n’arrive pas à croire qu’ils nous font faire ça un samedi.
SARAH : Je sais !
CALLIE : Ça te dirait … De parler de ça avec un café ou autre chose ? C’est moi qui invite.
SARAH : Ouais, laisse-moi juste envoyer un sms à ma famille d’accueil.
CALLIE : Bien sûr !



THE PARC
– AFTERNOON

Assises sur une table, nous parlons de nos familles d’accueils respectives tout en sirotant notre jus de fruits.

SARAH : J’ai ma propre chance.
CALLIE : Tu as de la chance ! Quand j’ai emménagé, ma coloc’ me détestait.
SARAH : Et maintenant ?
CALLIE : Ça va. On ne trainerait probablement jamais ensemble si on n’était pas forcées de vivre sous le même toit, mais aussi loin que ça peut aller, ouais, elle est cool. Et toi alors ? Y’a d’autres enfants chez les Olmstead ?
SARAH : Un. Il est plus âgé, il a fini le lycée mais il vit toujours à la maison.
CALLIE : Il est mignon ? Vous vous fréquentez, ou autre chose ?
SARAH : Tu poses beaucoup de questions !
CALLIE : Désolée, je vis avec quatre autres enfants, donc …
SARAH : Et bien, lui et son père aiment le golf. Genre beaucoup, genre obséder. Une fois, on est allés faire du mini golf, tu sais, comme une famille, et il s’est tellement énervé quand il a raté son coup qu’il a cassé son club. Genre, en deux !
CALLIE : Attend, qui ? Liam ou son père ?

Boulette.

SARAH : Je n’ai jamais dit que son nom était Liam.

J’essaye de rattraper le coup.

CALLIE : Tu es sûre ? Je suis pratiquement sûre que tu l’as fait.
SARAH : Non, euh … Je dois y aller.

Elle prend son sac et se dépêche de partir. Je souffle un bon coup. J’ai vraiment tout fait raté.
CALLIE : Bien sûr !


FOSTER’S HOME
– END OF THE AFTERNOON

De retour dans ma chambre, je me poste devant la fenêtre et et regarde dehors. Juste devant se trouve un arbre, qui rend le coucher de soleil encore plus beau. Je suis en train de prendre tout ça en photo quand Mariana arrive.

MARIANA : On dirait que tu as un sacré samedi.
CALLIE : Le coucher de soleil est cool derrière ton orme. Regarde.

Je lui tends mon téléphone pour qu’elle puisse voir la photo.

MARIANA : Jolie !

Elle regarde ensuite les autres photos et tombent sur celles de Wyatt.

MARIANA : Je n’avais jamais vraiment remarqué mais Wyatt est super mignon.
CALLIE : Tu penses ?
MARIANA : Il est sexy, genre, désordonné-sexy.
CALLIE : Okay …

Je lui reprends mon téléphone en souriant et vais m’assoir sur mon lit.

MARIANA : Bon, quoi de neuf entre vous deux ? La plupart des filles avec un copain sortent le samedi soir, non ?
CALLIE : Ce n’est pas mon copain, et même si c’était le cas, il fait une fête ce soir, donc …

J’ai beaucoup de mal à l’imaginer être mon petit copain. La dernière fois, ça c’est tellement mal finis que je préfère le voir comme un ami, et ce même si ce n’est pas vrai.

MARIANA : Attends, excuse-moi ? Il fait une fête ce soir, et nous on reste ici ? On doit y aller !
CALLIE : Ce n’est pas comme manquer le bal. C’est juste une stupide fête d’expulsion.
MARIANA : Je ne veux pas être à la maison quand Lexie t ses parents arriveront, pitié. Et admet le, tu ne veux pas non plus rester ici un samedi soir.

Je ne dis toujours rien.

MARIANA : Et tu apprécies énormément Wyatt.
CALLIE : Bon, c’est d’accord ! Si tu veux vraiment y aller !
MARIANA : Ouiii !

Elle se lève pour me prendre dans ses bras puis file à la salle de bain.


FOSTER’S HOME
– NIGHT

J’accompagne Mariana dans la cuisine afin qu’elle demande d’aller à cette fête. Je n’ai pas envie d’y aller, surtout que je n’en ai pas le droit, mais que j’y aille ou non, Mariana ne se généra pas pour y aller. Et là-bas, il risque de lui arriver quelque chose, et je sais que je me sentirais responsable.

Arrivé, devant la table, je pique quelques tranches de saucisson.

LENA : Gardes-en pour les Riviera s’il te plaît.
MARIANA : Quoi que tu cuisines, ça sent incroyablement bon.
STEF : Maman cuisine du flétan et des asperges grillées. Il est encore temps de vous joindre à nous.

Je me tourne vers Mariana.

MARIANA : En fait, on pensait sortir et aller regarder n film chez Wyatt.
STEF : Me mannequin pour les cheveux ? On l’aime bien.
LENA : Toutes les deux ?
CALLIE : Oui oui !
LENA : Ensemble ?
MARIANA : Oui.
STEF : Les parents de Wyatt seront là ?
MARIANA : Allo, c’est la maison des parents de Wyatt.
STEF : D’accord, vous pouvez y aller toutes les deux, mais soyez à la maison pour dix heures. Appelez si vous avez besoin qu’on vous ramène.
LENA : Et amusez-vous bien !

Mariana ment avec une telle facilité et décontraction, s’en est consternant. Une fois que nous sommes dans le couloir, je la regarde, un peu mal à l’aise d’avoir acceptée qu’elle raconte tous ces mensonges.

MARIANA : Quoi ? Je n’ai pas menti.

Mouais …


WYATT’S HOME
– NIGHT

Quand nous arrivons devant la maison de Wyatt, il y a déjà … Pas mal de monde. Tout le monde boit, la musique est tellement forte que même les sourds doivent l’entendre, et surtout, la maison est déjà à moitié détruite.

CALLIE : Oh mon dieu, on devrait y aller.
MARIANA : Bien sûr qe non.

Elle m’attrape par le bras et m’entraine à l’intérieur. Je l’arrête.

CALLIE : Mariana ! Ecoute, si tu bois, prends-en un seul et sirote le toute la soirée.
MARIANA : Ne t’en fait pas ! Tu agis comme si je n’étais jamais allée en soirée.

Elle voit des amis à elle et s’éclipse. Je me mets alors à la recherche de Wyatt, lequel est en train de distribuer toute sorte de feutre à tout le monde.

CALLIE : Wyatt !
WYATT : Hey, tu es venue !
CALLIE : Oui, Mariana avait besoin d’une baby-sitter, donc …
WYATT : Bon moyen pour faire sentir à un garçon qu’il est spécial. Je pense que j’ai juste à être super content que tu sois venue.

Je regarde la foule autour de moi.

WYATT : Tu veux un aérosol, un marqueur, un stylo fluorescent ?
CALLIE : Je pensais que ce serait plus intime.
WYATT : Ce n’est pas le cas ?
CALLIE : Qu’essayes-tu d’accomplir exactement en détruisant ta maison ?
WYATT : Je donne à la banque une rénovation. Gratuitement.
CALLIE : Tout le monde détruit la maison dans laquelle tu as vécu toute ta vie et tu t’en fiche ?
WYATT : Ne me dis pas ce à quoi je tiens.
CALLIE : Je suis simplement …
WYATT : Tu sais quoi ? Amuses toi avec ton baby-sitting.

Il s’en va vers d’autres personnes afin de leur proposer des stylos. Je vagabonde à droite à gauche dans la maison, prenant des photos par ci par là, cherchant un endroit où il y a moins de monde que dans l’entrée. Malheureusement, c’est peine perdue. Je finis par m’arrêter dans une salle qui semble être l’ex-salle à manger. Quelqu’un a empilé une bonne cinquantaine de verre, j’ai ç peine le temps de les prendre en photos que quelqu’un se jette dedans. Puis j’aperçois Wyatt, qui casse une chaise contre le sol.

WYATT : Fais-le mec ! Casse-le ! Pour ce que j’en ai à faire.

Je le suis jusque dans l’escalier.

WYATT : On va brûler tout cet endroit.
CALLIE : Wyatt.

Je le retrouve dans sa chambre, une barre de fer dans les mains. Au sol, un reste de chaise. Quand j’entre, il casse la lampe suspendu au plafond.

CALLIE : Wyatt !

Comme tout le monde est sorti de la chambre, je ferme la porte.

WYATT : J’ai grandi dans cette maison !

Il donne des coups dans le mur jusqu’à en fendre le plâtre.

WYATT : Ma mère à travailler dur pour la payer ! Et ils l’ont pris après quelques impayés !

Je le laisse faire sans rien dire puis, quand il s’assoit sur le sol, à bout de souffle, je le rejoins.

CALLIE : Hey …

Je le prends dans les bras, essayant de le réconforter.

CALLIE : C’est juste une maison. Ce n’est pas toi, ou ta famille, ou ton enfance. C’est juste une maison. C’est du bois, de la pierre, et du verre. Je n’ai jamais eu de maison. Pas une de toute ma vie. Et je suis désolée qu’on t’enlève la tienne, mais … Les laisses pas pendre ce qui t’importe. D’accord ? Tous les souvenirs, et le reste. C’est à toi. Ils ne peuvent pas l’avoir.

Je me mets face à lui, le regarde dans les yeux, puis cette fois, c’est moi qui me penche vers lui pour l’embrasser. Il pose sa main sur ma nuque et me rend mon baiser, puis il se relève, sa barre en fer de nouveau dans la main.

CALLIE : Qu’est-ce que tu fais ?

Il se dirige vers sa penderie, regarde ses dessins puis donne un grand coup dans le mur du fond afin d’en retirer un panneau.

WYATT : Je garde mes souvenirs et le reste.

Je le prends de nouveaux dans mes bras,  et il fait de même.

WYATT : Tu veux sortir d’ici ? Cette fête craint.

Je le suis dans l’escalier puis, à mi-chemin, je me souviens que je ne suis pas venue seule.

CALLIE : Je vais chercher Mariana.
WYATT : Je vais attendre à l’extérieur.


Je pars alors à sa rechercher, tombant très vite sur un groupe de fille qu’il me semble bien avoir déjà vu.

CALLIE : Personne n’a vu Mariana ?

L’une d’elle se retourne : Talya. Je commence à partir.

TALYA: Hey, attends !
CALLIE : Oui ?
TALYA : T’es une fille cool, tu sais ?


Et toi tu as un peu trop bu …

TALYA: Toi et Wyatt êtes genre, ensemble, maintenant ? Amusant. Tous ceux que j’ai aimés t’aiment.
CALLIE : Je t’ai dit que tu n’avais pas à t’inquiéter pour moi et Brandon.
TALYA : Je sais, je sais. J’ai paniqué. Peux-tu m’en vouloir ? Tu es la brillante nouvelle fille. J’aurais dû me rendre compte que tu n’étais pas intéressée par Brandon. C’est lui qui est intéressé par toi.

Je ne dis rien et repars à la recherche de Mariana. C’est devant la porte des toilettes que je la retrouve ; elle est en train de faire la queue comme une dizaine d’autre filles.

CALLIE : Viens, Wyatt va nous ramener à la maison.

Elle me fait une grimace. Elle ne tient plus debout et pue l’alcool.

CALLIE : Vraiment ? Oh mon dieu, tes mamans vont me tuer.
MARIANA : Je vais bien.


La porte des toilettes s’ouvre et laisse sortir au moins cinq filles. Mariana s’engouffre dans la pièce avant que je puisse la retenir.

MARIANA : Mon tour.
CALLIE : Attends … Mariana, attends ! Non !


Mais elle a déjà refermée la porte. Je décide de l’attendre dans les escaliers, m’occupant en prenant quelques photos des gens qui, eux, s’amusent. Puis une silhouette attire mon attention, silhouette qui m’interpelle par un surnom que je lui ai cent fois dis de ne pas utiliser.

CALLIE : Liam.

Je descends les escaliers, espérant pouvoir l’éviter, mais il vient à ma rencontre et me barre la route.

LIAM : J’ai vu tes photos sur Instagram. T’assures avec ce truck.
CALLIE : Qu’est-ce que tu veux ?

J’essaie de paraître en confiance, même si je suis complètement paniquée.

LIAM : J’ai entendu que tu posais des questions à mon propos, donc … Je pensais t’épargner du temps et venir directement en parler avec toi.

Je ne dis rien, évitant de croiser son regard.

LIAM : Tu es magnifique. Je ne peux pas croire comment tu as grandi en deux ans.
CALLIE : Ecoute, quand Sarah a dit qu’elle restait avec ta famille, j’étais juste curieuse, c’est tout.


Il me prend la main.

LIAM : Donc je t’ai manqué ?
CALLIE : Je dois y aller …


Je me libère et essaye de le contourner, mais il m’attrape par le poignet pour m’empêcher de partir.

LIAM : Je te parle.
CALLIE : Laisse-moi partir.
LIAM : Je le dirais qu’une fois. Arrête de poser des questions, et reste loin de Sarah. Compris ?

Je ne réponds pas, ne bouge pas, gardant le regard dans le vide. J’essaie de ne pas pleurer, de ne pas partir en courant. Puis Wyatt arrive, et je me réfugie à moitié derrière lui.

WYATT : Tout va bien ?
LIAM : Ouais, tout va super bien. Je rattrapais juste le temps avec une vieille amie. On se voit plus tard, Cal’.

Mariana arrive enfin, s’appuyant de tout son poids contre la balustrade. Je souffle un bon coup et réussis à me calmer.

CALLIE : Nous devons y aller.

J’entraine Mariana vers la sortie et, à mi-chemin, aperçois Talya qui danse, presque aussi bourrée que Mariana.

CALLIE : Hey ! On rentre à la maison, pourquoi tu ne viendrais pas avec nous ?
TALYA : Oh non, je reste.
CALLIE : Tu es sûre que ça va ?
TALYA : Je vais bien !


Je me retourne pour voir si Liam est toujours là : il est en haut de l’escalier, en train de nous observer. Je pousse alors tout le monde vers la porte, sortant de cet enfer.


FOSTER’S HOME
– NIGHT

En rentrant dans la maison, Mariana est en train de rire pour rien. J’essaye de la calmer, afin que personne ne nous entendes, puisqu’ils sont tous dans la salle à manger en train de dîner. Je pensais que la marche lui aurait permis d’un peu dessaouler, au contraire. Je lui donne alors un chewing gum.

CALLIE : Mâche, et maintient.

Elle le prend en riant. Encore. Je la pousse vers l’escalier, malheureusement elle tombe à moitié. Cramées.

LENA : Mariana, Callie, c’est vous ?
CALLIE : Euh, oui !
LENA : Venez dire bonjour !
CALLIE : On arrive !


Je prends le bras de Mariana pour faire en sorte qu’elle mâche le plus normalement possible, mais je vois bien au regard de Stefanie que c’est peine perdue.

Lena me présente aux invités, les parents de Lexi, Sonia et Ernie.

CALLIE : Ravie de vous rencontrer. Hum, on allait juste se coucher.

Mais la mère de Lexi insiste pour que nous nous joignions à eux ; Stef nous sauve la mise en voyant que Mariana titube.

STEF : Il est temps qu’on achève ce dîner. Qu’est-ce que vous en dites ?
LEXI : Ouais, maman, je suis fatiguée.


Décidément, tout le monde a vu qu’elle était saoule …

SONIA : D’accord. Mariana, Jesus va nous rejoindre à la retraire de l’église le week-end prochain, pourquoi tu ne viens pas toi aussi ?
MARIANA : Quoi ? Vous allez les laisser passer la nuit ensemble alors que vous savez qu’ils couchent ensemble ?


Sans plus de cérémonie, j’entraîne Mariana dans notre chambre. Celle-ci s’effondre sur son lit pendant que je vais dans la salle de bain. Je me passe de l’eau sur le visage, reste longtemps à me regarder dans le miroir, refait le tri dans mes photos, bref, je gagne du temps, comme si en sortant, tout allait être oublié, puis je me met en pyjama. En sortant, je m’attends à me faire passer un savon, mais heureusement pour moi, j’ai oublié qu’ici, c’est très différent que chez toutes les autres familles d’accueil que j’ai pu connaître. Sur le chemin jusqu’à ma chambre, je tombe sur Stef et Lena en pleine conversation, et me sent aussi tôt mal à l’aise.

CALLIE : Désolée, j’ai essayé de la sortir de là.
LENA : Qui a eu l’idée d’aller à cette fête.


Je n’ai pas l’intention de dénoncer Mariana, mais il est hors de question de dire que c’est moi. Je laisse donc mon silence leur donner la réponse, retenant ma respiration.

STEF : C’était Mariana ?

Je souffle détournant le regard.

STEF : Merci de ne pas avoir bu et de l’avoir ramenée en un seul morceau mais si ça devait se reproduire à nouveau, je t’en prie, appelle nous. Compris ?
CALLIE : Oui.
LENA : D’accord, va au lit.


Je file dans ma chambre et referme la porte derrière moi. Ce que je peux dire, c’est qu’il n’y aura pas de prochaine fois, du moins pas avec moi.

Je dépose sur la table de nuit de Mariana un vers d’eau et deux comprimés, puis la regarde. Elle est toute habillée, tenant une peluche entre ses bras.

CALLIE : Ca va ?

Elle me regarde puis ferme les yeux. J’éteins la lumière, me met sous la couette, puis regarde mon téléphone. Je n’ai qu’un SMS, de Wyatt. « J’ai vu tes photos de la fête. Elles sont cool. » Je souris. « Merci de nous avoir raccompagnés. » Je pose mon téléphone sur la table de nuit puis me prépare à dormir, quand il vibre. Je le reprends : un nouveau commentaire sur Instagram, venant de 4underpar. « Bel arbre. C’est celui que tu vois de ta chambre, non ? »

Mon cœur accélère. Je clique sur son pseudo et tombe sur des photos de … Liam. Je déglutis avec difficulté, me lève, puis vais regarder par la fenêtre. A mon grand soulagement, il n’y a personne, mais ce n’est pas pour autant que je vais réussir à dormir cette nuit …


Dernière édition par Callie Jacob le Jeu 24 Oct - 0:29, édité 7 fois
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HISTOIRE - CHAPITRE 7

FOSTER’S HOME
– MORNING

Profitant des quelques minutes qui me reste avant d’aller en cours, je reste planté devant la télé sans bouger. Je n’écoute même, étant sur mon portable, mais c’est juste pour avoir … Un bruits de fond. Un bruit de fond autre que les cris de Jesus et Mariana.

Lena vient interrompre ma séance télé et m’entraine dehors pour me parler.

CALLIE : Qu’est-ce qu’il y a ?
LENA : Eh bien, j’ai eu un appel du Dr Kodema Hier.
CALLIE : La thérapeute ?
LENA : De ton groupe, oui. Et, elle a des inquiétudes car bien que tu étais présente toutes les semaines, tu n’as pas vraiment participé.
CALLIE : Ouais, hum … En fait, j’allais te demander … Pouvons-nous, peut-être, trouver un autre groupe ?
LENA : Pourquoi, tu n’aimes pas Dr Kodema ?
CALLIE : Si, elle est bien. C’est juste … Les enfants. Je ne sais pas, je ne me sens pas très à l’aise.
LENA : Bien, d’accord. Je peux parler de tout ça à Bill, mais la thérapie est l’une des conditions de ta probation. Donc, jusqu’à ce qu’on trouve un autre groupe, tu devras …
CALLIE : Continuer.


Voulant à tout prix changer de sujet, je vais dans la cuisine manger un peu plus. Déjà présent, Brandon se sert des cornflakes sans même m’accorder un regard. Je ne dis rien, le regardant, puis je mets mes toasts à griller.

CALLIE : Tu en veux ?

En guise de réponse, il secoue la tête.

CALLIE : Il y a du jus ?

Il me montre le frigo d’un signe de la main puis repars à son bol de céréales. Je prends le jus d’orange et retourne à mes toasts.

CALLIE : Est-ce que tu me ferais la tête, où ..?
BRANDON : Non. Pourquoi ?
CALLIE : Je sais pas, tu ne me parles pas.

Il hausse les épaules et recommence à manger. Je me sers du jus, essayant de laisser tomber, mais c’est vraiment trop étrange.

CALLIE : Est-ce que j’ai fait quelque chose ?
BRANDON : Je ne sais pas. Tu as amené ma sœur à une soirée et tu l’as rendue ivre.
CALLIE : Premièrement, je n’ai pas amené Mariana, c’est elle qui m’a amenée.
BRANDON : Elle t’a amené ? A la fête de Wyatt ?
CALLIE : Exactement. Elle pleurnichait à propos d’être dans les alentours quand Lexi et ses parents viendraient. Et deuxièmement, je lui ai dit de ne pas boire, et elle m’a ignorée. Donc, si tu veux être en colère contre quelqu’un, sois-le contre elle.
BRANDON : Désolé.
CALLIE : C’est bon, ne t’inquiète pas à propos de ça.


Je quitte la conversation et me prépare mes toasts, mais il relance le sujet.

BRANDON : Je pensais que peut-être, vous aviez …
CALLIE : Ouais, je sais ce que tu as imaginé.


Je prends mes toasts et repars devant la télévision.


ANCHOR BEACH SCHOOL
– MORNING

Alors que je viens juste de refermer mon casier, Wyatt m’accoste, fidèle à lui-même.

WYATT : Donc. Je me suis réveillé en plein milieu d’un rêve de toi, et je ne vais pas mentir, c’était un peu cochon, et puis de toute façon, je pensais à des choses … Et je suis allé sur internet pour regarder encore tes jolies photos, mais quand j’y suis allé, ton compte était privé.
CALLIE : Oui, tu sais, j’ai juste …


Pourquoi il faut toujours qu’on en revienne à ça ?

CALLIE : J’ai réalisé que n’importe qui peut le voir, tu vois. Ne t’inquiète pas pour ça.

Je me dirige vers ma salle de classe.

WYATT : Ca n’a rien à voir avec ce crétin de Liam, si ?

Je le regarde et essaye de ne pas montrer que je suis en train de paniquée.

WYATT : Je pourrais dire qu’il t’a quelque peu fait peur à la fête, et ensuite, j’ai vu le commentaire qu’il a posté sur la photo de l’arbre. Alors j’ai pensé, « Est-ce qu’il la drague ? Est-ce qu’il la menace ? »
CALLIE : Non, non, euh … Il rigolait simplement.
WYATT : Oh, il est hilarant alors.
CALLIE : Non, c’est juste qu’il a un sens de l’humour un peu bizarre, j’imagine.
WYATT : Alors qui c’est, comment tu le connais ?
CALLIE : Pourquoi, tu veux sortir avec lui ?
WYATT : Ouais. Ouais, il est vraiment mon genre.


Je me retourne en souriant.

WYATT : Donc …
CALLIE : C’est seulement un gars que je connaissais. D’accord ?



ANCHOR BEACH SCHOOL
– AFTERNOON

Debout sur la pelouse, je regarde dans le vide, essayant de ne penser à rien, quand Brandon m’interpelle.

BRANDON : Je rentre à la maison, mais … Tu sais. Je peux prendre le long chemin.
CALLIE : Hum, j’attends Wyatt.
BRANDON : D’accord, je te verrai à la maison alors.
CALLIE : On se voit à ma maison.


Une voiture arrive à toute vitesse, exécutant un dérapage avant de s’arrêter. Liam en sors, l’air furieux, puis s’approche de moi. Mon cœur accélère, j’ai du mal à respirer.

LIAM : Je pensais t’avoir dit de la fermer !

Je remonte mon sac sur mon épaule et recule.

CALLIE : Je n’ai pas … Qu’est-ce que …
LIAM : Ton petit ami m’a envoyé une menace en ligne.


Je continue de reculer ; il continue à avancer.

CALLIE : Eh bien je me demande où il a eu cette idée.
LIAM : Qu’est-ce que tu lui as dit ?
CALLIE : Je ne lui ai rien dit du tout. Laisse-moi seule.


J’essaye de partir, mais il m’attrape le poignet et m’attire à lui.

CALLIE : Liam, laisse-moi partir.
LIAM : Je ne vais pas te le répéter deux fois. Reste loin de moi, et reste loin de Sarah, et dis à ton foutu petit-copain de garder sa bouche fermée ou bien je te …


Wyatt le percute de plein fouet et ils tombent tous deux à terres, se frappant à tour de rôle.

WYATT : Arrête ça ! Wyatt, laisse-le ! Liam !

Mais ils ne s’arrêtent pas, roulant au sol comme deux chien enragés. Brandon accoure et tire Wyatt en arrière alors Liam se relève. Il va pour frapper Wyatt, mais je lui attrape le bras et le repousse le plus fort possible.

CALLIE : Fous le camp d’ici !

Alors qu’il s’en va, je continue à reculer, ayant du mal à remettre de l’ordre dans mes pensées. Liam remonte dans sa voiture et s’en va, non sans un dernier regard noir dans ma direction. J’essaie de respirer, de me calmer, mais j’ai l’impression que ça ne fait qu’empirer.

WYATT : Reste loin de Calie ! Si je te revois encore …
CALLIE : La ferme ! Je t’ai dit de rester en dehors de ça, et maintenant tu as juste empiré les choses.
WYATT : J’essayais juste de …
CALLIE : Rentre chez toi, Wyatt.
WYATT : Bien ! Si tu veux que je reste en dehors de ça, je vais y rester pour de bon.


Je détourne le regard quand il part, luttant pour ne pas pleurer. Brandon se place à côté de moi, ne disant rien. Il m’accompagne alors sur le chemin du retour, se taisant pendant la moitié du chemin pendant que je reprends mes esprits.

BRANDON : Donc tu vas me dire à propos de quoi tout cela était ? Je veux dire … Qui est ce gars ? Et pourquoi il se battait avec Wyatt ?
CALLIE : C’était Liam. Le … Frère d’accueil, dont tu m’as parlé ?


Je ne réponds pas, mais il comprend très bien.

BRANDON : Mais quel âge a-t-il ? Je veux dire, on dirait qu’il en a trente.
CALLIE : Il a vingt ans, même vingt et un.
BRANDON : Je pensais qu’il aurait … Tu sais, plus notre âge. Et combien de temps ça a duré ? Quand vous étiez ensemble.
CALLIE : Environ un an ou deux.
BRANDON : Et il avait dix-neuf ans, donc tu avais …


Quatorze ans. Je ne le dis pas, lui non plus.

BRANDON : Ce n’est pas bien, Callie. Tu le sais ? Que ce qu’il a fait n’était pas bien.
CALLIE : Je suppose. Ce qui n’est vraiment pas cool, c’est qu’il y a cette fille, Sarah. Elle est plus jeune que nous, et elle vit avec sa famille, et je suis presque sûre …


Je me retiens de dire la suite, mais je vois à son visage qu’il a compris. La suite du chemin se passe sans encombre, sans rencontre, sans discussion.


FOSTER’S HOME
– MORNING

Dès tôt le matin, j’étais prête pour aller en cours. Fatigué, mais prête. Il faut dire que l’avantage de la nuit blanche, c’est qu’il n’y a le problème du réveil. Afin de ne pas déranger Mariana, à me tourner et me retourner dans mon lit, je suis descendue dans le salon avec ma guitare afin de jouer. Mais j’ai de nouveau oublié quels sont les accords à jouer.

Finalement reveillé, Brandon entre dans le salon et m’aperçoit.

BRANDON : Hey. Tu as bien dormi ?
CALLIE : Pas vraiment.
BRANDON : Donc, je … Je pensais que tu devrais peut-être appeler Bill.
CALLIE : Pourquoi devrais-je appeler mon assistant social ?
BRANDON : Eh bien, tu sais, pour lui dire à propos de Liam.
CALLIE : Non. Ca ne fera aucun bien. Je veux dire, ça sera ma version contre la sienne, et il va juste le nier.
BRANDON : Mais ce sera au moins … Comme un drapeau rouge, ou quelque chose d’autre, n’est-ce pas ?
CALLIE : C’est ça le problème. Si j’y vais et je dis à Bill ce qui s’est passé, ce ne sera pas seulement à propos de Liam, se sera aussi à propos de moi. Si j’admets avoir n’importe quel type de relation avec un frère d’accueil, même un baiser, ce sera dans mon dosser et je serai dans la catégorie des hauts risques. Et, s’ils décident que je suis … Tu sais, sexuellement dérangée, alors ils pourraient me mettre dans un foyer d’accueil, et quand tu deviens l’un de ces enfants, tu n’es jamais accueilli dans une famille à nouveau.
BRANDON : C’est délirant.
CALLIE : C’est le système.
BRANDON : Et à propos de Sarah ?


Je ne réponds pas. Je me sens déjà coupable. Mais je ne peux rien faire pour autant.


CITY CENTER
– AFTERNOON

Le samedi d’après, Brandon a tenu à m’emmener au groupe de soutien. Je n’avais pas très envie d’y aller, mais en voyant Sarah arriver, Brandon me fais signe d’y aller. Je sors de la voiture, traverse la route et m’approche de Sarah.

SARAH : Je t’ai dit de rester loin de moi.
CALLIE : Ecoute, j’ai juste besoin de te parler une minute, Sarah.
SARAH : Laisse-moi seule.


Elle rentre dans le bâtiment. Je reste debout sans bouger, regarde en arrière pour voir Brandon, puis rentre à mon tour.

Durant le début de la séance, je me tiens droite sur ma chaise, sans rien dire, sans rien faire. Il vaut peut-être mieux que je me taise. Que je laisse couler. Peut-être qu’il a changé.

ALEX : C’est cool non ? Je veux dire, c’est comme s’ils voulaient m’adopter.
DR KODEMA : Je pense que c’est très bien, Alex. Et je suis vraiment contente pour toi. Qui voudrait partager quelque chose ? Callie ? Tu as envie ?


Je jette un coup d’œil vers Sarah, puis hoche la tête.

CALLIE : Il y a quelques temps, il y a un an ou deux, j’étais dans une autre famille d’accueil. Et … J’aimais mon frère d’accueil. Je l’aimais vraiment. Ça a commencé innocemment. Il était gentil, et drôle. Et il me donnait beaucoup d’attention, ce qui n’arrive pas beaucoup.

J’essaie de ne pas trop regarde Sarah, mais mes yeux se redirige encore et toujours vers elle.

CALLIE : Il a même … Il cachait des bonbons dans mon sac, comme ça, chaque jour où j’allais à l’école, j’ouvrais mon sac et je pensais à lui.

Sarah baisse les yeux. Apparemment, non, il n’a pas changé.

CALLIE : Et quand nous regardions la télé, il s’asseyait près de moi, et prenait ma main de telle façon que ses parents de le voient pas. Ou, si on était seuls dans la maison un petit moment, il me chatouillait, ou …

Je respire un bon cou.

CALLIE : Il me disait que j’étais spéciale. Et je l’ai cru.
DR KODEMA : Tu es spéciale Callie.
CALLIE : Peut-être oui. Mais pas pour lui.


Sarah attrape son sac,  se lève, et pars sans se retourner. Je me lève à mon tour et me dépêche de la suivre.

DR KODEMA : Sarah, où …
CALLIE : Je suis désolée.
DR KODEMA : Callie, stop !


Je sors de la pièce et, dehors, je retrouve Sarah.

CALLIE : Sarah, attends !
SARAH : Liam m’a dit que tu ferais quelque chose comme ça.
CALLIE : Il ne t’aime pas Sarah, il t’utilise juste.
SARAH : Tu ne sais rien.
CALLIE : Si, je le sais. Parce que j’étais comme toi. Ecoute, pourquoi tu ne viendrais pas avec moi ? Et nous pouvons dire …
SARAH : si tu dis quelque chose à quiconque, je le nierai. Tout le monde croira que c’est toi, que tu l’as inventé, ou que tu es amoureuse de lui, ou que tu es juste folle. Ça ira dans ton dossier. Donc ne perds pas ton temps. Ça va te retomber dessus.


Elle se dépêche de partir. Brandon, qui a assisté à toute la scène, vient à ma rencontre et essaye de me remonter le moral.

BRANDON : Au moins, tu as essayé. Tu as fait tout ce que tu as pu. Maintenant, c’est à elle. C’est son choix.
CALLIE : Non ça ne l’est pas.
BRANDON : Quoi ?
CALLIE : Ce n’est pas son choix. Du moins, ce n’étais pas le mien.


J’essaye de ne pas pleurer. Depuis le temps que je garde tout ça en moi … Il faut que ça sorte. Sinon ça va m’achever.

CALLIE : Une nuit … Liam … Il est venu dans ma chambre, et il m’a demandé … Tu sais.

Je lève les yeux au ciel pour retenir mes larmes.

CALLIE : Je lui ai dit que je n’étais pas prête. Il … Il m’a forcée.

Les souvenirs remonte un par un. Tous ces souvenirs que j’avais consciencieusement abandonnés, oubliés pendant deux ans, sont en train de me refaire revivre la scène contre mon gré.

CALLIE : Il m’a forcée à coucher avec lui.
BRANDON : Je suis désolé.
CALLIE : J’ai toujours pensé que c’était ma faute. Tu sais.


J’essuie une larme qui coule sur ma joue.

CALLIE : Mais ça ne l’étais pas. Ce n’était pas mon choix, et ce n’étais pas ma faute.

Je respire à fond puis contourne Brandon, me dirigeant vers la voiture. Je m’attache, puis ne dit plus rien pendant tout le reste du voyage. Quand nous arrivons devant la maison, il m’accompagne jusqu’à la porte.

BRANDON : Tu devrais le leur dire.

Je secoue la tête. J’en ai parlé une fois aujourd’hui, et je ne compte plus en parler de toute ma vie.

BRANDON : Il faut tu en parle à quelqu’un qui peut faire quelque chose. Pour Sarah, mais aussi pour toi.

Sans grande conviction, je rentre dans la maison. Stef et Lena sont assises sur le canapé du salon, en train de discuter.

LENA : Salut vous deux.
STEF : Où étiez-vous ?
BRANDON : J’ai accompagné Callie à son groupe de soutien.
STEF : C’est gentil de ta part.


Je rentre doucement dans le salon.

LENA : Tu as partagé ?
CALLIE : Oui.
BRANDON : Je vous laisse parler.


Il commence s’en aller.

CALLIE : Non, tu peux rester.

Je m’assois sur l’un des fauteuils. Brandon a raison. Il faut que les choses changent, et pour ça, il faut que j’en parle. Et si je dois en parler à un moment dans ma vie, alors autant que j’en parle maintenant.

CALLIE : J’ai quelque chose à vous dire …




HISTOIRE - CHAPITRE 8

FOSTER’S HOME
– NIGHT

Tout le monde est déjà à table en train de manger. Bonne dernière, je vais jusqu’à lavabo pour aller  me laver les mains. Stef y est déjà.

STEF : Hum, j’ai parlé à Bill, et Sarah a été retirée de la famille Olmstead. J’ai un ami au bureau du procureur, à qui j’ai parlé de Liam. Je te dirai ce qu’il se passe, mais je voulais que tu le saches.
CALLIE : D’accord.


Je me lave les mains puis m’assois à ma place. Bouteille de ketchup en main, Jesus inonde ses pattes avec.

LENA : Oh, Jesus, j’ai fait ça à partir de rien, avec du très bon fromage.
JESUS : C’est génial.
STEF : C’est une cause perdue bébé. Brandon, tu peux me donner le Tabasco s’il te plait ?
LENA : Oh …
STEF : Je plaisante !


Je montre du doigt la radio qui passe un long morceau de piano.

CALLIE : J’aime bien.
BRANDON : Je dois le jouer demain pour la faucheuse.
LENA : La faucheuse ?
CALLIE : Son professeur de musique.
BRANDON : Il me fait trop peur.



ANCHOR BEACH SCHOOL
– MORNING

Marchant à côté du bâtiment, je tombe enfin sur Wyatt. Il est assis par terre, s’appuyant sur un poteau. Je m’assois à côté de lui et lui tend son livre.

CALLIE : Merci de m’avoir prêté ça. Un grand bravo à Joan Didion.
WYATT : Ouais.
CALLIE : Je vois ce que Timothy veux dire avec son écriture hostile.


Wyatt ne dit rien.

CALLIE : en parlant d’hostilité, tu es toujours en colère à propos de l’autre jour, parce que je t’ai crié dessus pour avoir frappé Liam ?

Il ne répond pas.

CALLIE : J’ai un peu de mal à faire les deux parties de cette conversation, Wyatt.
WYATT : Que veux-tu que je te dise ? Je me suis précipité pour te protéger, et c’est comme si j’étais le méchant.
CALLIE : Je sais, et je suis désolée. C’est juste que … Les choses avec Liam sont vraiment compliquées.
WYATT : Tu as probablement raison, c’est probablement au-dessus de moi.
CALLIE : Non, ce n’est pas ça. Liam …
WYATT : Pourquoi tu ne vas pas le dire à Brandon ? Vous avez l’air plutôt proche.
CALLIE : Wyatt …


Je me lève et le suis.

CALLIE : Wyatt ! Il ne se passe rien entre moi et Brandon.
WYATT : Alors parle-moi de Liam.
CALLIE : Je le connaissais il y a quelques années, d‘une autre famille d’accueil, et heureusement, il est sorti de ma vie, et j’aimerais juste l’oublier.
WYATT : Wah, tu t’es vraiment confiée là.


Je ne remarque pas tout de suite le ton sarcastique de sa phrase.

CALLIE : Je croyais que c’est ce que tu aimais chez moi. Le fait que je sois mystérieuse … Un peu … Dérangée.
WYATT : Tu sais, tu es peut-être un peu trop dérangée. Même pour moi.


Il se retourne et pars, mais cette fois, je n’ai pas le courage de la suivre.


ANCHOR BEACH SCHOOL
– END OF THE MORNING

Le lendemain, en cours de math. Je suis le cours sans trop m’y interessant, me contentant de noter ce que l’on dit. Puis, en plein milieu du cours, le professeur nous projette des exercices aux tableaux puis s’en va. Les garçons au fond en profitent pour sortir leur téléphone, riant ouvertement. Talya finit par se retourner vers eux.

TALYA : Qu’est-ce qu’il y a de si drôle, Garner ?
GARNER : Tu veux voir ?


Il se lève, débranche la tablette du professeur et y branche son téléphone. S’affiche alors Talya, à la fête de Wyatt, complètement bourré. Dans la vidéo, elle renverse son verre sur son T-shirt puis, afin de ne pas être mouillé, l’enlève. Les garçons se mettent tous à rigoler. Talya sort de la classe en pleure, et je la suis, pendant que Brandon débranche le téléphone.

BRANDON : Tu es un con, Garner.

Je suis Talya dans les couloirs sur quelques mètres, puis l’arrête.

CALLIE : Talya, attends. Tu vas bien ?
TALYA : Est-ce que j’en ai l’air ?
CALLIE : Ecoute Talya, tout ça sera du passé avant que tu ne t’en rendes compte. Demain, Kelsey tombera de son quad sur le cul, ou quelqu’un vomira dans la fontaine, et tout le monde oubliera pour toi.
TALYA : C’est facile pour toi de dire ça.
CALLIE : Non, je sais ce que c’est, quand tout le monde te trouve bizarre, quand ils font des messes basses sur toi après que tu sois passé. Ça craint. Grande révélation ! Mais tu t’en remets.
TALYA : Je dois aller me remaquiller.


Je la regarde partir, puis retourne en classe.
FOSTER’S HOME
– NIGHT

Assise dans la cuisine, je suis en train de finir mes devoirs quand Brandon rentre de son cours de piano.

BRANDON : Où sont les autres ?
CALLIE : Tes mères sont à ce dîner, et tous les autres ont déjà mangé. Tu dois vouloir réchauffer ça.


Je lui montre le carton de pizza du doigt. Il se prend deux pars et les mets au au four à micro-onde.

CALLIE : C’était plutôt … Pas sympa, ce qui s’est passé en mathématiques.
BRANDON : Ouais.
CALLIE : Peut-être que tu devrais laisser à Talya … Une autre chance.
BRANDON : T’es sérieuse ? D’où ça vient ?
CALLIE : Je ne sais. Elle s’est excusée …
BRANDON : Mais le journal n’était pas la seule raison pour laquelle j’ai rompu avec elle. Je veux dire, elle est devenue geignarde, et jalouse.
CALLIE : Peut-être avait-elle le droit d’être jalouse.
BRANDON : D’accord, mais ça n’explique pas la vidéo.
CALLIE : Elle a bu parce qu’elle se sentait vraiment stupide. Elle m’a vu avec Wyatt, et je ne sais, elle pensait qu’on était ensemble. Elle a réalisé qu’elle avait eu tout faux.
BRANDON : Vraiment ?


Je le regarde sans comprendre.

BRANDON : Je veux dire, tu es avec Wyatt ?
CALLIE : Je ne sais pas, peut-être … Pas vraiment.
BRANDON : Alors pourquoi penserait-elle ça ?


Le four à micro-ondes sonne.

CALLIE : Ta pizza est prête.


ANCHOR BEACH SCHOOL
– END OF THE MORNING

Descendant les escaliers, j’aperçois Wyatt.

CALLIE : Hey !

Il se retourne, l’air légèrement énervé.

CALLIE : Paix, d’accord ? Tu es mon seul ami ici, donc tu dois un peu me parler, que tu le veuilles ou non …

Il ne peut pas s’empêcher de sourire.

CALLIE : C’est un progrès. Excellent. Hum ... Je dois regarder un film muet, au Luxe, pour mon cours de photographie. Tu … Veux venir avec moi ? On ne peut pas parler pendant le film donc ça sera comme maintenant.

Il sourit.

WYATT : Je ne peux pas, j’ai un truck.

Je souris à mon tour.

CALLIE : Quand ton truck deviendra ennuyeux … Tu sauras où me trouver.


CINEMA
– NIGHT

Devant l’entrée du cinéma, j’attends Wyatt pendant dix, vingt, trente minutes. Le temps passe, je ne bouge pas. Mais il faut que je me fasse à l’idée qu’il ne viendra pas. Comme le film va commencer, je vais m’assoir dans la salle.

Plusieurs minutes après le début de la séance, j’entends la porte claquer. Wyatt vient s’assoir à côté de moi.

CALLIE : Tu es venue.
WYATT : Oui, mais à une seule condition. C’est un rendez-vous, d’accord ?


Je me retiens de rire.

CALLIE : D’accord.
WYATT : Où alors je repasse à ma « phase » inexistante, genre …
CALLIE : J’ai dit d’accord.
WYATT : La prochaine fois je choisis le film.
CALLIE : Ça marche.


Je reporte mon attention sur le film.

CALLIE : Qu’est-ce que tu penses qu’ils sont entrain de dire ? Pourquoi il lui donne autant de shampoing ?
WYATT : « Oh ma chère, vous devez sortir de votre lit, votre coiffure est désordonnée. »
CALLIE : « Non non non, vous devez reprendre ça, et reprendre ça, et reprendre ça … Qu’est-ce, au fond de votre sac ? Serais-ce … Un blaireau ? »
WYATT : Un blaireau ?


Je hausse les épaules ; nous nous retenons tous les deux de lire.

WYATT : « Oui, c’est mon blaireau de compagnie. Je pense que c’est impoli de parler de lui comme s’il n’était pas là. Là, laissez-moi l’enlever, avant qu’il ne se vexe. »

Il passe son bras autour de moi ; nous nous regardons dans les yeux pendant quelques secondes, puis il se penche pour m’embrasser.

CALLIE : « Tu as un gout de blaireau, George. Il y a quelque chose que tu veux me dire ? »

Il ne dit rien, se contentant de rire silencieusement.


Dernière édition par Callie Jacob le Jeu 24 Oct - 23:35, édité 9 fois
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HISTOIRE - CHAPITRE 9

FOSTER’S HOME
– NIGHT

Une fois le film fini, Wyatt me raccompagne à la maison. Il part ensuite chez lui, pendant que je rentre. Il n’y a personne, à mon plus étonnement. Pour Jude, c’est normal, il est chez un ami. Mais les autres, où sont-ils ?

Je décide de ne pas m’en faire et monte dans ma chambre. Quelques minutes à peine après que je me sois assise sur mon lit, la porte claque.

BRANDON : Y’as quelqu’un ?

Je descends les escaliers

CALLIE : Hey !
BRANDON : Où est tout le monde ?
CALLIE : Je ne sais pas. La maison était vide quand je suis rentrée.
BRANDON : Alors, comment était ton film muet ?
CALLIE : Muet. En fait, Wyatt m’a rejoint. Et ton concert ?
BRANDON : Bien. En fait, j’y suis allé avec Talya.
CALLIE : Oh. Et, c’est-ce que … Vous deux ?
BRANDON : Je ne sais pas.


On toque à la porte. Après quelques secondes, Brandon va ouvrir, tombant sur deux officiers de police.

Mr JUAREZ : Brandon ? Je suis l’officier Juarez, tu te souviens de moi ?
BRANDON : Oui, vous travaillez avec mon père.
Mr JUAREZ : Il a essayé de te joindre.
BRANDON : Je … J’ai éteint mon téléphone pendant le concert. Que se passe-t-il ? Il va bien ?
Mr JUAREZ : Il va bien. Malheureusement … Ta mère a dû être conduite à l’hôpital.



HOSPITAL
– NIGHT

Rentrant dans la salle d’attente, je vois que Mariana, Jesus et Lena sont déjà là. Brandon va tout de suite voir cette dernière pour la prendre dans ses bras quand l’infirmière nous rejoint.

NURSE : Elle est stable. Nous attendons pour la conduire en radiologie mais vous pouvez la voir brièvement.
MIKE : Je peux venir ?


Une femme le rappel à l’ordre.

NURSE : Une personne à la fois.

Brandon et Lena se regarde.

BRANDON : C’est bon, vas-y.


Lena ne se fait pas prier. Nous nous asseyons dans la salle d’attente, sans un mot. Après ce qui nous parait être une éternité, elle revient. Nous nous levons tous et nous dirigeons vers elle.

LENA : Donc, elle … Elle va bien. Elle a … Elle a ouvert les yeux. Et, elle va aller mieux. Ils nous ont demandé d’aller dans la salle d’attente au deuxième étage.
OTHER NURSE : Excusez-moi, nous avons besoin de l’assurance de Mme Foster.
LENA : C’est mademoiselle. … Je dois faire ça maintenant ?
OTHER NURSE : Je suis désolée, mais oui.


Lena part remplir les papiers tandis que Brandon se tourne vers son père.

BRANDON : Pourquoi maman n’avait pas son gilet par balles ?
MIKE : On ne pensait pas que ça se déroulerait comme ça.
BRANDON : Ce n’est pas le but ? D’être préparé à tout ?


La femme de toute à l’heure revient et Mike part avec elle.

Brandon se retourne et regarde Mariana et Jesus avec une haine que je ne lui connaissais pas.

CALLIE : Brandon, ne …
BRANDON : Qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? Je croyais que vous ne vouliez rien avoir à faire avec votre mère biologique. Qu’elle était droguée et que c’était une arnaqueuse.
JESUS : J’essayais juste de l’aider.
BRANDON : Et regarde comment ça a tourné ! Nous sommes venus vous chercher quand personne ne voulait de vous. Quand cette femme vous a abandonnés. Et c’est-ce que tu fais ?
CALLIE : Brandon, arrête.
BRANDON : A cause de toi, ma mère est là-dedans, elle se bat pour sa vie !
JESUS : C’est aussi notre mère.
BRANDON : Et toi, tu as commencé tout ça.
JESUS : Marche arrière. Elle se sent assez mal comme ça.
BRANDON : Elle a intérêt.
CALLIE : Okay Brandon, va-t’en.


Je le pousse gentiment vers la sortie jusqu’à ce qu’il s’en aille puis me tourne vers les jumeaux.

CALLIE : Il ne voulait pas dire tout ça, il a simplement peur.

Nous finissons par monter dans l’autre salle d’attente. Assise à côté de Mariana, je ne dis rien.

MARIANA : Où est Jude ?
CALLIE : Il est chez son ami Connor, il y passe la nuit.
MARIANA : Il est au courant ?
CALLIE : Je ne pense pas. C’est probablement mieux qu’il ne sache pas.


Elle détourne le regard, et je lui prends la main pour la réconforter. Puis un chirurgien arrive, et comme avec l’infirmière, nous nous levons tous pour aller le voir.

Dr ALDICOTT : Mlle Adams ? Je suis le docteur Aldicott, le chirurgien de votre partenaire.
LENA : Comment va-t-elle ?
Dr ALDICOTT : Eh bien, la bonne nouvelle est que, mis à part le poumon, les autres organes vitaux sont intactes.
LENA : Et quelle est la mauvaise nouvelle ?
Dr ALDICOTT : La balle s’est logée près de sa colonne vertébrale ce qui n’est pas grave. En revanche, si des fragments migrent dans le canal rachidien, il y a un risque de dommages neurologiques, ce qui nécessiterait une chirurgie.
BRANDON : On peut la voir ?
LENA : C’est son fils.
Dr ALDICOTT : Oui, mais pas longtemps, et elle est en soins intensifs, alors la famille proche uniquement. Je peux vous emmener maintenant.


Ils commencent à partir, puis Lena se retourne vers moi.

LENA : Callie …
CALLIE : Je vais … Je vais attendre ici.


Alors je retourne m’assoir.


FOSTER’S HOME
– NIGHT

Brandon nous a finalement raccompagnés à la maison. Les jumeaux se sont « isolés » dans le salon, Brandon est parti dans sa chambre, et j’ai fait de même. Une demi-heure plus tard, lassée de ne rien faire, de me poser des questions sur la suite, de m’inquiéter, je sors de ma chambre et, voyant de la lumière dans celle de Lena et Stef j’y rentre. Brandon est là, regardant les vêtements qui se trouvent dans la penderie.

CALLIE : Hey.

Il sursaute en m’entendant.

BRANDON : Tu m’as fait peur.
CALLIE : Désolée, j’ai vu la lumière.
BRANDON : Je ne sais pas quel vêtement apporter à Lena.
CALLIE : Laisse-moi faire.


Il me laisse la place devant la penderie ; je passe les vêtements en revue un par un.

CALLIE : Tu te rappelles de ce que tu m’as dit, quand tes mères ont demandé si Jesus et Mariana pouvaient venir vivre avec votre famille. Tu as dit oui, parce que tu trouvais qu’il y avait assez de place.
BRANDON : Ouais.


Je choisis un ensemble et me retourne vers lui.

CALLIE : Tu ne sais pas ce que c’est de ne rien avoir. De ne pas être voulu.
BRANDON : Donc ça veut dire que je n’ai pas le droit d’être en colère ?
CALLIE : Non. Ça veut dire que tu ne sais pas ce que ça fait de se demander ... Pourquoi. Pourquoi les gens qui t’ont donné la vie, les personnes qui étaient censées t’aimer plus que n’importe qui, ne t’aiment pas.


Je lui donne les vêtements.

CALLIE : Alors n’agit pas comme un crétin.

Je le laisse dans la chambre et, pensant à retourner dans la mienne, je préfère aller m’assoir dans la chambre de Jude. Oui, ce n’est pas ma chambre, et logiquement, je ne devrais pas y entrer. Mais il n’est pas là, en ce moment, alors que j’aurais bien aimé le serrer dans mes bras. Je regarde son sac, soigneusement rangé sous son bureau, ainsi qu’une nouvelle console de jeu, devant à l’origine être cachée sous son oreiller. Je souris, en me demandant qui a bien pu la lui prêter. Je sais bien qu’il ne pas volé, ou acheté. D’ailleurs, c’est sûrement celle de Connor.

En entendant les autres rires au rez-de-chaussée, je descends à mon tour et regarde où Brandon en est avec ses excuses. Comme tout se passe bien, je commence à remonter les escaliers avec l’intention d’aller me coucher, quand on frappe à la porte. Tout le monde s’approche de la porte, et Jesus prend même une statue en métal en guise d’arme.

MARIANA : Qu’est-ce que tu fais ?
JESUS : C’est le milieu de la nuit.


Brandon s’approche de la porte et hésite à ouvrir.

MARIANA : Demande qui c’est.
BRANDON : Qui est-ce ?
JUDE : C’est Jude !


Je fais les gros yeux en l’entendant. Qu’est-ce qu’il fait là ?

Quand Brandon ouvre la porte, je me dépêche de faire entrer Jude ;

CALLIE : Qu’est-ce que tu fais ?
JUDE : Je n’arrivais pas à dormir, alors je suis rentré.
CALLIE : Tu as marché dans le noir ?
JUDE : Ce n’est pas si loin. Et je ne pouvais pas réveiller Connor ou ses parents.
CALLIE : Et quand ils se réveilleront et qu’ils se rendront compte que tu n’es plus là ?
JUDE : J’ai laissé un mot. Ils m’ont dit ce qui est arrivé à Stef. Je voulais juste être avec tout le monde.
CALLIE : Okay, je les appellerai. Ne fais plus jamais ça, d’accord !


Je le sers dans mes bras.

BRANDON : On devrait tous essayer de dormir.

Après avoir sortir les matelas et les sacs de couchage, nous nous installons tous pour dormir dans le salon. Je commence à m’endormir, quand la voix de Jude me réveille.

JUDE : Callie, tu es réveillée ?
CALLIE : Maintenant oui.

Je me tourne vers lui.

JUDE : Ca me rappelle notre mère.
CALLIE : Je sais, moi aussi.
JUDE : Est-ce que Stef va mourir ?
CALLIE : Non. Leur famille n’est pas comme la nôtre. Ils sont chanceux. Retourne dormir.


Il se recouche, et je fais de même.


FOSTER’S HOME
– MORNING

Sans faiblir, et ce depuis cinq bonnes minutes, je pétri la patte à gâteaux. Tout le monde dormait encore quand je me suis réveillée, mais Brandon fini tout de même par me rejoindre.

BRANDON : Hey. Tu as dormis ?
CALLIE : Pas vraiment. Et toi ?
BRANDON : Pareille. Qu’est-ce que tu fais ?
CALLIE : Biscuits and gravy.


Il hoche la tête puis me regarde.

CALLIE : Tu n’en as jamais mangé ?
BRANDON : Non.


Je ne peux pas m’empêcher de rire.

CALLIE : C’est de la nourriture réconfortante. Ma mère avant l’habitude d’en faire.
BRANDON : Je sais que tu as dit que ta mère était morte. Mais je ne pense pas que tu aies jamais pourquoi Jude et toi avez fini dans une famille d’accueil. Tu n’es pas obligée de me le dire. C’est juste que je vienne de réaliser que je ne connaissais pas ton histoire.
CALLIE : C’est une longue histoire.


Je ne dis rien, mais je sens son regard posé sur moi, comme s’il m’incitait à parler.

CALLIE : Hum … Ma mère est morte dans un accident de voiture et … Mon père conduisait. Il était bourré. Et … Il a grillé un feu et est rentré dans une autre voiture, et d’autre personnes sont mortes dans cette voiture aussi. Donc il est allé en prison pour homicide. Et il n’y avait aucune famille pour nous recueillir, donc on est entré dans le système de famille d’accueil. Tu connais la suite.

Je continue de pétrir ma patte, sans le regarder.

BRANDON : Ton père est toujours en prison ?
CALLIE : Oui, je suppose. On lui écrivait des lettres, mais il arrêté de nous répondre.
BRANDON : Pourquoi ?


Je hausse les épaules.

BRANDON : Tu penses qu’il reviendra pour vous, quand il sortira ?
CALLIE : J’en doute.
BRANDON : Je suis désolé.
CALLIE : Ce n’est pas ta faute.
BRANDON : Ca n’a pas à être ma faute pour que je me sente mal.


Il me replace une mèche de cheveux derrière mon oreille et je ne peux m’empêcher de lui sourire. Puis, quelqu’un toque à la porte, et Wyatt entre dans la maison. Mon sourire s’élargie.

CALLIE : Hey !
WYATT : J’ai acheté des beignets.
BRANDON : Ça c’est de la bonne nourriture. Merci.


Le téléphone sonne et Brandon prend l’appel ; au bout de seulement quelques échanges, il raccroche.

BRANDON : Ils sont venus chercher ma mère pour l’opération. Je devrais réveiller tout le monde.


HOSPITAL
– END OF THE MORNING

De retour dans la salle d’attente, je suis assise entre Jude et Wyatt. Personne ne parle, et le silence est très pesant. N’y tenant plus, je demandes à Wyatt s’il ne veut pas venir faire un tour dehors, ce qu’il accepte volontiers. Nous nous asseyons sur un banc à l’entrer, mais la conversation n’est toujours pas au rendez-vous. Je finis par me lancer.

CALLIE : Je déteste les hôpitaux.
WYATT : Tu te sers de moi.


Je me retourne vers lui.

CALLIE : Quoi ?
WYATT : C’est pas grave, je ne t’en veux pas. Pas vraiment. Je ne penses pas que tu puisses t’en empêcher. D’avoir des sentiments pour Brandon.


J’ai du mal à le suivre.

WYATT : Ne nie pas sinon je me fâche.  Ecoute, je comprends que c’est interdit pour des enfants placés dans des familles d’accueil d’avoir des relations avec les autres enfants de la famille. Mais ce n’est pas comme s’ils allaient vous garder, hein ? Vous n’êtes là que jusqu’à ce qu’ils vous trouvent une famille permanente.

Je l’écoute sans rien dire.

WYATT : J’arrive pas à croire que je dise ça … Si Brandon te plait, alors fonce. Sois heureuse.
CALLIE : Je ne peux pas. Tu ne comprends pas.
WYATT : Peut-être que non. Je ne te connais pas si bien, en parti parce que tu ne me laisses pas faire. Mais il y a une chose dont je suis sûr, c’est que tu as plus peur de révéler tes sentiments que de te faire prendre en train de ne pas respecter les règles. Si être ici, dans cette situation, n’est pas la preuve que tu dois cueillir le jour, alors je ne sais pas ce que c’est.


Petit à petit, je me rends compte qu’il a raison. Inconsciemment, je tenais à m’afficher avec Wyatt devant Brandon. Inconsciemment, je le poussais dans les bras de Talya. Tout ça pour ne pas me rendre compte que je l’aimais, tout ça pour ne pas qu’il puisse me le dire.

Je regarde Wyatt et lui souris, avant de lui déposer un baiser sur la joue. Je me lève et, marchant le plus vite que je peux, je rentre dans l’hôpital. Je monte les marches jusqu’au premier étage puis aperçoit Brandon dans le couloir, seul. Je me hâte, marche dans sa direction … Quand Talya arrive et le prend dans ses bras.

Je me sens tellement bête, tellement … Je ne sais, inutile, stupide. J’aurais dû suivre mon premier choix. Sans rien dire, sans rien faire, je me dirige vers les escaliers et monte jusqu’à la salle d’attente. Maintenant, ne pas pleurer. Pas devant Jude.




HISTOIRE - CHAPITRE 10

FOSTER’S HOME
– MORNING

Depuis que Stef était sortie de l’hôpital, la maison était en effervescence. Enfin, enfin elles allaient se marier. Après dix ans de vie commune, du moins j’arrondis, elles ont enfin sauté le pas. Parce que, que l’on soit contre ou pour le mariage homosexuel, ces femmes s’aiment, ça crève les yeux.

Mais bon, ce n’est pas pour autant que les cours s’arrêtent. Je descends les escaliers afin de de mettre un dernier livre dans mon sac, livre oublié dans le salon la veille, quand Stef et Lena viennent me voir.

LENA : Bonjour !
CALLIE : Salut !


Je me dirige vers mon livre, l’attrape et le met dans mon sac.

STEF : Callie, on peut te parler une seconde ?
CALLIE : Bien sûr, qu’est-ce qu’il y a ?
STEF : C’est à propos de Liam.


Je ferme mon sac et fait comme si cela ne m’affectait pas.

CALLIE : Oui.


ANCHOR BEACH SCHOOL
– END OF THE MORNING

Marchant dans les allées, ressassant sans arrête la conversation de ce matin, Wyatt vient à ma rencontre.

WYATT : Hey. Alors Brandon et Talya sont de nouveau ensemble ? Comment c’est arrivé ?
CALLIE : Je ne sais pas. C’est juste arrivé.
WYATT : C’est dommage.
CALLIE : C’est pour le mieux.
WYATT : Si tu le dis. En fait, je suis venu dire au revoir.
CALLIE : Qu’est-ce que tu veux dire ?
WYATT : Eh bien, depuis que nous avons perdu la maison, ma mère flippe. Alors elle a décidé qu’on devrait aller vivre chez mes grands-parents pour quelques temps. Dans l’Indiana.
CALLIE : Tu es sérieux ?
WYATT : Oui. Oui, ce n’est pas une de mes tentatives de blagues que tu ne comprends pas.


Je le regarde, sans voix.

WYATT : Ma mère est partie avec le camion la semaine dernière, et j’y vais dimanche avec la voiture.
CALLIE : Ça craint.
WYATT : Un peu oui.
CALLIE : Tu … Tu vas vraiment me manquer.
WYATT : Toi aussi.


C’est alors à son tour de me déposer un baiser sur la joue avant de s’en aller. Je reste quelques secondes sans bouger puis je continu ma route, avant de m’arrêter près de la fontaine. Je m’assois sur un banc, enroulant mes bras autour de mes genoux.

Après plusieurs minutes, Brandon vient vers moi et s’assoit à mes côté.

BRANDON : Ça va ?

Je hoche la tête, sans grande conviction.

BRANDON : Qu’est-ce qu’il se passe ?
CALLIE : Rien. Je dois juste décider aujourd’hui, avec l’avocat, si je veux aller jusqu’au bout.
BRANDON : Okay.
CALLIE : Ta mère a dit que ça allait être sa parole contre la mienne et tu sais, généralement, ça ne va pas dans mon sens. Sarah est en sécurité, pas vrai ? Elle est sortie de leur maison. C’était pas ça le but ?
BRANDON : Ce que tu as fait pour Sarah, c’est bien. Mais à propos de ce qu’il t’a fait ? Ne penses-tu pas mériter un peu de justice ?


Je le regarde sans rien dire, lui sourient légèrement.

CALLIE : Je dois aller en cours.

Je pose mon sac sur mon épaule et m’en vais. Je ne sais pas ce que je mérite ou non. Et il est sûrement trop tard pour y penser.


FOSTER’S HOME
– AFTERNOON

Assise dans la salle à manger, Lena et Stef sont en face de moi. L’avocat a regardé mon dossier en long et en large, et il n’a pas l’air satisfait.

LAWYER : Bon, pour être honnête, il n’y a aucune chance que cette affaire soit jugée. Le juge va nous renvoyer. J’en mettrais ma main à couper. Il n’y a pas de preuve, cela fait déjà … Deux ans ? Il n’y a que ta parole. Et vu ton dossier, vu tout ce qu’il y a dedans … Comme je vous l’ai dit quand il a été arrêté, ça risque d’être compliqué. Ce n’est pas juste. Je suis désolé. Mais d’un autre côté, si ce n’était pas un viol, mais des relations consenties, alors ça change tout.
STEF : Mais ce n’était PAS consenti.
LAWYER : Si c’était consenti, eh bien, étant donné la différence d’âge, ça serait un détournement de mineur, et Liam pourrait être condamné à un an de prison.
CALLIE : Donc vous dites que personne ne va me croire qu’il m’a forcée à coucher avec lui, mais ils vont me croire si je dis que je l’ai fait parce que je le voulais ? Et Liam pourrait aller en prison pour ça ?
LAWYER : Oui. C’est exactement ce que je suis en train de dire.


C’est du grand n’importe quoi.

L’avocat part, et Stef et Lena me laisse monter dans ma chambre. Je suis censée réfléchir à ce que je veux faire, mais ne voulant pas y penser, je préfère me plonger mes devoirs. On toque à la porte de ma chambre ; je vois Brandon quand je me retourne.

BRANDON : Ça te dérange si j’entre ?

Je secoue la tête, et il rentre.

BRANDON : Alors ? Comment ça se passe ?
CALLIE : Pas super.
BRANDON : Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
CALLIE : Comme s’ils allaient me croire.
BRANDON : L’avocat a dit qu’il ne te croit pas ?
CALLIE : Non, il a dit qu’un jury ne me croirait pas.
BRANDON : Eh bien, je suis sûr que ça va marcher. D’une façon ou d’une autre. Parfois, tu sais …
CALLIE : Non. Non, tu n’as pas à me dire ces choses. Je ne suis pas toi. Je ne vis pas dans ce monde magique où tout ce passe toujours bien, d’accord ? Alors arrête ! Arrête avec tes discours d’encouragement, et arrête de me dire que tout va bien se passer parce que tu sais ce qu’ils veulent que je fasse ensuite ? Ils veulent que je mente ! Ils ont dit que la seule façon pour qu’un jury croit que je dis la vérité est que je mente. Alors en quoi ça s’annonce bien ?


Il ne dit rien. Je me lève et sors de la chambre, partant m’enfermer dans la salle de bain.


FOSTER’S HOME
– NIGHT

Allongés dans mon lit, je regarde le plafond, me tournant et me retournant encore.

MARIANA : Tu n’arrives pas à dormir ?
CALLIE : Non. Je n’arrête pas de penser à demain.


Mariana s’assoit dans son lit et me regarde.

MARIANA : Tu sais, je n’ai aucune idée de ce que tu traverses. Mais j’en sais beaucoup sur le mensonge.

Je ne peux pas m’empêcher de rire, et elle rit aussi.

MARIANA : Un mensonge se transforme en tous ces autres mensonges. Et avant que tu ne t’en rendes compte, les choses sont justes … Tu sais. Ecoute, peu importe ce que tu décides, tu sais qu’on est là pour toi, pas vrai ?
CALLIE : Je sais …


Elle se recouche.

MARIANA : Mais je veux vraiment que ce bâtard soit enfermé.

Je souris, puis essaie à nouveau de m’endormir.


TRIBUNAL
– AFTERNOON

LAWYER : Quel âge aviez-vous au moment de l’incident ?
CALLIE : Je venais d’avoir quinze ans.
LAWYER : Vous veniez juste d’avoir quinze ans ?
CALLIE : Oui.
LAWYER : Et quel âge avait Mr Olmstead au moment de l’incident ?
CALLIE : Dix-neuf ans.
LAWYER : Comment décririez-vous les évènements de cette nuit-là ? Diriez-vous que c’était consenti ?


Je le regarde, puis regarde Stef et Lena, juste derrière lui.

CALLIE : Je sais ce que vous voulez que je dise. Vous voulez que je dise « Oui, c’était consenti, oui, j’étais d’accord ». Comme ça, vous pourriez avoir Liam sur un détail technique, et il aura une petite peine pour le mauvais crime. Et vous vous sentirez bien par rapport à ça parce que vraiment, c’est plus que ce que je devrais espérer. Je veux qu’il aille en prison, croyez-moi, je le veux vraiment. Mais, pour que cela arrive, je devrais abandonner la seule chose qui me reste. La vérité.

Je regarde Liam, assis de l’autre côté.

CALLIE : Je sais ce que tu m’as fait. Tu sais ce que tu m’as fait. Alors je ne vais pas mentir à propos de ça.

Je regarde l’avocat ;

CALLIE : Non, ce n’était pas consenti. Non, il m’a violé.


FOSTER’S HOME
– MORNING

Tout le monde est encore en pyjama et à moitié endormir quand on sonne l’heure de la réunion de famille. Jude et Moi nous asseyons sur le canapé, face à Stef et Lena, tandis que Brandon et les jumeaux restent debout sur le côté.

LENA : Nous avons déjà parlé de ça avec Brandon et les jumeaux, mais on doit vous poser une question.
STEF : On veut savoir ce que vous diriez de rendre cet arrangement plus permanent ?
JUDE : Comme … Nous adopter ?


Un sourire s’affiche sur mon visage.

LENA : On pense que vous méritez un foyer et on voudrait que ce soit le nôtre.

Je me retourne vers les autres.

CALLIE : Ça vous va ?

Mariana et Jesus hoche la tête en souriant.

BRANDON : Il y a assez de place.

Je souris et regarde Jude. Son sourire à lui est trois fois plus large que le mien, ce qui me fait rire.

LENA : Alors c’est un oui ?
CALLIE : Oui.
STEF : Oui ?
JUDE : Oui !


Lena et Stef saute sur les canapés comme deux enfants pour nous prendre dans leur bras.

LENA : Ils ont dit oui !


FOSTER’S HOME
– AFTERNOON

Prête pour le mariage, et surtout, ayant accepté de porter une robe, je vais dans le jardin à la recherche de brandon, que je trouve en train d’apporter une dernière bouteille.

CALLIE : Je peux te parler une minute ?
BRANDON : Bien sûr, qu’est-ce qu’il y a ?


Je réfléchis deux secondes puis l’entraine dans un endroit plus calme, et où personne ne peut nous voir.

CALLIE : Je voulais te remercier.
BRANDON : Pour quoi ? Tu m’as crié dessus la dernière fois qu’on était seuls.
CALLIE : Ouais, je sais … Je tenais à te remercier d’avoir cru en moi, quand je ne croyais pas en moi-même.
BRANDON : De rien.
CALLIE : Je n’aurai peut-être pas l’issue que je veux, avec le procès. Je n’aurais peut-être pas la justice que je mérite, mais je sais ce que je mérite maintenant. Alors …
BRANDON : Vraiment ? Parce que tu mérites d’être heureuse. Tu es géniale, gentille, intelligente et jolie. Et tu mérites d’être heureuse. Tu mérites d’avoir tout ce que tu souhaites. N’est-ce pas ?

Alors, sans réfléchir, je me penche vers lui et l’embrasse. Alors que je pensais qu’il allait me repousser, il n’en fait rien, posant ses mains sur mes hanches. C’est un bruit de verre qui nous arrête. Nous nous tournons vers la source du bruit et voyons Jude, un sac poubelle à la main. Il reste sans bouger pendant deux secondes puis, jetant le sac poubelle sur le côté avant de sortir du jardin. Je m’essuie les lèvres d’un revers de la main puis le rattrape en courant.

CALLIE : Jude, arrête-toi !
JUDE : Pourquoi tu gâches toujours tout ? Je me plais ici, ils allaient nous garder.
CALLIE : Je ne le referais plus jamais Jude, d’accord ? Promis.
JUDE : Bien sûr que si ! Ou tu trouveras un autre moyen de tout gâcher. Parce que c’est ce que tu fais. Tu ne peux pas juste laisser les choses se faire, parce que tu ne sais pas comment faire ça.
CALLIE : Jude …
JUDE : Mais tu ne gâches pas les choses juste pour toi, tu les gâches aussi pour moi. On est un tout, tu sais très bien qu’ils ne nous sépareront pas. Tu agis comme si tu te préoccupais beaucoup de moi, mais en fait non, tu ne te préoccupes que de toi. Tu es égoïste.


Il part alors, me laissant seul. Il a raison. On est un tout, et personne ne nous sépareras. Il sera obligé de me suivre, à chaque fois que je ferais une bêtise qui nous fera expulser. Et je dois changer ça.

Bien plus tard, bien après la fin de la cérémonie, je retrouve Jude devant le bar.

CALLIE : J’ai été égoïste. Je suis égoïste. Et je ne le serais plus, d’accord ? Je le promets.

Il me regarde, me souris, puis hoche la tête.


FOSTER’S HOME
– BEGINNING OF THE MORNING

Il fait encore nuit quand je me lève. Silencieusement, je remplie mes sacs d’habits en tout genre puis sors de la chambre. Je pose mes sacs sur le palier, entrouvre la porte de la chambre de Jude et le regarde dormir. Puis je passe par la chambre et Brandon, le regardant lui aussi, avant de descendre les escaliers, toujours sans un bruit. Je pose mon téléphone sur la table basse à l’entrée, bien en évidence, sors de la maison et m’avance dans la rue. J’hésite, m’apprête un jeter un dernier regard à cette maison qui, pendant quelques mois, a été la mienne. Mais il faut que je rendre les choses plus faciles, pour moi. Alors je pars, sans me retourner, sans même un regard en arrière.


Dernière édition par Callie Jacob le Dim 27 Oct - 19:53, édité 4 fois
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SummerBreeze


Identité
Nom: Summer Breeze
Sexe: Jument
Race: Trotteur Anglais
Robe: Bai
Age: 5 Ans
Naissance: le 25.05.2008
Père:Inconnu
Mère:Inconnue
Descendance:Inconnue
Propriétaire : Callie Jacob
Caractère
Summer. Petit poulain tout mignon aimé et cajoler. Summer est née chez des gens qui ne la voulait pas, mais qui n'ont pas pu résister à sa bouille d'amour. On l'a choyé jusqu'à son sevrage. Une fois celui-ci terminé, la pouliche a été confiée à des gens qui s'y connaissaient bien. Ils l'ont débourée en douceur et avec beaucoup de respect, puis à ses trois ans, elle fut vendu à une famille qui avait une fille de 14 ans et qui avait un très bon niveau, afin de finir son débourage.

Pendant trois mois, la jeune fille monta sa jument tout les jours, la promena, bref, sans occupa très bien. Malheureusement, après que leurs maison fut incendié, ils durent vendre Summer. Sa deuxième famille était très gentille aussi. Seulement, deux mois après, l'un des fils eu un grave accident en tombant d'un autre cheval et Summer fut à nouveau vendus. Et ce fut comme ça à chaque fois. Summer passa dans plus de six familles, toutes très gentilles, mais qui ne pouvait la garder plus de six mois. Alors la jument a fini par ne plus s'attacher à personne, et a fini par développer des phobies.

Summer est une jument qui a un bon fond. Seulement, très stressée, elle a tendance a sursauter au moindre bruit. Elle passe son temps à scanner son environnement, c'est à dire à tourner sa tête de gauche à droite sans s'arrêter. Quand aux phobies, la bai a depuis peur des transports. Personne ne sait d'où cela vient, puisqu'elle a toujours acceptée les voyages en van ... Jusqu'à il y a quelques jours. Sa peur des transports lui a aussi donné la peur de l'enfermement : si quelqu'un met Summer dans un box, celle-ci cassera la porte pour s'en échapper.

Comment procéder ? Gagner sa confiance. Summer est pleine de bonne volonté, et à cœur en or remplie d'amour à donner. Le reste se fera tout seul.
Compétences
Saut:00
Dressage:00
Cross:00
Hunter:00

Endurance:00
TREC:00
Course:00
Western:00
Polo/horse ball/Pony-games00
Attelage:00

Débourrage: 100 %
PodiumsEtat
Moral: 20 %
Forme: 50 %
Santé: 50 %
Complicité 00 %







Dernière édition par Callie Jacob le Dim 20 Oct - 22:10, édité 1 fois
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Désolé, mais je reposte une présentation, parce que "La longueur de votre message dépasse la limite autorisée".
Je ne savais même pas que c'était possible x)

J'ai posté deux messages en plus, au cas où, et je les supprimerais si je n'en ai pas besoin ! :)
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Hahhahahahahahaha !
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Et pourquoi c'est que à toi que ça arrives ? xD
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    Va savoir xD
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END !
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